‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétisme (volume 5)Chapitre 133 sur 226 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

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glisse le doigt ou l’ongle sur la surface, on voit sortir de petites ctincelles brillantes. 11 y en a qui, frottes sur la laine et la soie , s’imprègnent d’une lumière qu’ils conservent quelques minutes.

Boyle a trouvé qu’en appliquant un diamant qui était très-phosphorescent par frottement, sur un fer chaud, ou qu’en le pressant sur la main, il émettait une très-faihle lumière. Il a observé également qu’on pouvait exciter la lumière dans un diamant en le pressant fortement sur un moiceau de faïence.

Dufay a reconnu qu’il y a des différences très-sensibles dans les effets lumineux produits par frottement dans les diamants : ceux de couleur méritent une attention particulière. De tous les diamants jaunes qu’il a essayés, il n’en a trouvé qu’un qui fût médiocrement électrique : tous ont été très-lumineux. Un très-beau diamant fleur-de-pêcber émettait une forte lumière dès le premier frottement; mais il était moins électrique que les jaunes. 'Un diamant vert ne devint que difficilement lumineux , quoiqu’il fût plus électrique. Un diamant bleu d’une assez grande étendue, mais rempli de points et de glaces, n’a point donné de lumière sensible après le frottement; il en sortait^seulement quelques étincelles, lorsqu’après l’avoir frotté, on en approchait le doigt: le phénomène était évidemment électrique. Un diamant couleur d’améthyste produisait les mêmes effets. Dufay conclut de là que la faculté d’émetti'c la lumière n’est pas tellement dépendante de la vertu électrique, qu’il n’y ait des corps de même nature et de même espèce, dont les uns sont plus lumineux et moins électriques, et les autres, au contraire, plus électriques et moins lumineux. On peut citer encore comme preuve remarquable de cette différence , le fait suivant : si on frotte un diamant capable de devenir électrique et lumineux, et qu’après l’avoir frotté, on le mouille, la vertu électrique se trouve anéantie sur-le-champ, tandis cjue la lumière subsiste aussi longtemps que s’il n’avait j)oint été mouillé.

Quoique nous attribuions une origine électrique à la

J)I s FFFI-T.S DF FROTTFMFNT.

jsliospliorcsccnce , il y a cependant une différence essenllelle entre les corps cleclri({ues dans rancienne acception du mot et les corps pliospliorescents : les })reiniers, quand ils sont électrisés, jouissent de la propriété» de fournir de l’électricité aux corps environnants, tandis que les autres conservent eux>inéines cette électricité par suite de la recomposition des deux principes mis momentanément en liberté, à l’instant du trouble survenu dans l’état d’équilibre 'des particules matérielles ; dés lors les causes qui s’opposent au dégagement de l’électricité, ou du moins a sa manifestation à l’état libre, se lient intimement à celles qui produisent la phosphorescence.

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