‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétisme (volume 5)Chapitre 43 sur 226 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

deux liquides et sur les lames de platine, pénètre par cette seule ouverture.

Quand on veut intercepter toute action de la radiation dans l’intérieur du vase , on place sur G H une ' planche N O.

Le multiplicateur dont on se sert doit être à fil long et très-sensible.

Pa ssons maintenant aux expériences :

M. Edmond Becquerel a pris pour liquides , l’alcool ou l’éther, et le perchlorure de fer; voici ses motifs :

On sait que l’éther, dans lequel on a dissous du perchlorure de fer, se décolore à la lumière; mais si 011 laisse faction continuer pendant quelque temps, il se dépose des cristaux jaunâtres qui n’ont pas encore été examinés.

Une dissolution de pei’chlorure de fer dans l’alcool sous l’influence de la lumière se décolore également au bout de plusieurs jours, et laisse précipiter de l’oxide de fer; si l’on Examine ensuite le liquide, on trouve que le perchlorure de fer est passé à l’état de protochlorure ; une portion du chlore du chlorure a donc réagi sur l’hydrogène dé l’alcool , sous l’influence des rayons chimiques.

Ce jeune physicien a commencé par s’assurer qu’en mettant successivement dans l’appareil chacun des deux liquides, les effets électriques étaient moins forts que lorsque ces mêmes liquides étaient superposés l’un sur l’autre; il a donc du en conclure que leur réaction devait exercer une influence sur le courant.

1575. Voici les résultats obtenus dans quelques expériences faites avec le perchlorure de fer et l’alcool.

Les déviations de l’aiguille aimantée ont été prises par première impulsion ; et comme elles ne dépassent pas 20®, on peut regarder les intensités du courant comme sensiblement proportionnelles aux déviations.

<7 ^ DFS FFF. FLFC. PROD. DANS LE CONT. DE 2 LAMES, ETC.

PERCHI.OnURB DB FUR. AlCOOL.

F® Expérience.

Le ciel était serein et la lumière du jour pénétrait seule dans l’appareil

2® Expérience.

Ciel serein

ECRANS.

Sans écran. .

Verre blanc.

Sans écran . .

Verre blanc.

3® Expérience.

L’appareil étant exposé aux rayons directs du soleil

Verre blanc.

de l’aiguill

e aimantée.

l’ajipareil étant

à l’obscurité.

à la lumière.

Intensité

du

courant.

On a observé qu’en général moins les* liquides sont .mélangés, plus le courant électrique est intense, et que tous les chlorures qui peuvent passer à un état de chloruration moindre, exercent une action sur l’alcool, sous l’influence de la lumière, tandis qu’on n’a pu avoir de courant sensible avec les protoclilorures.

Le hichlorure de cuivre relativement à l’alcool sous l’influence des rayons chimiques, se comporte comme le perchlorure de fer.

BlCHiORuaB DB CUITRE. AdCOOD.

ÉCRANS

DÉVIATION de l’aiguille , l’appareil étant

; du courant pro- |

)us l’influence de ^

alion chimique. j

à l’obscurité.

à la lumière.

Sans écran. .

i riel couvert. , .

Verre blanc. !

CHA^PITia: II.

Le perclilorure de fer agit aussi sur fesprit de bois, sous l’iüfluence des rayons ehimiques, mais faiblement.

Perchl. de fer. Esprit de lois.

ÉCRANS

L’appareil étant exposé aux

Sans écran . .

rayons directs dti soleil

Verre blanc.

Cj

DK VI A Tl ON de l’aiguille aimantée, l’appareil étant

à l’obscurité.

à la lumière.

CZ fi U 0/

fi fi

C 'fi

C 'w fi:

Avec l’étlier et le percblorure de fer, on a aussi un courant de i à 2° sous finfluence de la lumière diffuse; le percblorure de fer prend l’électricité [losilive et l’étber félectricité négative.

Quand on met dans l’appareil de l’alcool et du chlore, ou du brome dissous dans l’eau, le courant initial dû h la réaction des deux lic[uides est assez intense pour chasser l’aiguille du galvanomètre à 8o^, et meme au delà ; alors, pour faire dévier l’aiguille de l on la porter de 8o à Si*^, il faut une force beaucoup plus considérable que celle qui est nécessaire pour porter l’aiguille de O à 1 ^ , ce qui empêche que les effets des rayons chimiques puissent être observés.

Passons actuellement aux effets produits sous l’influence des écrans.

AT. Ed. Ijeequcrel , en étudiant la production des courants dans les cas actuels, a eu particulièrement en vue de comparer les quantités de rayons chimiques actifs qui traversent certains écrans, et que l’on peut considérer comme les résultantes des effets chimifjues produits; mais comme les rayons les plus réfrangibles sont aussi c('ux qui agissent sur les lames de platine, il s’ensuit que les nombres donnés représentent approximativement les rapports des rayons chimiques actifs.

74 EFF. ÉLEC. PROD. DANS LE CONT. DE 2 LAMES, ETC

Ou volt que par rinterposition de la plaque le courant est plus de deux fois plus intense que celui produit par rinterposition de la plaque (/z).

On a employé ensuite, comme écrans , quatre plaques en verre.

La plaque en verre n° i avait une épaisseur de

n^ 2 de 1 , 2 .

n® 3 ... de 2, 9.

Enfin une plaque en verre de205

On a fait sur les trois premières plaques différentes expériences, dont voici les résultats :

CHAPITIIE If.

Ces trois verres laissent donc passer également la radiation.

En employant la lame dont l’épaisseur est de 20, on a trouvé qu’elle n’arrêtait pas plus les rayons chimiques que la plaque de verre dont l’épaisseur était de

Ces résultats nous montrent que la radiation qui agit ici , comme la radiation calorifique , après avoir traversé un écran d’une certaine épaisseur, différente probablement pour chaque substance , n’éprouve plus d’altération, quelle que soit l’épaisseur de l’écran.

M. Biot avait trouvé la même loi pour la coloration à la lumière du chlorure d’argent.

i5'76. Wollaston, Ritter et Beckmann d’abord, puis ensuite M. Bérard et d’autres physiciens avaient remarqué que les rayons qui opéraient les réactions chimiques, différents des ravons lumineux et calorificfues , étaient plus réfrangibles que ceux-ci , et avaient par conséquent leur maximum d’intensité dans les rayons violets , et même au delà du violet du spectre. M. Edmond Becquerel, pour reconnaître de quelle manière les couleurs modifiaient le courant électrique produit dans l’appareil précédemment indiqué, a employé à cet effet des verres colorés qui, analysés au prisme, ont donné pour la composition de leur couleur les résultats suivants ;

Rayons colorés qui traversent les verres.

Verre rouge A rouge pur.

Verre jaune clair. .B rouge, orangé, jaune, vert.

( orangées.

Verre vert C vert, faibles banc! t“S j jaunes.

Verre bleu . . . . D . . . rouge , vert-bleu , faibles bandes j "Ullfàês.

! orangées* jaunes.

; vertes.

Verre blanc ... a »

En employant ces verres comme écrans , désignant par 100 la résultante des effets chimiques produits par les

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