‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétisme (volume 5)Chapitre 52 sur 226 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

inents puissent les traverser. J’expose là un fait, et non une idée théorique.

Avant de passer aux résultats obtenus avec d’autres métaux, je dois revenir sur le changement que les pièces d’argent ont éprouvé dans la fosse d’aisances.

On sait que l’argent subit une altération rapide dans les milieux ou il existe des sulfures qui peuvent lui céder une portion de leur soufre , tandis que les autres parties s’oxident. Si l’action est lente, la masse d’argent se change en sulfure ayant une structure cristalline, sans que la forme ait changé, quoique le volume ait augmenté.

Dans les fosses d’aisances , cette transformation s’opère fréquemment en raison des sulfures qui s’y trouvent. Pour que l’action électro-chimique s’opère comme dans l’expérience précédente, il suffit que l’argent soit en contact avec une matière carhonacée, suffisamment conductrice, et qu’il y ait de l’air pour remplacer l’oxigène qui provient de la réduction de l’oxide de cuivre dans l’expérience précitée. Je ne fais donc, dans mes expériences, que de réunir les circonstances les plus favorables pour la production du phénomène , circonstances qui ne se trouvent pas toujours réunies dans la nature.

i58‘2. Passons maintenant à la formation des sulfures de cuivre et de plomb, en employant toujours l’action des piles électro-chimiques, dont la force peut être augmentée, comme on l’a vu, suivant l’énergie des affinités que l’on veut faire naître.

Avec le cuivre, les effets varient suivant qu’on opère avecunesolution de persulfure de potassium concentrée,ou unesolution de protosulfure également concentrée. Dans le premier cas, au bout de quelques jours on commence à apercevoir quelquefois sur les parois du tube, de belles aiguilles blanches, radiées, d’un double sulfure insoluble de potassium et de cuivre, et qui est inaltérable à l’air. Ce composé, traité par l’acide nitrique, donne du sulfate de potasse et du sulfate de cuivre, avec dégagement de

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gaz nitreux. La lame se recouvre quelquefois de cristaux' de soufre et de petits tubercules de la même substance; on retrouve en outre du nitrate de potasse dans la solution. Ces effets ont particulièrement été obtenus en ajoutant, dans celle-ci, une petite quantité de sucre, dans le but de produire une réaction qui n’a pas donné les résultats que j’en attendais. Si l’on continue l’opération, l’acide nitrique et l’oxigène arrivant constamment réagissent sur les produits formés, les décomposent, donnent naissance à du sulfate et à du nitrate de potasse, puis à des cristaux de sulfure de cuivre irisés, qui sont mêlés de soufre en aiguilles. Il est donc nécessaire d’arrêter l’expérience à temps, ‘si l’on veut conserver les premiers produits formés. Avec le protosulfure de potassium, les réactions sont les mêmes avec l’argent, c’est-à-dire, qu’il se forme un sulfure de cuivre cristallisé, d’un aspect gris métallique , en cristaux microscopiques, dont il est difficile de déterminer la forme, en raison de leur petitesse.

On obtient également cette réaction avec le persulfure de potassium , quand le courant électrique a une certaine intensité. Je ferai remarquer qu’il est souvent difficile de prévoir, quand on se sert d’un appareil électro-chimique composé de 3 à 6 éléments, les effets qui seront produits, attendu qu’ils dépendent de circonstances imprévues, relatives à la conductibilité des divers éléments employés.

Le plomb avec le pfotosulfure de potassium donne lieu d’abord à des réactions semblables à celles qui ont lieu sur de l’argent, avec cette différence néanmoins que le sulfure est d’abord pulvérulent; mais quand la dissolution est devenue moins concentrée, il se forme des masses tuberculeuses de sulfure de plomb, brillant, d’un aspect cristallin, semblable à celui de la galène. On obtient aussi quelquefois un double sulfure de plomb et de potassium en aiguilles blanches.

En général , les substances formées ont l’aspect de celles qui leur correspondent dans la nature.

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