‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétisme (volume 5)Chapitre 67 sur 226 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

« tance, un globe de feu, d,e la grosseur du poing; ce (( globe était entouré d’une fumée noire. En éclatant , il U fit un bruit comparable à celui d’un grand nombre de a pièces de canon qui partiraient à la fols ; une vapeur « Fortement sulfureuse se répandit aussitôt après dans cc toute la maison; Pitcairn était dangereusement blessé; « son corps, ses babits, ses souliers, sa montre, présence talent tous les signes qu’amène un coup de foudre (c ordinaire. Des lumières de différentes couleurs rem-

cc plissaient l’aj^partement et éprouvaient les plus vifs « mouvements d’oscillation. »

Les globes de feu, dont nous parlons, en raison des diverses circonstances qui accompagnent leur apparition et leur explosion, ne doivent pas être considérés comme des effets électriques ordinaires. Leur nature nous étant inconnue, et même ignoi’ant jusqu’à quel point ils renferment de la matière pondérable, nous devons nous borner à les décrire comme un des effets des orages , sans clierclier à remonter à la cause qui les produit.

§ ni. Procédé pour apprécier la durée d'un éclair de la première ou de la seconde classe.

î6o4. Voyons s’il est possible d’évaluer la vitesse des éclairs des deux premières classes \ M. Arago a indiqué pour résoudre cette question un procédé que je vais décrire.

On sait que lorsqu’un charbon allumé décrit une circonférence de cercle en — seconde, on volt une circonférence de lumière, dans laquelle fœil le plus attentif ne découvre aucune solution de continuité. ]je charbon paraît donc occuper simultanément tous les points de la courbe , de telle sorte qu’un point revient à la place qu’il a quittée au Ijout de dix secondes. Il résulte évidemment de là , que la sensa,tion perçue par la rétine ne s’évanouit que 7^7 seconde après la disparition complète de la cause qui l’a produite. Suppo-

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sons maintenant qn’ane série eoiitlnue de points Inniineiix,p!aeés en ligne droite les uns à la suite des autres, entre le premier point et le centre de rotation, tourne avee la meme vitesse de ~ de seconde, on aura autant de circonférences de cercles lumineux concentricjues (ju’il y a de points, et par conséquent une surface circulaire qui paraîtra entièrement éclairée à l’œil de l’observateur. M. Arago applique de la manière suivante ce principe à la détermination de la dui’ée d’un éclair pendant une nuit obscure : cc J’établis, dit-il, une roue enméc( tal, portant cent rais déliés; un mouvement d’horlogerie « lui donne la vitesse continue et régulière de dix tours c( par seconde, ou d’un tour entier par dixième de sec( coude. Je me place en observation entre bu roue et les c( nuées orageuses, de manière cependant a ne pas em- « pêcher la lumière des éclairs d’arriver librement à la (c roue tournante. Cette roue , je ne l’aperçois pas or- « dinalrement , puisipie, par hypotlièse, tout est dans « l’obscurité. Un éclair se montre; a cet instant la roue « est éclairée ; je dois donc la voir, et je la vois en effet, (( mais dans des conditions différentes, suivant la durée « de l’éclair. I^’éclair n’a-t-il brillé que pendant un (( temps infiniment court ? la roue se sera montrée du- « rant un dixième de seconde, comme cent rais lumi- « neux, immobiles, et de la largeur apparente des rais « véritables. L’éclair a-t-il duré 7^— de seconde? la « roue aura semblé être un cercle plein de lumière. Ci du centre à la circonférence.

« A des durées de l’éclair de de seconde, d’un « tiers, d’un quart, etc., correspondront des apparences « circulaires, ou il y aura respectivement un demi , deux « tiers, trois quarts, etc., de la surflice totale du cercle a complètement privés de lumière.

« En faisant la roue tournante de plus en plus grande, « l’échelle superficielle des^ mesures deviendra tout aussi « appréciable qu’on le désirera. Ajoutons, qu’en variant « la vitesse de rotation, on peut même se soustraire à « la nécessité d’évaluer à l’œil le l’apport de la partie

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« éclairée à la partie obscure; qu’on peut tout réduire « à la détermination de la vitesse, sous laquelle le cercle « paraît entièrement éclairé. Une vitesse de la roue de « 7^ de seconde par tour ne donne-t-elle pas lieu à un cer- (c de continu de lumière? on auainente aeaduellement

(( cette vitesse, de manière qu’enfin le cercle continu apte paraisse. Si cet effet ne commence à se réaliser qu’au « moment ou la vitesse de la roue est d’un tour par un et demi , ou par un tiers de dixième de seconde, ce sera « la preuve que l’éclair n’aura eu qu’une durée d’un « demi, ou d’un tiers de millième de seconde, et ainsi (c de meme pour tous les autres nombres qu’on pourrait « trouveix »

Or, en multipliant autant que possible les rais de la roue, et ayant recours aux plus grandes vitesses, jamais la roue tournante, présentée aux écltrirs des deux premières classes dans les temps d’orage, n’a paru une surface continue; scs rais se voyaient aussi distinctement que si la roue était en repos. On peut donc dire, sans craindre d’étre en deçà de la vérité, que les éclairs des deux premières classes n’ont pas une durée égale à la millième partie d’üne seconde de temps.

§ IV. Des nuages orageux qui sont constamment

lumineux.

i6o5. Jusqu’ici il n’a été question que d’éelairs ou d’effets 1 umineux ayant une durée excessivement petite, ou seulement de quelques secondes. Nous allons voir maintenant qu’îl peut exister des nuages orageux qui sont lumineux d’une manière continue.

Dans un mémoire de Rozier, on trouve le fait suivant : Le i5 août 1781, après le coucher du soleil, le ciel à Béziers se couvrit de nuages; à sept heures trois quarts le tonnerre commença à se faire entendre. A huit heures cinq minutes il était complètement nuit, et

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