‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétisme (volume 4)Chapitre 96 sur 216 · CHAPITRE V. l3g · texte numérisé non relu

CHAPITRE V. l3g

jaunâtre, parsemé, de bulles tantôt sphériques, tantôt pleines et vides. Il existe dans cette localité des rochers dont la face entière est recouverte de cet émail , qui n’a pas plus d’un mill. d'épaisseur. Le même naturaliste a observé un phénomène semblable au Mont-Perdu, qui est formé d’un calcaire bitumineux fétide, renfermant du sable quartzeux d’une extrême finesse. Un fait remarquable, c’est que la cause qui a vitrifié la surface de cette pierre, ne lui a pas enlevé cette odeur fétide dont on la prive aisément par l’action d'un acide ou d’une chaleur un peu forte.

785. MM. de Humboldt et Bonpland ont fait des observations semblables sur la plus haute cime du volcan de Toluca ; la roche qui constitue cette cime est un porphyre trachytique rougeâtre, elle est recouverte d’un enduit vert d’olive , de -fx de ligne d’épaisseur, semblable à celui de quelques aérolithes. U est hors de doute que tous ces effets de fusion ne doivent être rapportés qu’à la foudre.

§ IY. Des paratonnerres .

786. La foudre frappant d’abord, quand elle tombe, les arbres et les édifices élevés, et suivant de préférence tous les conduits métalliques, à tous autres, pour se rendre dans le sol et s’y répandre, on conçoit sur-le-champ qu’une longue barre de fer, terminée en pointe, élevée 3 verticalement sur un édifice et communiquant avec de la terre humide, sans aucune solution de continuité, doit le protéger efficacement. Une semblable barre de fer, convenablement disposée, est épelée par atonnerre.Voxxv concevoir de suite son efficacité et pour prouver qu’elle ( soutire d’une nuée orageuse une quantité énorme d’électricité, le lecteur peut consulter l’expérience (1) que >. iiomas a faite avec un cerf-volant.

(1) Hist. de Priestley, t. ïï, p, aoâ. Xratl. franc, et Tome 1 p. 3o3 de cet ouvrage;

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'jSi. Los résultats de celle expérience ne laissent aucun doute sur 1 efficacité des paratonnerres établis convenablement sur les édifices publics et privés, pour les protéger dans toutes leurs parties. L’expérience ayant sanctionné une foule de précautions que l’on ne doit pas négliger dans la pratique, nous croyons convenable de rapporter celles qui se trouvent consignées dans une instruction rédigée par une commission de l’Académie des Sciences, composée de MM. Poisson, Lefèvre-Gineau, Girard, Dulong, Fresnel et Gay-Lussac rapporteur ( i).

788. Dès l’instant qu’un nuage orageux passe au-dessus d’un paratonnerre et se trouve dans sa sphère d’activité, il agit par influence sur la terre par son intermédiaire; son électricité attire celle de non-contraire du fluide naturel de la tige et repousse l’autre dans la terre; bientôt l’électricité, qui est à la pointe, acquiert une tension telle, qu’elle reforme du fluide neutre avec celle du nuage voisin. La tension est souvent si grande, que dans l’obscurité l’électricité s’échappe de la pointe en un torrent continu, sous forme d’aigrettes lumineuses.

Ces feux électriques sont plus fréquents en mer sur l’extrémité des mâts et des vergues que sur terre, parce que l’électricité n’a pas d’autres passages pour se rendre dans beau .ils y sont connus depuis un temps immémorial

sous les noms de feu de St-Elme , Castor et Pol ux

Dans de très-fortes tempères, on en a vu quelquefois sous la forme d’une langue de feu, qui faisaient entendre de petites détonations semblables à celles de pétards.

L’expérience a prouvé que, toutes choses égales d'ailleurs, plus un paratonnerre est élevé dans l’air, plus il a d’efficacité. Ou ne sait pas encore au juste la distance à laquelle il étend son action; cependant l’expérience a appris que toutes les parties des édifices qui sont placées à une distance du paratonnerre de plus de 3 ou 4 fois sa longueur, ont été foudroyées.

(1) Annal, de Ch. et de Phys., t. xxvi, p. a58.

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