‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétisme (volume 5)Chapitre 200 sur 226 · VI. partie · texte numérisé non relu

VI. partie

CONCLUSIONS

dante de la masse des corps. Dans le cas qui nous occupe, si nous partons du point où il se trouve dans la dissolution un équivalent de nitrate d’argent et un équivalent de nitrate de cuivre, dès l’instant que le courant commence à fonctionner, son action se porte uniquement sur le nitrate d’argent. En augmentant le nombre d’équivalents du nitrate de cuivre, le courant conservant toujours son intensité, on affaiblit son action sur le nitrate d’argent, de sorte que l’on arrive à un ternie où Faction de ce même courant pour le nitrate de cuivre est suffisante pour vaincre les affinités de l’oxigène et de l’acide nitrique pour le cuivre. Ainsi donc, en augmentant les masses, c’est-à-dire, en rapprochant les molécules du composé, on ne tarde pas à arriver au point où les affinités des deux éléments électro-négatifs pour les deux bases peuvent être vaincues par la même force; nous devons en conclure que dans ce cas les affinités de ces corps sont les mêmes. Cet effet est dû évidemment à l’influence des masses. De là il résulte, comme je l’ai déjà dit, que les forces qui unissent Foxigène et l’acide nitrique à un équivalent d’argent, et les mêmes corps à un équivalent de cuivre, sont dans le rapport des masses nécessaires pour obtenir l’égalité de ces deux forces. Mais quel est ce rapport? C’est ce que nous ignorons encore.

L’influence des masses sur la décomposition électrochimique se fait également sentir , comme on devait s’y attendre, quand on augmente la quantité absolue du nitrate le plus facilement décomposable , tout en conservant le rapport des équivalents. Dans ce cas, le rapport des équivalents nécessaire pour arriver au partage du courant en deux parties égales, change en même temps.

Il est à remarquer que l’influence des masses ne se fait sentir qu’autant que la quantité de liquide employée reste la même ; car si elle augmente sous le même volume, le rapport des masses change en même temps, et les molécules ne sont plus à la même distance; et comme c’est la distance qui joue ici un grand rôle, il

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s’ensuit que le rapport en question doit varier au fur et à mesure que l’on, étend la solution.

Dans les expériences dont je- viens dè rendre compte, j’ai opéré ordinairement avec une pile à courant constant, composée de 10 éléments. Les résultats ont encore été les mêmes quand je me suis servi de piles composées d’un plus grand nombre d’éléments; mais on conçoit parfaitement qu’il ne faut pas dépasser une certaine limite d’intensité , si l’on veut observer les différents effets dont il a été question. Si le courantavait une trop grande intensité, alors les deux sels seraient réduits en meme temps, et on manquerait le but proposé.

Dans toutes les expériences, j’ai eu deux buts : le premier, d’arriver au terme où le sel, dont les éléments sont réunis en vertu des plus fortes affinités, commence à être décomposé ; le second, le terme où il faut employer la même forcé pour décomposer deux quantités atomiques des deux sels. On peut encore , si l’on veut , considérer les différents cas où l’on trouve sur les lames négatives un équivalent de l’un, pour 2, 3, etc., équivalents de l’autre.

La 10® expérience nous apprend que, lorsque la solution renferme i partie de nitrate d’argent (0^,1) et 67 part. atom. de nitrate de cuivre hydraté, on obtient un équivalent d’argent et un équivalent de cuivre.

La y'' expérience nous indique que, pour i partie de nitrate d’argent et 86 de nitrate de cuivre, le précipité est composé de i part, atomique d’argent et de 2 parties atomiques de cuivre.

I.a G'" expérience montre que pour i partie atomique de nitrate d’argent et 100 parties de nitrate de cuivre, le précipité renferme 1 atome d’argent et 3 atomes de cuivre.

D’après la loi de M. Faraday, les forces qui produisent ces trois effets doivent être dans le rapport des nombres j, 2 et 3; tandis que les masses qui représentent les quantités atomiques correspondantes de nitrate de cuivre sont à peu près comme 67 : 86 : 100.

CONCLUSIONS

Il ne reste plus maintenant qu’à déterminer la loi générale des proportions atomiques nécessaires pour obtenir le partage du courant en deux parties égales, quand les quantités absolues de chacun des deux nitrates sont quelconques. Cette détermination sera l’objet d’un travail particulier, travail qui n’est pas sans quelque difficulté, et qui demande même beaucoup de temps, en raison du grand nombre d’expériences qu’il exige.

Les faits qui viennent d’être exposés indiquent, je crois, d’une manière certaine, que l’on peut arriver à déterminer le rapport des affinités des corps dans diverses circonstances , en suivant la marche indiquée. Ces mêmes faits nous montrent que l’on peut séparer les métaux les uns des autres, quand leurs dissolutions sont mélangées; car, si le rapport des masses des sels qui se trouvent dans un volume déterminé de la solution ne permet pas cette séparation, il suffit d’étendre plus ou moins d’eau la solution pour l’obtenir.

Il est bien démontré maintenant, non-seulement par ce qui précède, mais encore par l’ensemble des faits qui composent aujourd’hui le domaine de l’électro-cbiinie , que l’emploi des courants électriques , et l’étude de tous les phénomènes qui s’y rattachent, sont d’une grande importance pour la chimie. Jusqu’ici les chimistes se sont attachés particulièrement aux affinités, à la chaleur et à la lumière, et n’ont considéré l’électricité que comme une action secondaire dont ils se sont peu occupés; mais aujourd’hui il ne peut en être ainsi; ils ont entre les mains un moyen d’action trop puissant pour le négliger dans toutes les circonstances où il peut être employé.

En continuant les recherches précédentes , on verra si les nombres obtenus par M. Ed. Becquerel, pour les affinités de quelques corps, au moyen d’un autre procédé, sont les mêmes que ceux que je déterminerai ultérieurement. ’

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