‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétisme (volume 5)Chapitre 179 sur 226 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

cet état électrique résulte du jeu des affinités. Je ne crains pas trop de m'avancer, en disant que les affinités sont dépendantes de cette électricité naturelle, associée aux atomes; cette assertion est tellement fondée, que l’on détruit en grande partie le pouvoir des corps en faisant disparaître cette électricité naturelle ; du moins , les effets qui ont lieu, quand on soumet certains corps à une haute température , permettent d’en tirer cette conséquence. En effet, on sait que lorsque l’on expose à une température très-élevée la zircone, les oxides de chrome, et quelques antimoniates métalliques, ces corps laissent échapper de la lumière , et perdent alors la faculté de se combiner avec d’autres corps. Cette lumière, qui est un phénomène de phosphorescence, et par suite un effet électrique , nous annonce une destruction d’état électrique dans les oxides métalliques , et conséquemment un affaiblissement dans leur pouvoir chimique.

Tout porte à croire que la répugnance qu’éprouvent certains corps à se combiner et à se dissoudre, après leur exposition au feu’ provient d’une cause semblable qui annonce, soit un changement dans l’état d’agrégation des molécules , soit une destruction au moins partielle de l’atmosphère d’électricité naturelle qui entoure chaque atome.

Quand les corps, comme l’alumine^ le peroxide de fer, etc., ont été calcinés et ont perdu la faculté d’être attaqués à froid par de faibles réactifs, on est obligé de les mettre en présence d’acides concentrés à la chaleur de l’ébullition, pour leur rendre leurs facultés chimiques; c’est un effet du même ordre qui se produit, quand un corps , ayant perdu la faculté de devenir phosphorescent par la chaleur, la reprend après une courte exposition à la lumière solaire ou à la lumière électrique.

La théorie électro-chimique, considérée sous ce point de vue , peut servir à concevoir comment il se fait que, dans les substitutions, un élément électro-positif puisse être remplacé par un élément électro-négatif, sans changer pour cela les propriétés fondamentales du com-

3Go DE L/V FORCE CHIM. DU COUR. ÉLEC. DANS, CtC.

posé. Prenons, par exemple, racide acétique, clans lequel LUI atome criiyclrogène peut être remplacé par un atome de clilore, d’où résulte l’acide cliloro-acétique dont les propriétés fondamentales sont les mêmes que celles du premier acide; on peut se demander comment il se fait que, clans ce cas, un atome électro-positif puisse être remplacé par un atome électro-négatif. La réponse est facile : l’un et l’autre atome sont entourés d’une certaine quantité d’électricité naturelle, qui est décomposée à l’instant où les affinités s’exercent, de telle sorte c|ue chaque atome peut devenir positif ou négatif, suivant le rôle qu’il joue dans la combinaison.

D’ap rès cela , si, en soumettant à l’action du courant l’acide chloro-acétique, le chlore se porte au pôle positif, toutes les autres parties constituantes de l’acide doivent se rendre au pôle négatif, où elles forment un produit déterminé. Doit-on considérer alors l’acide comme un composé de ce produit et de chlore? C’est aux chimistes à décider la question.

§ 11. De la force chimique du courant électrique dans ses rapports avec les affinités , et de la mesure de ces dernières.

M. Faraday a montré, comme on l’a déjà vu, que des quantités équivalentes de différents métaux, dégagent, quand ils s’oxident, une quantité, égale d’électricité douée du même pouvoir chimique, et que la faculté que possède le courant de décomposer une combinaison, ne dépend pas de la quantité d’électricité dégagée, mais de son intensité. Il résulte de là qu’il ne suffit pas d’augmenter la quantité d’électricité dégagée pour (|u’il y ait décomposition; il faut encore que cette électricité soit produite par une action chimique d’une certaine intensité. C’est ainsi que si l’on prend un couple zinc et platine, fonctionnant avec de l’eau acidulée par de l’acide sulfurique et qui ne décompose pas un éleetrolite, on parvient à opérer la décomposition, en ajoutant à la solution une seule goutte d’acide nitrique, toutes

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