‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétisme (volume 5)Chapitre 213 sur 226 · AU § VI DU CH AP. II, LIV. XVII, SUR LES ORAGES · texte numérisé non relu

AU § VI DU CH AP. II, LIV. XVII, SUR LES ORAGES

tendent orage n’est pas facile à résoudre; voici néanmoins un passage de Dixon qui semble devoir nous éclairer. Ce navigateur, en s’éloignant de Nqotka , s’exprime ainsi :

a Le 26 septembre 17B6, vers 3 heures du matin, cc nous eûmes un orage très-fort et une grosse pluie; ic les coups de tonnerre étaient affreux, les éclairs si « fréquents et si vifs, que ceux qui étaient sur le pont « en furent aveuglés pour un temps considérable; cha- « que éclair laissait après lui une odeur de soufre très-

cc désagréable L’orage s’apaisa

c( vers 6 heures du matin. »

Il est bien évident que si le tonnerre et les éclairs avaient été plus modérés, Dixon n’en aurait rien dit, et nous serions encore à savoir ce qu’il entendait par orage.

Mais voici des passages extraits des voyages du capitaine Mears, qui nous laissent dans le doute. Le capitaine Mears, commandant /c/' , se rendant de Sam- Boingan à la côte nord-ouest d’Amérique, éprouva de violents orages.

cc Le temps , dit-il , continua d’être orageux jusqu’au cc ly avril, que le vent sauta à l’est-sud-est , et souffla cc avec plus de violence encore. »

Plus loin il ajoute : cc Le matin du 24, le vent tourna cc au sud et à l’est, présage certain d’un temps orageux, a A midi, il souffla si violemment , que nous fûmes oblic( gés de ferler toutes nos voiles, et jusqu’à 3 heures cc de l’après-midi nous eûmes à souffrir de l’ouragan cc le plus rude que nous puissions nous souvenir d’avoir cc jamais essuyé. Les oiseaux nous avaient abandonnés cc dès le commencement de l’orage. »

De tous les voyages ( et je ne parle ici que des voyages maritimes) , je ne vois réellement que ceux de Dampier, de Cook , de la Pérouse, de Dixon, de Vancouver, de la corvette l'Uranie , et peut-être aussi celui de la Coquille, dans lesquels on ait tenu compte assez régulièrement des apparitions du phénomène qui nous occupe. 3e ne citerai pas ceux qui n’en disent presque rien;

4o8 ADDITION Aü§ VI DUCHAP. 11, LTV. XVII , ETC.

mais je ne puis m’empecher de faire ici une remarque imitée de celle que vous avez fait parvenir à son adresse, pag. [\o[\ de votre notice : c’est que le capitaine Lutké , commandant la corvette russe te Seniavine ^ étant venu prendre ses instructions scientifiques à Londres, en 1826, au début de son voyage autour du monde, se trouve être dans le meme cas que le météorologiste de la Société royale. Il s’est donné, comme lui , la peine d’exprimer par des signes particuliers tous les mots de la science en question, et malheureusement le sort veut que les mots tonnerre éclairs soient précisément ceux qu’il a oubliés.

Pour en finir, je dirai donc qu’il existe en plein Océan des parages où il ne tonne jamais , quelle que soit leur distance de la terre.

Quant à savoir s’il en est des régions tempérées comme de la zone torride, où les orages sont presque toujours d’autant moins fréquents que l’on s’éloigne des terres, je crois que la question est difficile à résoudre, en raison, non-seulement du trop petit nombre de voyageurs que nous pouvons consulter, mais encore du hasard qui ferait que chaque navigateur se serait trouvé, a point nommé , en un point quelconque de la mer , l’un des 20 jours de l’année, terme moyen des jours de tonnerre observés dans les continents.

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