CHAPITRE IX
choses égalés d’ailleurs; tandis que l’on n’obtient aucun effet en augmentant la quantité d’acide sulfurique ou l’étendue de la lame de zinc.
Il resterait à savoir si l’effet produit dans ce cas par l’acide nitrique ne provient pas d’une augmentation dans le pouvoir conducteur, ou bien de ce que l’acide nitrique étant plus facilement décomposable que l’acide sulfurique, fournit plus d’électricité au courant par l’effet même de cette décomposition.
M. Matteucci a soutenu une thèse opposée, en cherchant à prouver qu’en se servant d’une pile composée d’un certain nombre d’éléments, le courant acquiert toujours une force électro-chimique d’autant plus grande que la quantité d’électricité mise en circulation est plus considérable, et qu’il arrive cependant qu’une augmentation de surface du métal dissous n’a pas toujours pour effet la circulation d’une plus grande quantité d’électricité, tandis que cette circulation peut devenir plus considérable par un changement dans le liquide qui provoque le courant, sans que pour cela la quantité totale d’électricité dégagée se soit accrue.
Au milieu de ces opinions diverses, on ne peut s’empêcher de reconnaître l’influence delà conductibilité du liquide, que les physiciens négligent ordinairement dans l’explication qu’ils donnent des phénomènes électro-chimiques.
M. Matteucci a observé un autre fait qui n’est pas sans importance pour la théorie électro-chimique: c’est que l’on peut augmenter la force chimique du courant en diminuant la surface des lames décomposantes ; résultat analogue à celui découvert par Wollaston , dans les décompositions opérées au moyen de l’électricité libre. On conçoit, en effet, qu’en rétrécissant les lames décomposantes, on diminue la quantité totale d’électricité, tandis que l’on augmente son intensité dans les mêmes rapports.
Ce qu’il nous importe le plus de connaître en ce moment, et l’on verra dans un instant pourquoi motif, c’est ce qui se passe quand on soumet à l’action décompo-