CHAPITRE PREMIER
pouvaient se couibiner avec quelques-uns des éléments des corps dissous, il y avait décomposition : il en est de meme encore lorsque les électrodes sont formés d’un métal oxiclable.
IM. ( rrove est parvenu aussi à décomposer l’eau avec un couple seulement, mais en se servant dé l’action de l’oxigène de l’eau sur l’hydrogène renfermé dans un tube où se trouvait l’électrode positif, sans qu’il y ait dégagement de gaz. Dans ce cas, l’oxigène se combine avec l’hydrogène pour reformer de l’eau.
11 résulte de là que, si l’on soumet à l’expérience de l’eau qui renferme de i’oxigène ou de l’hydrogène, ces corps aident à sa décomposition, sans qu’il y ait pour cela dégagement de gaz. De meme, si l’eau renferme des corps avides d’oxlgène ou d’hydrogène, la décomposition de l’eau doit s’effectuer, comme M. Edmond Becquerel l’a montré, en suivant la marche que je vais indiquer.
Si l’on verse dans un vase de l’eau tenant en dissolution du chlore, et qu’on y plonge deux électrodes en platine, en relation avec un petit couple à la Wollaston, de quatre centimètres carrés, et faiblement chargé, l’eau est immédiatement décomposée; l’oxigène seul se dégage au pôle positif, tandis que l’hydrogène, à l’instant où il se dégage sur l’électrode négatif, se combine avec le clilore pour former de l’acide hydrochlorique. Il y a en outre un peu d’oxigène absorbé, comme nous le verrons plus loin.
Mais, si au Heu d’employer un seul couple, on en prend trois ou quati’e, ouun nombre suffisant j)our décomposer l’eau acidulée, il se dégage alors un peu d’hydrogène au pôle négatif, comme il est facile de le concevoir : la quantité d’hydrogène est telle dans ce cascju’elle ne trouve pas, à l’instant où elle est, à l’état naissant, en contact avec la lame de platine, tout le chlore nécessaire pour former de l’acide hydrochlorique; il faut alors un certain temps pour qu’il en arrive des parties éloignées du liquide.
Yl. partie.
INFL. DES CORPS DISS. SUR LÆDÉCOMP. DEl’eAU,ETC.
Si l’on dlssoLil, au contraire, clans l’eau, des sels dont les hases peuvent passer à un état cl’oxidation supérieur, tel c[ue du sulfate de protoxide de fer, cjui tend sans cesse à prendre aux corps oxigénés de l’oxigène pour former un sulfate de peroxide, on déeompose eneore la solution avee un élément à la Wollaston : dans ce cas, il y a seulement dégagement d’hydrogène.
On voit donc cjue , lorsque l’eau tient en dissolution différents corps qui ont de l’affinité pour l’oxigène ou l’hydrogène, peu importe lesquels, ces coi’ps aident à la décomposition électro-chimique de l’eau, quand on emploie un seul élément. '
Cependant cette règle n’est pas sans exception. Si l’on opère avec des solutions aqueuses de brome et d’iode, on trouve qu’il faut ajouter une certaine quantité de sel marin ou d’acide sulfurique à l’eau qui renferme du brome, pour la décomposer, tandis que la dissolution d’iode, malgré l’addition du sel ou de l’acide, ne donne aucune trace de décomposition.
Le bicblorure de cuivre donne a l’eau la faculté d’étre décomposée par un seul couple. Dans ce cas, le bicblorure se change en protocblorure. Le percblorure de fer n’est point décomposé.
i558. J’ai dit qu’un courant qui traversait une solution aqueuse de chlore laissait dégager de l’oxlgène. M. Edmond Becquerel a cherché s’il en était encore de même quand on faisait passer un courant en même temps et dans de l’eau acidulée et dans de l’eau chlorurée, c’est-à-dire , si l’on introduisait dans le circuit un voltaïmètre. Il a pris à cet effet (fîg. 4) deux vases, munis chacun de deux électrodes en platine : deux des électrodes communiquaient ensemble, et les deux autres furent mis en communication avec les pôles d’une pile à auges. Ij’uu des vases renfermait une solution aqueuse de chlore, l’autre de l’eau acidulée. En prenant successivement deux, trois couples, etc., d’une pile chargée comme à l’ordinaire, on n’aperçut aucun dégagement de gaz dans les deux vases. Avec quatre couples, l’eau acidulée