‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétisme (volume 5)Chapitre 134 sur 226 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

DE LA PiîOSPHORESCEXCE PAH LA CHALEUR.

§ Résultats obtenus par Placidus Heinrich,

1668. Parmi ies physiciens qui se sont occupés avec le plus de succès de la phosphorescence en ^général , je dois citer Placidus Heinrich, qui a fait un ouvrage spécial sur ce sujet. Voici les conséquences que l’on tire de ses noinhreuses expériences touchant les effets lumineux produits par la chaleur. Dans la crainte de donner trop d’étendue à ce livi’e, je vais exposer ces conséquences avec le plus de concision qu’il me sera possible.

Toutes les pierres calcaires luisent dans l’obscurité, sans exception.

Les spath-fluors tiennent le premier rang; ils exigent une température moins élevée, et se maintiennent luisants plus longtemps que les autres, à la meme température. ,

J^e marbre blanc du Tyrol , le calcaire cristallisé, donnentune lumière presque aussi hellequeles précédents.

Les sulfates calcaires sont moins phosphorescents.

Les pierres siliceuses, comme le silex, ne ressemblent pas, à beaucoup près, aux substances à base de chaux.

La température du cuivre chauffé au rouge rend ces substances luisantes lorsqu’elles sont réduites en poudre; il faut une cha-leur plus élevée pour des morceaux d’une certaine grosseur, comme je l’ai déjà dit.

Les pierres qui brillent, après le diamant, sont la

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topaze de Saxe, l’améthyste et quelques jaspes, l’émeraude, riiyacintlie , etc. ,

La chaux, qui jouit de la propriété d’émettre une grande quantité de rayons lumineux à une certaine température, conserve donc cette propriété dans ses combinaisons.

Les verres colorés par des oxides métalliques luisent mieux que les verres blancs; les cailloux et le sable de rivière mieux encore que le verre coloré.

Toutes les pierres calcaires brillent ; plusieurs avec éclat, si on les broie en parties fines.

Les pierres argileuses tiennent, en général, la dernière place.

Dans les sels on remarque, outre la lumière permanente, une autre lumière d’étincelles quia peu de durée.

Les sels c|ui fondent dans leur eau de cristallisation en s’échauffant, ne luisent point; le sel marin perd son pouvoir phosphorescent si on le fait rougir préalablement.

La lumière d’étincelles se produit avec les métaux réduits en grains ou en limailles qu’on répand sur le cuivre chaud. Les oxides métalliques humides présentent également cet effet. Dans ces derniers on remarque une lumière d’étincelles , une lumière tranquille et une lumière faible.

Les composés métalliques qui produisent une lueur de ^plusieurs secondes, sont les minerais de cuivré, la malachite, le sulfate de cuivre, les minerais de fer, l’oxide de zinc, les minerais d’antimoine, de cobalt, de manganèse et autres.

1669. Dans les corps combustibles on observe la triple lumière d’une manière encore plus frappante que dans les métaux. On remarque particulièrement la lueur d’étincelles dans les minerais combustibles, rarement parmi les végétaux, et plus rarement encore parmi les animaux. Avant que le soufre ne s’enllamipe, on aperçoit également une lueur fugitive, que l’on considère comme un phénomène de phosphorescence.

Les huiles chauffées jusqu’à l’ébullition cessent d’étre

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