RAYONS
St^ns ccr^tn
Violet foncé
Rouge vif
Jaune brillant. . .
Bleu foncé
Vert pomme
i564. D’un autre côté, M. Melloni a montré que les rayons calorifiques de réfrangibilité différente sont inégalement absorbés par un écran d’eau d’un millimètre d’épaisseur, et que la perte est en raison inverse de la réfrangibilité; mais comme, dans les expériences précédentes, les rayons solaires, avant de frapper les lames de platine, traversent une couche de liquide, M. Edmond Becquerel a cherché l’ordre des écrans interposés entre la couche du liquide et la pile thermo -électricpie. Voici les résultats obtenus avec une couche d’eau acidulée, de deux lignes d’épaisseur:
ÉCRANS
DÉVIATION
NOMBRE DE RAYONS, ij
»KiiMMKE»aaias9Bas
6o PROCÉDÉ d’eXPÉRIM. ET RECHER. PRÉLIMINAIRES.
Nous voyons encore que cet ordre est totalement different de celui que l’on a trouvé avant que la radiation solaire ait tiaversé une couche liquide interposée entre l’écran et le liquide ou se trouvent les lames. En effet, le verre jaune laisse passer, dans le cas actuel, '70 rayons calorifiques, tandis qu’il arrête complètement l’action des rayons solaires sur le platine. S’il y a une action, dans ce cas-ci elle est insensible.
id65. Je ne dois pas oublier de dire que les effets dont il est ici question ont également lieu à la lumière diffuse , mais à un degré moindre.
Pour montrer que les rayons calorifiques ne paraissent pas être la cause unique des effets produits, M. Edmond Becquerel a appliqué verticalement une des deux lames de platine, dont la surface avait été chauffée préalablement au rouge, sur une des faces de la boîte de verre, qui avait été noircie, îi l’exception de la partie qui se trouvait vis-à-vis de la lame; puis il a projeté successivement sur celle-ci les rayons du spectre solaire, comme on le voit fîg. 5. En opérant avec de l’eau acidulée par l’acide nitrique, on a obtenu les résultats suivants :
Aucune action avec les rayons rouges, orangés, jaunes et verts.
Faible action avec les rayons bleus, indigos.
Action marquée dans les rayons violets. Toutes les fois que les lames sont très-propres et qu’elles ont été roLigies, les rayons du spectre sont absolument sans effet pour déterminer la production des courants électriques dont nous recbercbons la cause.
Cette expérience tend donc à montrer que les rayons cjui agissent sui‘ des lames de platine ou d’or, j)longées dans de l’eau ordinaire ou de l’eau acidulée, sont plus réfrangibles que les rayons lumineux, et ne sont point par conséquent les rayons calorifiques. On peut se demander maintenant quel est le mode d'action de ces rayons dans la circonstaïu'e actuelle. C’est une question à laquelle il est difficile de répondi e. Cependant, comme les effets sont presque nuis quand
CTTVPITRE ÎI.
les surfaces des laines sont très-nettes et parfaitement décapées , il pourrait se faire que les effets produits quand elles ne sont pas dans cet état, fussent dus à l’action des rayons chimiques sur les coi’puscules étrangers, d’une ténuité extrême, qui adhèrent aux surfaces.
1 566. La nature de ces corpuscules étant inconnue, on est conduit naturellement à rechercher d’abord l’influence que peut exercer sur le phénomène la présence de corps inaltérables, en couches très-minces, tels que le charbon, les oxides , placés sur les lames soumises, comme précédemment, à l’action des différents rayons du spectre. M. Edmond Becquerel a remarqué qu’il y avait dans ce cas une diminution dans l’intensité des effets produits. Ce qu’il y a de particulier, c’est que ces corps ayant un pouvoir absorbant assez grand, auraient dû produire plutôt un accroissement d’effet qu’une diminution , si le phénomène était purement calorique.
On peut se demander encore si les rayons actifs j)roduisent une altération du platine, sous l’influence de corps étrangers, ou bien s’ils déterminent un trouble dans l’état d’équilibre des particules de la surface du métal. Cette question reste encore sans réponse. Je puis ajouter que lorsqu’une lame de platine reste ])longée dans l’eau pendant plusieurs jours, le courant produit sous l’influence des rayons solaires est bien moins in-
tense que lorsqu’on vient de la faire rougir.
1067. J’ai dit, il y a un instant, qu’il était probable que le courant produit avec les lames de platine provenait en pai'tie de l’action exercée par la lumière sur les corps étrangers adhérant à leur surface. Pour voir jus- (ju’à quel j)oiiit cette supposition était fondée, on a opéré avec des lames de métaux oxidables.
Ijinics de laiton. Ces lames, ayant été décapées, ont (hé mises dans l’appareil à compartiments , qui renfei inait de l’eau ordinaire, dans laquelle on avait ajouté (pudcjnes gouttes d’acide nitrique pour la rendre conduclrice. On a obtenu un courant de 4 oü 5 degrés lors de l’exposi-
G A PROCJa)É d’eXPÉRIM. ET RECTÏER. PRÉLTMIXXIRES. .
tloiî aux rayons solaires; le sens du courant était tel , que la laine exposée à la lumière prenait au liquide l’électricité positive. Une de ces lames cependant a présenté un effet singulier, dont nous veri’ons plus loin la cause. Dans le premier moment de l’exposition solaire, la lame a pris au liquide l’électricité négative , et immédiatement api’ès le courant a changé de sens, (iette inversion a cessé après l’immersion de la lame dans l’acide nitrique; elle était due à la couche d’oxide adhérente a sa surface.
Dans une des expériences, la déviation étant de 3 a 4 degrés sous l’influence solaire, on a pris une pile de 3o éléments, et l’on s’est servi des deux lames de laiton comme d’électrodes; la lame positive s’est oxidée, tandis que l’autre est restée brillante. On les a remises ensuite à la place qu’elles occupaient d’abord; après quoi on les a soumises successivement à la radiation solaire. La lame brillante s’est comportée comme auparavant, c’està-dire , qu’elle a pris au liquide l’électricité positive, mais à un faible degré ; tandis que la lame couverte d’oxide est devenue fortement négative, et à un degré tel, que l’aiguille a été chassée violemment à 90^. Cette action énergique n’est produite que lorsque la lame est fortement oxidée.
i^yant interverti l’ordre des lames quand elles servaient d’électrodes, les résultats ont encore été les memes.
Il est bien entendu que les lames qui avaient servi d’électrodes,étant polarisées, n’étaient mises en rapport avec le galvanomètre qu’après avoir perdu une grande pai’tie de leur polarité. Dans une expérience oii l’on a employé les écrans, comme ci-dessus, on a obtenu les résultats suivants, en exposant la lame oxidée à la radiation solaire:
liitensilc.
r\é‘;uUals des effets cliimiqnes, ou Somme des rayons actifs.
Sans écran . .
Verre violet .
Verre bleu. .
Verre vert . .
Verre jaune .
Verre rouge.
CTrAPITRK ir.
Quand la meinc lame était exposée' aux divers rayons du specti’e solaire, on a eu :
Spectre.
Rouge .
Orangé Jaune . .
V ert . . .
Bleu.. .
Indigo .
Violet. .
Intensité.
En opérant avec la lame de laiton décapée et les écrans, on obtenait, comme on Ta dit, un courant en sens inverse, dont rintensité variait, comme on le voit dans le tableau suivant :
Inlensilé.
Souaine de rayons actifs.
Sans écran . . .
lOO
Violet
])leu
Jaune d’or. . . .
Tous ces effets d’écran présentent des différences dont on ne connaît pas la cause, mais que je dois signaler pour rintclligence des faits dont il sera question ci-après.
§ II. Effets clectrifjiies produits dons la réacüon du hronic sur P arp^erit, ainsi que dans la décomposition du ch/oruî'e , du bromure ^ de Piodure éP argent sous P inji iience solaire .
T 568. Des lames d’argent , pxarfaitement décapées , ont été mises dans l’appareil à compartiments, renqili d’eau acidulée par l’acide sulfurique. Exposées successivement à la radiation solaire , elles ont donné un courant de i à 2 degrés, dirigé dans un sens tel, que la lameexposé(î était négative. En opérant avec les memes lames (jui avaient servi d’électrodes , et exposant à la radiation
G/f TFF. ÉLFX. PROD. DANS LA RKACT. DU BROME, ETC.
solaire la lame positive ou oxldee, le courant n’a pas été plus intense. Cette faible action pouvant être négligée, M. Eclmoiul Beccpiei el a déposé siu' les surfaces de ces lames des couches épaisses et très-mmces de vapeur d’iode, j)our connaître juscpfà quel point on pourrait reconnaître les effets électriques résultant de la réaction de ces deux corps sur rargent, sous l’influence de la lumière solaire.
Avec des couches épaisses on a obtenu un courant assez intense, dirigé dans un sens tel, que la lame exposée au soleil pi’enait rélectriclté négative; résultat qui annonçait l’aclion de l’iode sur l’argent. Quand la couche était mince , le courant était dirigé dans un sens opposé; ce (pii annonçait une action chimique inverse de la première.
Sous l’influence de la lumière directe, le courant était de 45°, et de 10^ a la radiation diffuse.
Avec les écrans et les rayons solaires on a eu :
Intensité.
Sans écran 55^^
Yerre violet 0.1
Yerre bleu i4
Yerre jaune '7
Yei're l’ouge 1
Rayons,
t56(). Avec la vapeui' de brome, la lame d’argent, exposée à la lumière solaire, est devenue également négative par rapport au liquide. A la lumière diffïise, les effets étaient tellement marqués, que la déviation était de 5o". Ce résultat annom^ait une forte action chimique de la part du brome sur l’argent, sous l’influence solaire. Les lames étant restées exposées h la lumière diffuse pendant dix minutes , puis mises à l’abri de la lumière et exposées de nouveau à son action, la déviation n’a plus été que de 3 à 4 i l^i réaction chimique était alors presque terminée. Ces résultats montrent bien que l’argent est fortement attaqué par les vapeurs de brome et d’iode sous