‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétisme (volume 5)Chapitre 111 sur 226 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

îl en est encore de meme quand l’animal a tUé tué par le •poison. Mais dès l’instant que le tétanos qui a été provoqué par une irritation mécanique a cessé, le courant de la grenouille reparaît aussitôt. On voit par là que la production des contractions est intimement liee avec l’existence simultanée du courant propre.

Nous avons vu précédemment qu’une grenouille vivante refroidie perd la faculté de se contracter par son courant propre , et qu’elle la reprend en élevant la température, si toutefois on n’a pas trop abaissé cette température. Les effets du refroidissement, tout en enlevant la contractilité, font peî’dre aussi à l’animal la faculté de produire un couixint. Pour obtenir fun et l’autre quand il est encore froid, il suffiti seulement d’humecter la jambe d’une solution de potasse ou d’acide hydro-chlorique. Je ne dois pas oublier de dire que l’on a reconnu, depuis longtemps, que les contractions obtenues sur l’animal vivant sont toujours plus faibles que sur l’animal mort; qu’avec l’animal vivant, dès l’instant qu’elles ont disparu, il suffît, pour les voir reparaître, d’exciter la moelle épinière.

^ lY. De la cause du courant de la s^renouille,

164 î. Jusqu’ici on a attribué la production du courant de la grenoudle, soit à l’inégale température des muscles et des nerfs, soit à la réaction des liquides différents qui adhèrent aux muscles et aux nerfs. La première explication ne peut soutenir l’examen , attendu que si l’inégalité de température existait, elle ne pourrait être que de courte durée, et dès lors le courant de la grenouille devrait ctîsser au bout de peu d’instants, ce qui n’est pas. Quant à la seconde explication, qui paraît plus naturelle, et que j’ai adopté depuis longtemps, M.Matteucci l’a combattue de la manière suivante: les muscles et les nerfs sont humectés de liquides qui ne sont ni acides ni alcalins, dès lors le courant électro-chimique devait provenir de la réaction de deux solutions neuti'cs l’une sur l’autre; or,

23o de la cause du courant de la grenouille.

s’il en était ainsi, comment expliquer, dans cette hypothèse, l’action du tétanos, du froid, de la ligature, de la potasse et de l’acide h'ydro-chlorique indifféremment? Ces observations ne manquent pas de justesse. Il paraît donc que le phénomène dépend de l’organisation des muscles et des nerfs, et en quelque sorte de la vitalité, d’une cause enfin qui subsiste encore quelque temps après la mort.

M. Matteucci ajoute quelques réflexions que j’ai eu l’occasion de faire quand j’ai traité de l’électricité animale : dans les recherches qui ont pour but de faire dépendre, en général, les contractions qui ont lieu sous l’empire de la vie, de l’électricité, il ne faut pas perdre de vue que les courants électriques des animaux doivent , aussi bien que les courants électriques ordinaires , exister à circuit fermé, sans cela il n’y aurait pas de courant. Il suivrait de là qu’il faudrait deux systèmes d’organes, deux ordres séparés de filets nerveux, les uns chargés de conduire les courants du centre aux extrémités, les autres de les ramener. Il fait observer, à cet égard , que l'a propagation de la sensation et de la contraction de chaque côté de la ligature d’un nerf, et la loi de Lehot et de Marianini , portent à croire qu’il pourrait bien exister quelque chose de semblable dans l’organisation des animaux. On peut objecter à cette manière de voir, qu’il peut y avoir commotion, sans l’existence d’un circuit fermé, comme la torpille, qui donne une commotion quand on la touche avec le doigt; mais on peut répondre à cela, qu’il se produit alors une décharge latérale. Au surplus, j’ai déjà traité assez complètement cette question dans le lY® volume, sans y revenir aujourd’hui. Je me bornerai à dire que les faits découverts depuis ne permettent pas de faire un pas de plus en avant pour étendre les rapports qui peuvent exister entre les forces vitales et les forces électriques.

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