CHAPITRE III
rant électrique à travers la tige même du chara. Or, quand l’électricité traverse les corps, elle y produit des actions chimiques ou des effets physiques qui sont accompagnés d’effets calorifiques. Nous n’avons eu égard, dans nos expériences , qu’aux effets physiques.
i^^ Expérience. Une tige de chara ayant été placée avec un peu d’eau ordinaire sur une lame de verre concave , on a fait passer dans cette tige, tantôt de haut en bas, et tantôt de bas en haut, le courant provenant d’un certain nombre découplés d’une pile chargée depuis deux jours , avec de l’eau renfermant 7-^ de son poids de sel marin. On a employé successivement un, deux, trois couples; au troisième couple, le mouvement de rotation a été arrêté instantanément. Ije courant électrique ayant été interrompu pendant quelques minutes, le mouvement rotatoire a repris sa vitesse primitive. L’expérience ayant été recommencée, il a fallu employer cinq couples pour arrêter le mouvement.
‘1^ Expérience. On a fait passer le courant de manière que le pôle fût mis en communication avec le haut de la tige. Le mouvement rotatoire a été arrêté en employant deux couples; après quelques instants d’interruption, il n’a pas tardé à recommencer; il a fellu alors six couples pour l’arrêter.
3® Expérience. On a opéré avec une autre tige dans laquelle le mouvement des globules était très-actif : on a pu augmenter alors la force de la pile depuis un, deux, trois, jusqu’à vingt couples, sans apercevoir de diminution dans la vitesse. En passant de vingt à trente couples , le mouvement s’est arrêté subitement.
l\ Expérience. On a recommencé les mêmes séries d’observations avec une pile chargée seulement avec de l’eau de Seine, afin d’avoir un courant faible qui ne fut pas capable de réagir chimiquement d’une manière sensible sur les parties constituantes de la plante. Le pôle négatif correspondait au haut de la tige; il a fallu employer neuf couples pour arrêter le mouvement rotatoire. La direction du courant ayant été changée,
Îi54 INFL. DE l’ÉLEO. SUR LA. CIRCUL. DU CH ARA.
le mouvement rotatoire a été arreté avec cinq couples.
Au Heu crinterrompre le circuit comme clans les expériences précédentes, on a continué à' laisser cheminer le courant dans le cliara. Le mouvement a recommencé au bout d’une minute avec une vitesse successivement croissante. Cincj minutes s’étant écoulées, on a ajouté trois couples les uns après les autres; au troisième couple, le mouvement rotatoire a été interrompu , mais il a recommencé au bout d’une minute; cinq minutes aj)rès , on a augmenté successivement de cincj couples le circuit , et au cinquième, le mouvement a été arreté net, puis il a recommencé au bout d’une minute. Cinq minutes après, on a pu ajouter ejuatorze couples au* courant sans suspendre le mouvement immédiatement; mais il s’est arreté au bout d’une minute, et n’a repris qu’après un intervalle de plusieurs heures, quand il n’a plus été sous l’influence du courant; on est donc parvenu à faire passer le courant d’une pile de trente couples dans la tige du cbara , en augmentant successivement son intensité.
5® ExpérieiicE. En soumettant à l’expérience un cbara très-actif, le pôle positif étant en rapport avec la base de la plante, le mouvement a été arrêté à quinze couples et a repris au bout d’une minute d’influence; quatre minutes après, on a ajouté successivement un, deux, trois , jusqu’à quarante couples, et le mouvement a été arrêté au quarantième; il a repris au bout de cinq ini- ’nutes. On a augmenté ensuite le nombre des couples jusqu’à cinquante-cinq , et le mouvement s’est arrêté quelques minutes après, et il a repris au bout de deux minutes.
6® Expérience. On a employé une pile qui n’avait pas servi depuis longtemps, et dont la surface des couples n’était pas par conséquent décapée ; on l’a chargée avec de l’eau de Seine, afin que la réaction de ce licpiide sur le zinc fût très-faible. Voici les résultats que l’on a obtenus avec un cbara dont le mouvement de la lymphe était rapide : on a fait passer successivement dans la tige la décharge de un, deux , trois, jusqu’à soixante couples ;