‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétisme (volume 5)Chapitre 2 sur 226 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

tëes sont mises en contact chacune avec Fane des faces de la pile J comme on le voit dans la figure i. Quand ces deux surfaces ont la meme température, Faiguiile aimantée reste en repos , attendu que les deux courants tiienno-électriqiies étant égaux et dirigés en sens contraire se détruisent; niais quand la température n’est pas la même, l’aiguille aimantée est aussitôt déviée, et l’angle d’écart sert à apprécier la différence de température. Le frottement est produit avec une vitesse et une pression déterminées, afin que son intensité soit toujours connue. Les deux corps sont séparés rapidement l’un de l’autre, et mis immédiatement en expérience.

i53-2. Outre ce procédé, j’en ai imaginé un autre, dont je n’ai pas encore fait usage, et qui promet des résultats plus précis que celui dont il est question. On prend deux aiguilles , composées chacune de deux autres, Fune de fer et l’autre de cuivre, soudées par un de leurs bouts; puis on place chacune d’elles dans l’intérieur du corps qui subit Feffet du frottement, le plus près possible de la surface, et la soudure au milieu de cette même surface (fîg. 2). Si le corps est métallique , 011 soude les points de jonction de la double aiguille à sa surface inférieure. Chaque corps est soudé avec du mastic à une tige de verre, munie d’un écran pour éviter les effets du rayonnement de la chaleur de la main. Les deux aiguilles sont mises en communication , d’une part par le bout cuivre avec un multiplicateur, de l’autre, par le bout fer, avec un fil de fer. Au moyen de cette disposition, pour peu que Fune des deux surfaces s’échauffe plus que Fautre, la soudure qui est contiguë s’échauffe aussi davantage que Fautre, et le multiplicateur indique alors la différence de température.

Ce procédé, convenablement employé, est le plus exact dont on puisse, je crois, se servir, attendu que la différence des effets de chaleur produite sur chacune des surfaces, par Faction du frottement, est accusée immédiatement. Je me propose de l’employer dans de nouvelles recherches que je vais entreprendre sur la chaleur

EXPÉRIENCES PRÉLIMINAIRES

dégagée clans les actions inécanic[ües. Ces reclierches ont. im tel interet pour établir les rapports c[ui existent entre les effets calorifiques et électriques de frottement , c|u’ün ne saui’ait s’y livrer avec trop de suite.

§ IL Expériences préUniinaires .

J 533. Voyons d’abord quel est le mode d’action des appareils que je viens de décrire, et nous passerons ensuite aux résultats : on commence par chercher l’effet produit sur l’aiguille aimantée par le contact d’une des surfaces frottées, possédant une température supérieure à celle de l’air ambiant, avec l’une des faces de la pile; effet du a réchauffement de cette face.

L’expérience prouve c[ue, cjuelle que soit la nature du disque frotté , c|ue ce disque soit conducteur ou non de la chaleur, le temps (|ue met l’aiguille pour atteindre son maximum d’écartement, pourvu c|ue cet écartement ne dépasse pas 6o‘' , est toujours de i o ' dans l’appareil dont j’ai fait usage; pour des écartements de 6o à y 5^ il est de 9" 7, et de 9" pour des déviations de y 5 à 90.

Les corps que j’ai soumis à l’expérience étaient des disques de verre, de liège , d’argent, ete.

L’aiguille aimantée se comporte donc, ici, comme un pendule qui oscille sous l’action de la pesanteur , entre de petites amplitudes , puisque les oscillations sont isochrones, mais avec cette différence néanmoins que dans le pendule, lorsque l’amplitude de l’oscillation augmente au delà d’une certaine limite, le temps de l’oscillation augmente également , tandis que le contraire a lieu dans les expériences que nous décrivons, c’est-à-dire, que le temps diminue à mesure que l’amplitude augmente au delà de 60“ jusqu’à 90". Les faits suivants montrent l’îsochronisme des déviations par première impulsion , en mettant en contact diverses sulistances pendant une seconde, avec une source de chale'ur possédant une température constante, et les présentant ensuite à l’une des faces de la pile.

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