CHAPITRE III
cées aujourd’hui, que l’on a les moyens directs de s’assurer si un phénomène de mouvement dépend immédiatement ou non de l’électricité. Le physiologiste et le physicien doivent donc se réunir pour discuter ensemble toutes les questions de cette nature qui concernent les phénomènes de la vie. Guidés par cette manière de voir, nous avons étudié, M. Dutrochet et moi , le mouvement de la lymphe dans le chara , afin de savoir si l’on devait lui attribuer ou non une origine électrique.
La chaleur et l’électricité dérivant du même principe, suivant toutes les apparences , et manifestant souvent leur action en même temps, nous devons rappeler d’abord en peu de mots le genre d’influence que la chaleur exerce sur les phénomènes du chara , afin de présenter dans le même cadre les faits généraux relatifs au mode d’action de ces deux principes.
Suivant les observations de l’un de nous , la circulation du chara est très-lente à zéro, et s’accélère à mesure que la température monte, et devient très -rapide à j 8 ou 19° c. ; .elle ditninue ensuite, et à elle est extrêmement ralentie. Sous cette même influence, sa vitesse augment peu à peu, et, deux heures après, elle possède une grande rapidité.
Si l’on continue à élever la tempéi’ature d’abord jusqu’à 84°, ensuite jusqu’à 40*^7 on observe des effets semblables, c’est-à-dire, que la plante, après avoir éprouvé une diminution dans la vitesse de sa circulation, repi'end peu à peu cette vitesse. Ce n’est qu’à 4^° que le mouvement rotatoire s’arrête pour ne plus reparaître.
Toutes les fois que la plante éprouve un changement brusque de température, de ^5° environ , le mouvement rotatoire s’arrête complètement, et reprend quelque temps après.
En général, l’abaissement de température diminue la vitesse de la circulation, tandis ([ue l’élévation de température, quand elle ne dépasse pas certaines limites, l’augmente; au delà il y a ralentissement dans la vitesse.
Le froid tend bien à ralentir la circulation ; mais la
2 52 INFL. DE l’jÉLEC. STJll LA CIRCUL. DU CflARA.
réaction vitale lui douiie une nouvelle vitesse, pas aussi grande, à la vérité, que celle qu’elle acquiert sous l’influence de la réaction sous l’élévatloii de température.
Nous allons montrer actuellement que l’électricité produit des effets qui ont de l’analogie avec les précédents, mais qui en diffèrent cependant sous certains rapports. Les expériences ont été faites avec un microscope d’un grossissement moyen. La tige du chara , dépouillée de son écorce, a éternise sur un verre légèrement concave, avec une petite quantité d’eau, et ses deux extrémités ont été recouvertes de feuilles très-minces de platine, afin de mieux établir la communication avec deux fils de platine en relation avec les deux pôles d’une pile.
Si le mouvement dé la lymphe , qui est dirigé dans le sens des stries des globules verts, est dû à l’électricité, on doit pouvoir l’accélérer ou le ralentir en soumettant la plante à l’action d’un courant dirigé dans le sens de ses séries. Pour nous en assurer, nous avons placé une tige de chara dans une hélice dont les circonvolutions , toujours parallèles à ses stries ou séries de globules verts, se trouvaient dans un plan horizontal; puis nous avons fait passer dans cette hélice la décharge de piles fortement chargées, composées depuis i o jusqu’à 3o éléments , sans apercevoir nf augmentation ni ralentissement dans la vitesse des globides du chara. L’hélice a encore été placée de manière que ces circonvolutions, toujours parallèles aux stries, se trouvaient dans un plan qui lui était perpendiculaire. Le courant électrique, quelle que fût sa direction, n’a exercé aucune influence sur le mouvement rotatoire. La direction des circonvolutions a été changée de nouveau, et l’on a eu constamment des résultats négatifs. Il paraîtrait donc que le mouvement des globules n’est pas dû à l’électricité; on doit, suivant les apparences , l’attribuer à une force particulière, dont la nature nous est tout à fait inconnue.
L’action des courants par influence ne nous ayant rien appris , il ne restait plus qu’à transmettre le cou-