‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétisme (volume 5)Chapitre 163 sur 226 · CHAPITRE VIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIL

DES TÉLÉGRAPHES ELECTRIQUES.

1 704* Je ne veux pas terminer l’exposé des applications qu’on a faites des actions électriques aux sciences physiques et à l’industrie, sans parler des télégraphes électriques , quoique les documents nous manquent pour traiter la question aussi complètement que je le désirerais. Je me bornerai donc à exposer les principes sur lesquels repose leur construction.

Depuis plus de quarante ans, c’est-à-dire, depuis l’époque oii les recherches sur l’électricité ont pris une grande extension , on s’occupe des moyens de transmettre des signaux au loin , au moyen de l’électricité.

Relser, en Allemagne, avait proposé de se servir d’autant de fils qu’il y a de lettres dans falphabeth, et de transmettre chaque lettre au moyen d’une étincelle partant du fil qui lui coiTespondait.

Je pourrais citer encore d’auires exemples, non-seulement en France, mais encore dans d’autres Etats de l’Europe, ou des tentatives infructueuses ont été faites pour arriver au méine but. Je dois ajouter cependant que l’on ne s’en tint pas à de simples propositions, car le docteur Salva fît, en Espagne, aux frais de l’Infante, des expériences sur une très-grande éclielle.

Mais ces tentatives' n’eurent aucun succès en raison des difficultés inhérentes au mode même d’expérimentation. En effet, on était obligé d’employer de félectri-

CH/VPiTRE VIT.

cite a grande tension et des conducteurs suffisamment isolés, conditions souvent bien difficiles à remplir.

La découverte de la pile, eu 1800, engagea quelques physiciens à recommencer des expériences, attendu que son mode d’action permettait d’écarter une partie des difficultés qu’avait présentées l’électricité libre.

Sœmmering, de Munich, publia, en 1812, un travail pour prouver qu’en opérant avec autant de fils qu’il y avait de signaux à transmettre, on pouvait faire parvenir ces derniers, au moyen de la décomposition de l’eau dans un appareil placé sous les yeux de celui qui était destiné à recevoir ces signaux. Cette idée, trèssimple et ingénieuse, ne reçut aucune application en raison des difficultés (ju’elle présentait.

On ne s’occupa donc plus de télégraphes électriques jusqu’en 1820, ou M. OErsted fit sa grande découverte de l’action révolutive exercée par un courant électrique sur l’aiguille aimantée. Ampère fut un des premiers qui proposa, d’après M. de la Place, d’employer l’action électro-magnétique d’autant de circuits qu’il y avait de lettres, sur des aiguilles aimantées. Un grand nombre de physiciens ont cherché depuis à mettre en pi'atique cette même idée, sans être parvenus à des résultats satisfaisants. Nous ne ferons donc pas mention de leurs tentatives pour arriver au procédé proposé par M. Wheatstone, qui en a déjà fait l’application sur une distance de vingt milles.

M. Wheatstone a commencé ses recherches immédiatement après ([ii’il eut fait ses belles expériences pour déterminer la vitesse de l’électricité. Je vais tâcher de dire en peu de mots en quoi consiste ce procédé, n’ayant pas par devers moi les documents nécessaires pour entrer dans de grands détails à ce sujet.

Cinq fils conducteurs, agissant sur cinq aiguilles différentes et intei’posés entre deux stations éloignées, suffisent pour transmettre instantanément les différentes lettres de l’alphabet, au nombre environ de trente par minute. Il est possible même de transmettre deux lettres

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