CHAPITRE IX
v'c égard à la quantité d’électricité qui passe , l’intensité « décidant si l’électi’olite lui donnera passage ou non. »
Relativement à l’intensité du courant, M. Faraday regarde comme évident, en raison de l’action définie de l’électricité, que la quantité d’électricité ne peut s’augmenter, quand la ({uantité de métal oxidé est dissoute, là où a lieu l’action chimique. Par exemple, une paire de plaques, zinc et platine, donne autant d’électricité, sous forme de courant, par l’oxidation d’une certaine quantité de zinc, ([u’en donnerait l’altération de mille fois cette quantité à la surface de mille plaques, dans une pile voltaïque.
Pour le prouver, M. Fai’aday a disposé en forme de batterie dix plaques de "zinc amalgamé et de platine, en employant pour liquide actif de l’acide sulfurique étendu. Le circuit ayant été fernié , il recueillit l’hydrogène dégagé à la surface de chaque plaque de métal, et trouva que la quantité produite sur chacune d’elles était en proportion avec la (juantité de métal dissoute de chaque plaque de zinc, et la même que celle qu’il avait obtenue avec une seule paire. Il en a conclu qu’il est passé autant d’électricité à travers une série de dix plaques que dans une seule, quoique la quantité de zinc dissoute ait été dix fois plus considérable.
La quantité d’électricité n’augmentant pas quand on accroît le nombre des couples, il s’agit d’expliquer l’accroissement de l’intensité du courant dans les mêmes circonstances. M. Faraday reconnaît dans ce cas, comme tout le monde l’a admis depuis longtemps, que le degré d’intensité du courant développé par le premier élément , augmente dès l’instant que ce courant est soumis à l’action du courant du second élément agissant de concert avec le premier, parce (jue les deux actions s’ajoutent.
D’un autre côté, les décompositions étant simplement des actions opposées, qui sont exactement du même ordre que celles qui engendrent le courant, il en résulte que l’affinité qui résiste à la force d’une action décomposante, doit cédera l’énergie de plusieurs actions dé-
DK LA THKORIE KLECTUO-CHIMIQUK.
composantes qui s’ajoutent. Les considérations suivantes cclaircii’ont ce point.
Dans sa inaiiière de voii', M. Faraday considère que les décom[)ositions électro-chimiques ne dépendent d’aucune répulsion ou attraction directe des pôles ou lames inétallicjues , en communication avec les appareils électriques et les dissolutions, ni des éléments en contact avec ces lames ou près d’elles. Il se fonde à cet égard sur ce fait, que dans les décompositions faites dans l’air, les éléments séparés ne se rendent vers aucun pôle, mais sont chassés aux. extrémités de la substance soumise à l’action de l’électricité.
Cependant, dans ce cas, on peut dii’e que l’air remplace une des lames ; d’un autre côté, M. Faraday a prouvé que l’on peut aussi bien décomposer un corps sur une surface d’eau que dans l’air. Cette expérience prouve simplement que le corps trarisporté par le courant s’est arrêté sur la surface de l’eau, parce qu’il n’a pas trouvé dans ce liquide les éléments nécessaires pour former une combinaison soluble. Les nombreuses expériences qu’il a faites l’ont conduit à cette conséquence, que la somme des décompositions électro-chimiques est constante pour une portion quelconque d’un conducteur décomposant, et qu’elle est uniforme dans sa nature, à quelque distance que se trouvent les pôles. En généralisant sa pensée, on peut diie que pour une quantité constante d’électricité, quel que soit le conducteur décomposant, la somme totale de l’action électro-chimique est aussi une quantité constante, c’est-à-dire, qu’elle doit toujours être équivalente à la nature des effets cblmicpies produits. Cette vérité a été reconnue depuis longtemps.
La théorie qu’il a donnée des décompositions électrochimiques a paru en général un peu abstraite. Suivant lui, la décomposition électro-chimique est due à une action qui se développe dans la direction du courant électrique, au moyen d’une force surajoutée aux affinités chimiques ordinaires des corps présents, et qui imprime une direction à ces affinités. I.e corps soumis à la décomposition peut être considéré comme une masse de particules agissantes ;