CHAPITRE IV
une grande partie de son étendue et de sa violence. Elle chemina plus lentement encore dans une plaine à la suite; puis, à jooo mètres de là, près d’un bouquet d’arbres, elle se partagea en deux portions, l’une s’élevant en nuages, et l’autre s’éteignant sur la terre.
« Tous les arbres frappés par la trombe présentent les mêmes caractères : toute leur sève a été vaporisée. Le ligneux est desséché comme si on l’avait tenu pendant quarante-huit heures dans un four chauffé à i 5o®. Cette quantité immense de vapeur, formée Instantanément , n’a pu s’échapper qu’en brisant l’arbre, en se faisant jour de toutes parts; et comme les fibres ligneuses sont moins cohérentes dans le sens longitudinal que dans le sens horizontal, ces arbres ont tous été clivés en lattes dans une portion du tronc.
« Quinze cents pieds d’arbres, ajoute M. Peltier, ont évidemment servi de conducteurs à des masses d’électricité, à des foudres continuelles, incessantes. La température, fortement élevée par cet écoulement du fluide électrique, a vaporisé instantanément toute l’humidité de ces conducteurs végétaux , et cette vaporisation les a fait éclatei* tous longitudinalement; l’arbre ainsi desséché et ainsi clivé, devenu un mauvais conducteur, ne pouvait plus servir à l’écouleinent ; et comme il avait perdu toute la force de cohésion , la tourmente qui accompagnait la trombe le cassait au lieu de l’arracher.
«En suivant la marche de ce phénomène, continue M. Peltier, on voit la transformation d’un orage ordinaire en trombe; on voit deux orages en présence, fun supérieur, l’autre inférieur, se présentant par leurs nuages chargés de la même électricité, le premier repoussant l’autre vers la terre, les nuages en tête du second s’abaissant et communiquant au sol par des tourbillons de poussière et par les arbres. Cette communication une fois établie , le bruit du tonnerre cesse aussitôt. Les décharges ont lieu par un conducteur formé des nuages abaissés et des arbres de la plaine. Ces derniers traversés par l’électricité ont leur température tellement élevée ,
EXPLICATION DES TROMBES
(ju’eii un instant toute leur sève est réduite en vapeur, dont la tension produit entre leurs couches ligneuses le clivage mentionné. Enfin , on a vu des flammes , des boules de feu, des étincelles, accompagner ce météore. Une odeur de soufre est restée dans les maisons plusieurs jours; des rideaux ont été roussis. »
Le docteur Uare a rendu compte, dans \ AmériccuL Journal (avril iSS^), d’une trombe qui a éclaté en juin i836, à sept milles et demi environ de INew-Brunswick, et dont la vitesse était de 2 5 à 3o milles à l’heure. Cette trombe avait aussi l’apparence d’un cône renversé, dont la base était dans les nuages, et le sommet sur la terre. Elle renversa ou emporta tous les objets qui se trouvaient dans l’espace de 100 à 200 mètres qu’elle occupait.
Le tonnerre et les éclairs l’accompagnaient.
Dans quatre lieux différents , tous les arbres étaient couchés , ayant leurs extrémités supérieures dirigées vers un centre commun. Une maison qui se trouvait à l’un de ces centres a été dépouillée de son toit , et toutes les vitres ont été brisées , la plupart des morceaux de verre étant lancés au dehors.
La hauteur apparente de la trombe était d’environ un mille.
Le feuillage des petits arbres paraissait flétri.
Tous les faits ont concouru à démontrer l’existence d’un mouvement convergeant de toutes les directions vers le centre de la trombe, en même temps que celle d’un mouvement de bas en haut.
§ IL Explication des trombes,
1628. Les trombes se présentent à nous sous tant de formes diverses, leurs effets sont tellement variés, qu’il n’est pas étonnant qu’il y ait eu autant de théories que d’observateurs. Des effets apparents ont été pris pour des causes productrices par les uns; d’autres leur ont donné pour origine les vents contraires qui les accompagnent. Quelques-uns, ayant remarqué ({ue l’eau était aspiiéc,