CHAPITRE IX
Nous voyons encore par là, qu’après la seconde opération , le précipité contenait sensiblement i atome de plomb et T atome de cuivre. A cette époque, il ne restait plus, dans les dissolutions B et C, que o^,o34 de nitrate d’argent; or, au commencement de l’expérience, il y avait o^,i; le nitrate était donc réduit à o°,o66 , ce qui fait que dans la solution il y avait i partie atomique de nitrate d’argent pour 66 parties atomiques de nitrate de cuivre. A la fin de la 3^ opération , le précipité B renfermait I équivalent de cuivre et i équivalent j environ d’argent, tandis qu’il n’y avait plus dans la solution que 1 équivalent de nitrate d’argent et 8o équivalents de nitrate de cuivre; en recommençant l’expérience avec des quantités proportionnelles intermédiaires ,onresserre les limites, et l’on finit par arriver à la précipitation des équivalents égaux d’argent et de cuivre.
Les expériences dont je viens de rendre compte sont longues et demandent des soins , en raison de la difficulté que l’on éprouve à rassembler les précipités, et du grand nombre d’analyses que l’on est obligé de faire , quelquefois avec de petites quantités de précipités.
Je n’ai pu encore déterminer le point précis ou, dans la solution de nitrate d’argent et de nitrate de plomb, ce dernier commence à se décomposer, attendu que le précipité est dans un tel état de division , qu’il s’attache aux parois des vases dans lesquels on le lave, et qu’il reste longtemps en suspension dans feau.
Il n’en est pas de même du précipité qui se forme dans la capsule ou se trouvent le nitrate de cuivre et le nitrate de plomb, parce qu’il a une certaine consistance.
La II® expérience nous indique qu’après la opération , le nitrate de plomb n’était pas encore décomposé dans la capsule. I) ; il existait alors dans la solution I partie atomique de nitrate de cuivre, et 45 parties atomiques de nitrate de plomb.
Après la seconde opération, le précipité renfermait 1 partie atomique de cuivre et i de plomb ; il n’y avait
CONCLUSIONS
jilus , à cette époque, que de nitrate de cuivre
dans la capsule 1), ou i partie atomique de nitrate do cuivre pour 5 7 parties atomiques de nitrate de plomb ; or, pour
1 part. atom. de nitrate d’argent (0^,1),
6^ atomes de nitrate de cuivre (6']7-|-o,o8 1 ),
le nitrate de cuivre est sur le point d’être décomposé, tandis que le nitrate de plomb ne commence à l’être que quand on opère avec
I part. atom. de nitrate de cuivre (o%o8i),
45 part. atom. de nitrate de plomb (45, 0^,099.);
il s’ensuit que dans les deux cas , les quantités atomiques dont la présence est nécessaire pour que le courant puisse vaincre les affinités, sont dans le rapport de 67:45. Les affinités elles-mêmes sont-elles proportionnelles à ces nombres ou à leur carré , ou à une autre puissance de ces nombres? C’est ce qu’on ignore.
CONCLUSIONS
Voici les principales conséquences que l’on tire des faits exposés dans ce chapitre :
Les équivalents des corps sont associés à des quantités égales d’électricité, d’où il suit que l’action chimique du courant est définie : c’est le biit découvert par M. Faraday. Si ce courant traverse en même temps des solutions de différents nitrates métalliques, les quantités de métal réduit sont des équivalents. Si le courant traverse des mélanges de deux solutions, renfermant chacune une quantité atomique de nitrate d’argent, de
CONCLUSIONS
nitrate de cuivre ou de nitrate de plomb, le métal dont les affinités pour Toxigène et l’acide nitrique sont moindres, est seul décomposé.
Quand on opère sur une solution de nitrate d’argent et de nitrate de cuivre, ou de deux autres nitrates, et que l’on augmente successivement la proportion ato* inique du nitrate qui n’a pas été décomposé, le précipité d’argent cesse peu à peu d’être cristallin ; il devient alors floconneux, tuberculeux, ayant la forme d’un champignon, dont toutes les parties sont dans un état de division extrême. Ce chanpement d’état annonce, nonseulement dans ce cas-ci, mais encore dans un mélange de deux autres nitrates, que la décomposition du second nitrate va commencer.
Si l’on agit sur une solution qui renferme proportionnellement une grande quantité de nitrate de cuivre, non-seulement le précipité métallique s’opère comme on vient de le dire, mais on voit encore dans la solution une quantité innombrable de petites parcelles métalliques en mouvement, paraissant concourir toutes à la transmission du courant, et indiquant par là le mode d’action du courant sur les molécules métalliques du composé.
En continuant à augmenter la quantité atomique du nitrate le moins décomposable , on arrive à un point ou il y a un équivalent de cuivre et un équivalent d’argent de précipités ; cet effet ne peut s’opérer qu’autant que le courant est partagé en deux parties parfaitement égales, attendu que les équivalents des corps sont associés à des quantités égales d’élqctricité. Dans ce cas, la force qui unit l’oxigène et l’acide nitrique à un équivalent d’argent est la même que celle qui unit les deux mêmes corps à un équivalent de cuivre. Voilà un exemple de l’influence des masses pour diminuer l’action décomposante du courant sur le nitrate dont les parties sont réunies en vertu dès moindres affinités; mais cette influence n’est pas telle que la concevait Berthollet, qui considérait la mesure des affinités comme dépen-