‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétisme (volume 5)Chapitre 110 sur 226 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

rectement dans le nerf touche, et inversement dans les muscles et dans le nerf de la jambe qui touche. On obtient encore le courant de la prenoiiille en détruisant la

communication du nerf avec la jambe.

1607. Le courant de la grenouille qui n’est sensible qu’à un multiplicateur d’un très-grand nombre de tours, est capable par cela meme de traverser une colonne d’eau salée, d’un décimètre de longueur, et peut ainsi produire des effets électro - chimiques. Pour le prouver, on couvre le tendon d’une jambe d’un morceau de papier josepb , imbibé d’une solution d’iodure de potassium , et l’on reploie la jambe sur le nerf plusieurs fois de suite. On aperçoit, au bout de quelques secondes, une couleur jaunâtre sur les filets nerveux. Le courant de la grenouille passe donc des nerfs dans les muscles.

i638. Le courant de la grenouille est-il instantané ou continu? L’expérience suivante répond à cette question. En plongeant les nerfs et les jambes d’une grenouille préparée dans les capsules moyennes , comme il a été dit précédemment, l’aiguille a été déviée de suite de 20 - à 3o®; elle est revenue ensuite sur elle-même, s’est mise à osciller, et, après un certain nombre de secondes, elle s’est fixée à 3°. Cette dernière déviation a diminué trèslentement, car un quart d’heure api'ès elle était encore de 2®. En retirant la grenouille, remettant tout de suite à sa place une mèche de coton humectée, on a eu une déviation de 1 5 à 20° , due à la polarisation des lames de platine. Quand la déviation a cessé, on a remis en place la grenouille, et la déviation est redevenue comme auparavant. Ces phénomènes peuvent être reproduits un grand nombre de fois.

Les faits précédents établissent donc bien le fait observé par Nobili, savoir : que lorsqu’un arc conducteur quelconque est placé entre les muscles et les nerfs de la grenouille, il circule un courant électri([ue continu, dirigé des jambes aux nerfs dans l’intérieur de l’animal, courant dont findication est masquée dans le inultipli-

‘2Li8 J)ES CAUSES QUI MOJJIE. LE COUR. DE LA GRENOUILLE.

catcurpar la polarisation des lames de platine destinées à transmettre le courant.

§ 111. Des causes qui inodifleiit le courant de la

grenouille.

1689. Des grenouilles préparées conservent pendant plus ou moins de temps la propriété d’exciter des contractions par le contact de certaines parties de leur corps, et de donner des indications d’un courant avec le multiplicateur. Il faut une grenouille remplie de vivacité pour donner des contractions au bout d’une demi-heure, tandis que le multiplicateur accuse le courant de la grenouille au bout de plusieurs heures , comme Nobili fa reconnu le premier. Les contractions cessent donc parce que le courant a une trop faible intensité pour les produire. Nous avons déjà vu que lorsque le nerf crural est devenu incapable d’exciter les contractions par son contact avec les muscles de la jambe, le nerf sciatique caché dans les muscles de la cuisse jouit de la faculté .de produire de très-fortes contractions avec les memes muscles. Cet effet tient à l’cAeitabilité du nerf, qui va en diminuant depuis son origine jusqu’à ses ramifications les plus éloignées.

1640. Quand les contractions ont disparu, on peut les faire revenir en touchant les muscles avec une solution de potasse ou d’acide bydro-chlorique. L’application de ces memes substances sur le nerf n’est pas toujours suivie de contractions : la direction du courant reste la meme, quelle que soit la nature de la solution employée.

L’état tétanique modifie aussi singulièrement le eourant propre de la grenouille. On peut faire naître le courant tétanique en préparant rapidement une grenouille, ou en employant une solution d(.' strichnine. L’influence du tétanos dans cette cireonstance est telle, que ce courant cesse de se manifester lorsque la grenouille en est attaquée. Ainsi donc le courant cesse avec les contractions.

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