CHAPITRE III
du fil; l’atmosphère se trouvera ainsi partagée entrois portions. Admettons maintenant, comme F expérience du reste le prouve, que l’intensité de l’électricité positive croisse à mesure que l’on s’éloigne de la surface de la terre, et examinons l’action de chacune des deux couches extrêmes , relativement à l’influence de leur électricité libre sur l’électricité naturelle du fil. La portion supérieure qui est électrisée positivement et plus que les autres portions, attire l’électricité négative du fil avec une force représentée par 4- n, et repousse la positive avec une force représentée par -h p. La couche inférieure agira de la même manière, mais en sens inverse; et l’énergie de son action sera moindre, puisque l’intensité électrique croît avec la hauteur.
Si l’on représente par p n les forces mises en jeu, l’électricité négative du fil sera attirée vers la partie supérieure avec un excès de force égal à N — n; par la même raison, l’électricité sera repoussée vers l’extrémité inférieure avec un excès de force égal à P — p . D après cette manière de voir, la partie supérieure de la tige doit donner de l’électricité négative.
749* Le principe sur lequel M. Biot. s’est appuyé pour rendre compte d’un effet qu’il regarde comme une anomalie, suppose nécessairement que l’air dans lequel il opérait était parfaitement sec, et que son électricité ne pouvait agir, en raison de cela, que par influence sur l’électricité naturelle de la tige. Car si l’air eût été humide, il y aurait eu un écoulement continuel d’électricité positive le long de cette tige. Quoi qu’il en soit, îi a expliqué de la même manière un fait analogue qui a été observé par M. Erman : ce physicien avait placé à une certaine hauteur dans l’atmosphère un électroscope à feuilles d’or, sans avoir pu recueillir de l’électricité; il porta dans une couche d’air supérieure un fil de métal placé horizontalement à l’extrémité dune lige isolante, et l’abaissa ensuite rapidement jusqu’à ce qu d toucha l’électroscope. L’appareil accusa aussitôt la présence de l’électricité positive dans la région où se trou- IV. 8
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vait le conducteur. L’effet était inverse quand ce dernier se trouvait dans une couche inférieure et qu’on le relevait avec rapidité. Cette observation tend à confirmer la manière de voir de M. Biot, puisqu’elle constate la présence de l’électricité négative et celle de l’électricité positive au-dessus et au-dessous de la tige.
§ III. V électricité atmosphérique exerce-t-elle une influence chimique sur la surface du globe P
q5o. Une question se présente naturellement à l’esprit; comme nous l’avons déjà dit (747) ? l’atmosphère et la terre se trouvant toujours dans deux états électriques différents, il doit y avoir une recomposition continuelle des deux électricités par l’intermédiaire des cimes des montagnes, des pointes des rochers, des branches et des feuilles des arbres, et des diverses parties des animaux: le passage des deux électricités dans tous ces corps produit-il des réactions chimiques qui puissent influer d’une manière quelconque sur leur constitution? Les faits répondent affirmativement à cette question. Rappelons-nous les observations que nous devons à Wollaston et à M. Faraday, sur les décompositions chimiques opérées dans les dissolutions au moyen de l’électricité de nos machines , qui les traverse pour se r endre dans le sol. Une de leurs observations (464) trouve ici une application immédiate ; c’est celle qui montre que l’on peut se dispenser de lames ou de fds de métal, pour transmettre l’électricité libre dans les dissolutions que l’on veut décomposer; il suffit de prendre pour pôles des bandes de papier humide ou des corps médiocres conducteurs analogues aux corps inorganiques ou non qui se trouvent à la surface du sol; on a alors des décompositions semblables à celles que l’on obtient avec les fils métalliques. Or, le courant électrique qui provient des machines est analogue à celui qui résulte de la neutralisation continuelle de l’électricité de l’air avec celle de nature contraire qui appartient à la terre. Nous devons en conclure que, dans