‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétisme (volume 5)Chapitre 158 sur 226 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

d’un vert bleuâtre ou bleu verdâtre, qui jouit de singulières propriétés. Ce dernier est analogue au verre vert, que M. Melloni a trouvé si rebelle à la transmission des rayons calorifiques, surtout aux rayons émergents de l’alun.

Or, en rapprochant les expériences de M. Melloni de celles qui ont été faites par M. Biot, il semble évident que les rayons transmis par l’alun sont très-peu efficaces pour exciter les impressions calorifiques , et , au contraire , très-efficaces pour déterminer les phénomènes chimiques. Il était donc probable que cette espèce de verre, quoique très-transparent, serait particulièrement inefficace pour exciter la phosphorescence et pour impressionner le papier préparé avec l’éther muriatique et le nitrate d’argent. Cette conjecture s’est parfaitement confirmée.

La radiation transmise par ce verre ne produit aucune impression sur le papier sensible; toutefois son action sur les fragments d’écailles d’huîtres calcinées n’est pas aussi absolument nulle: elle est seulement extrêmement faihle, même après une exposition de 20 minutes ou d’une heure entière; mais elle est perceptible e certaine, ce qui décide une différence de limites dans les qualités des radiations qui produisent ces deux ordres d’effets.

Après ce verre vient celui qui transmet une lumière verte et jaune, très-abondante, associée seulement à une petite quantité de rouge et de bleu qui lui sont contigus. Ce verre a montré une action sensible sur les écailles et même sur le papier. Le verre rouge violacé a été, dans ces deux cas, beaucoup plus actif que les précédents, tant sur le papier que sur les écailles. Enfin, le verre rouge a été absolument inactif sur le papier impressionnable. Il a seulement imprimé aux écailles une très-faible lueur, à peine perceptible; toutefois, ce genre de verre n’est que peu inférieur au verre blanc pour la transmission des radiations purement calorifiques.

3 I 2 DK LA NAT. DKS RAD. QUI KXCIT. LA PHOSPH. , KTC.

En résumé, M. Biot considère généralement les radiations émanées des corps comme composées d’une infinité de rayons ayant des qualités et des vitesses diverses, susceptibles d’étre émis, absorbés, réfléchis , réfractés; et qui, selon leurs qualités propres , parmi lesquelles il faut comprendre leur nature et leur vitesse actuelle, peuvent produire la vision, la chaleur, déterminer certains phénomènes chimiques, et probablement exercer beaucoup d’autres actions encore inconnues, lorsqu’ils sont reçus par des corps ou par des organes sensibles à leurs impressions.

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