CHAPITRE III
La pile dont s’est servi M. Cross, dans les expériences dont il va être question , -se compose de douze couples recourbés, formés chacun d’une lame de zinc et d’une lame de cuivre de deux pouces carrés. Le bout zinc plonge dans un vase de verre rempli d’eau ordinaire, et le bout cuivre dans un vase poreux placé au milieu du vase de verre, et contenant une solution de sulfate de cuivre. Un voltaïmètre , divisé en parties égales de volume et contenant de l’eau, a été mis en rapport avec les pôles de la batterie, et le gaz enlevé et mesuré toutes les vingt-quatre heures. Un thermomètre suspendu au-dessus de la batterie, la boule plongeant dans l’eau de l’un des bassins, servait à indiquer les variations de température. Les observations ayant été continuées pendant près d’un mois, sans renouveler l’eau ni la solution du sulfate, il en est résulté que la plus grande partie du liquide était évaporée à la fin de l’expérience.
Voici le résultat obtenu :
84 T>KS VAR. DTI POTJV. d’tINK BATT. VOLT. FA1BL.,ETC.
T.e premier jour il s’est dégagé un petit filet de gaz ; dans le coui's de quelques heures, le dégagement a augmenté; la batterie n’est arrivée à son maximum de pouvoir que le ti’olsième jour.
En jetant les yeux sur les résultats précédents, on voit que la quantité de gaz produite a toujours été en diminuant, ce qui annonçait un affaiblissement général. Cet effet était facile à concevoir en raison de la production des courants secondaires résultant de la polarisation des lames métalliques. Cependant, il paraîtrait qu’en général, le pouvoir augmentait ou diminuait avec l’accroissement ou la diminution de température du milieu ambiant : par exemple, dans la première semaine, la diminution du gaz était de à par jour, tant que le thermomètre était à io°. Mais un jour, le thermomètre étant tombé de lo®, 28' à 8'’, 33', la quantité de gaz obtenue a diminué de 61*^ à Entre le 6 et y janvier, la tem-
pérature étant tombée de 5'’83 à 3^89, on a eu une diminution de gaz de 5C à 45°.
Le i3 janvier, le thermomètre étant à i°ii, il y avait eu 47 volumes de gaz produits, tandis que le jour précédent, oîi le thermomètre était à o,56, on n’en avait eu que [\i.
En outre, on peut voir qu’un accroissement considérable de la batterie peut avoir lieu avec une diminution de température. Parexemple, le 29 janvier, le thermomètre étant à o'^ et les cellules renfermant de la glace, les quantités de gaz étaient exactement les memes que le premier jour ou le thermomètre était à 10°. On peut remarquer encore que la quantité totale de gaz obtenue la quatrième semaine différait de de celle qu’on avait eue la troisième semaine, malgré la diminution naturelle du pouvoir dans la batterie, la perte par l’évaporation des liquides, et une diminution de 5° de la température.
Lés observations précédentes qui ne conduisent cependant à aucune loi ont engagé M. Cross à étudier plus directement les effets d’une forte chaleur sur l’action décomposante des courants électriques.
CUAPITIIE 1J[.
L’appareil a été plongé clans un bain de sable qu’on chauffait nuit et jour sans interruption , jusqu’à la température de l’ébullition; les solutions étaient constamment remplacées par d’autres au fur et à mesure de l’évaporation : on a obtenu les résultats suivants:
Ln morceau de sulfure de cuivre jaune, exposé à l’action du courant au pôle négatif, dans une solution froide de sulfate de cuivre, a augmenté de poids.
Un morceau semblable, exposé clans une solution chaude au meme courant, a acquis dans le même temps un accroissement de poids trente fois plus considérable. Cet accroissement était dû à un précipité de cuivre métallique et à du protoxide de cuivre. Quoicpie la température fût à peu près celle de l’ébullition, les cristaux avaient une forme très-régulière.
En employant une seule paire de plaques plongée dans des solutions bouillantes , l’accroissement de poids s’est élevé à 6o gi’ains par jour. On voit que la quantité de cuivre produite était assez considérable pour des plaques qui n’avaient environ que 2 pouces carrés.
De grandes plaques de zinc ayant été recouvertes de plâtre sans être mises en rapport avec des plaques de cuivre, furent placées horizontalement dans de grands vases remplis d’une solution de sulfate de cuivre à la température de l’eau bouillante. En ajoutant une nouvelle solution au fur et à mesure de l’évaporation , il s’est formé en moins de dix jours une masse de quelques onces de cristaux octaédriques de cuivre et d’oxide rouge de même métal.
Les mêmes effets ont eu lieu à de basses températures, mais à un moindre degré. On a obtenu ainsi du cuivre cristallisé, de l’argent et du plomb, sur une plaque de zinc.
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»E LA F0R3ÏAT10N DE QUELQUES U031 POSES A L’AIDE DE PILES D’UNE CONSI IIUCTION PARTICULIERE.
1 579. J’ai déjà fait connaître plusieurs procédés électro-chimiques, à l’aide desquels on obtient , cristallisés, les sulfures de cuivre, d’argent, de fer, de plomb, ainsi que d’autres composés ; mais mon attention a été portée de nouveau sur cette question , en examinant plusieurs pièces d’argent qui avaient été changées entièrement en sulfure , par suite de leur séjour prolongé dans une fosse d’aisances. La surface de ces pièces est recouverte de petits cristaux octaèdres, et leur texture est cristalline. La transformation de l’argent métallique en sulfure a dû s’effectuer nécessairement par cémentation, puisque les pièces n’ont pas perdu leurs formes.
t58o. Voulant imiter cette transformation au moyen d’actions électro-chimiques très-lentes, je fus obligé de changer les procédés dont j’avais fait usage jusqu’ici, attendu qu’ils ne pouvaient me conduire à la solution de la question. Celui que je leur ai substitué m’a donné des résultats importants pour la chimie en général, et l’électro-chimie en particulier.
L’appareil dont je me suis servi (fig. 7 ) se compose d’un certain nombre de tubes recourbés en U, de douze ou quinze centimètres de haut et d’un centimètre de diamètre. Chaque tube est disposé de la manière suivante : on met au fond du tube, comme à l’ordinaire, de l’argile humectée d’eau, de manière à occuper une étendue de six à sept centimètres, et l’on place sur l’argile, dans