CHAPITRE IV
8® Si Faction par influence a lieu entre des nuages charges d’électricité contraire^ placés à une certaine distance, une portion de leurs vapeurs vésiculaires reprend Fétat de vapeurs ordinaires. Cette nouvelle évaporation abaisse la température des parties voisines, laquelle peut descendre jusqu’au-dessous de zéro. Alors la vapeur d’eau cristallise en flocons neigeux qui agissent aussitôt après leur formation comme des corps légers. La portion ainsi transformée en neige , et qui est chargée de l’électricité du nuage inférieur , est attirée par le nuage supérieur : alors il y a neutralisation d’électricité , abaissement de température , et ainsi de suite.
9® Enfin la tension électrique du nuage supérieur facilite l’évaporation du diquicle qui mouille le globule neigeux ou celui déjà recouvert de glace,
iM.Peltier essaye ensuite de montrer, en s’appuyant sur les mêmes principes, comment la grêle peut se former, et quelles sont les principales circonstances qui accompagnent la production de ce phénomène; mais, comme je ne m’occupe ici que des trombes, je n’entre dans aucun détail à cet égard. Je dirai seulement que les bases de cette théorie sont celles de Volta, comme le reconnaît M. Peltier , qui n’a fait que compléter la manière de voir de ce grand physicien. Je continue à rapporter les conséquences qu’il a tirées de ses expériences pour interpréter les trombes.
Les nuages électrisés exerçant une action par influence sur le sol, provoquent naturellement une attraction entre eux. Les nuages obéissent alors à cette action et s’approchent de la terre d’une quantité dépendante du pouvoir attractif et de leur pesanteur spécifique.
Lorsque la tension des nuages et leur densité, peu différente de celle des couches d’air inférieures, ou bien encore lorsque des nuages supérieurs, ayant la même électricité, viennent agir sur les premiers par répulsion , les nuages placés au-dessous et qui sont repoussés, peuvent approcher de la terre suffisamment pour s’y^ dé-
EXPLICATION LES TROMBES
charger sans explosion, par riritermëdlaire d’autres nuages qui touchent le sol et servent de conducteurs.
Il arrive souvent que tous les corps placés à la surface de la terre, sous ces nuages, qui, dans le cas actuel, ont la forme d’un cône renversé, servent de conducteurs , selon leur conductibilité, leur forme, leur étendue, leur contact avec le sol. Les corps légers ou de peu de volume, chargés d’électricité contraire, sont attirés et soulevés vers la trombe; quand leur électricité est neutralisée, ils retombent sur la terre pour se charger d’une nouvelle quantité d’électricité, puis remontent, et ainsi de suite. C’est ainsi que se forme au-dessous du cône un immense nuage de poussière. Si les corps sont attachés à la terre, comme les arbres, etc., ils se chargent instantanément d’une immense quantité d’électricité. La terre, qui est contiguë, partage cet état électrique; elle cède à l’action attractive de la trombe, les arbres sont arrachés et transportés au loin. C’est de cette manière que sont arrachés les corps qui sont en quelque sorte scellés dans la terre, tandis que les corps voisins n’éprouvent aucun dommage. Tous les effets varient, bien entendu, suivant la conductibilité de ces corps et celle des diverses parties du terrain. Quand ces derniers, qui sont à la surface de la terre, sont conducteurs, ils éprouvent des effets d’électricité dynamique.
Si la faible densité des nuages s’oppose à un abaissement suffisant pour produire un écoulement continu d’électricité, alors des décharges h distance ont lieu, l’éclair sillonne les nuages et la foudre se fait entendre. La tension électrique diminue successivement, la pluie survient et le nuage se relève. Le tonnerre cesse de se faire entendre dès l’instant qu’une conductibilité suffisante est établie entre le sol et les nuages.
D’après la tliéorie que je viens d’exposer et qui me parait reposer sur des bases assez rationnelles, une trombe est un conducteur imparfait entre des nuages orageux et la terre, lequel conducteur produit des effets de courant et des effets de tension.
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M. Peltier a cherche ensuite à expliquer le bruit qui accompagne quelquefois l’apparition des trombes, en l’attribuant à une multitude de petites décharges partielles dont nous ne nous rendons pas bien compte. Ces bruits doivent varier , suivant lui , avec la conductibilité des substances. Ils sont plus forts à l’extrémité des trombes qui traversent les campagnes à cause des poussières, des terres meubles qui terminent inférieurement le conducteur. Ils perdent de leur intensité audessus de la mer , en raison de la meilleure conductibilité des particules aqueuses et de leur égale distribution.
En s’appuyant sur la marche de l’air dans les diverses actions attractives et répulsives auxquelles elle est soumise, et en ayant égard à la rencontre de courants contraires et d’inégale force, d’obstacles divers, il cherche à expliquer comment le mouvement direct imprimé à l’air se chaiîge en un mouvement giratoire plus ou moins prononcé. Il en résulte que le meme météore peut offrir, à divers instants, des exemples de mouvements directs, plus ou moins altérés, et enfin giratoires.
Les actions électriques par influence sur l’eau produisent des effets dont nous avons parlé précédemment et qu’on retrouve dans la nature. Si le corps est régulier, ou s’il agit à une distance telle que la décharge électrique ne puisse s’effectuer suffisamment, il en résulte une attraction du liquide qui se trouve alors dans un état électrique contraire. L’eau s’élève en boutons coniques, et s’abaisse aussitôt que la décharge s’est effectuée. Si au contraire le corps électrisé est couvert de pointes ou d’aspérités favoi’ables au rayonnement électrique, et si alors l’eau reçoit une quantité considérable d’électricité, il s’établit alors dans l’eau un phéziomène analogue à celui de l’air : les couches supérieures recevant plus d’électricité qu’elles n’en peuvent écouler, sont repoussées par le corps ou le nuage électrique, et se refoulent ellesmêmes les unes les autres. Il se fait alors une dépression au-dessous, qui est bientôt remplacée par les couches infé-
EXPLICATION DES TROMBES
1^8 rnuiuiijis.
rieures. 11 en résulté des courants directs qui se changent bientôt en un mouvement giratoire, comme ceux que l’expérience indique dans les vapeurs ou dans l’air.
M. Peltier part du même principe pour expliquer l’évaporation successive de l’eau des mares, et même de la masse d’eau entière, quand les tensions électriques sont suffisantes. Dans ce cas , ces masses d’eau sont enlevées comme les arbres , les tuiles , etc.
L’écoulement d’une certaine quantité d’électricité à travers un liquide, quand il se fait sans choc, ne paraît pas affecter les animaux qui y vivent, a moins que cet écoulement n’élève considérablement la température; tnais si au lieu d’un simple écoulement, il s’opère une décharge d’une intensité suffisante, la plupart des poissons sont fouilroyés, soit par un effet direct, soit par un. effet de choc en retour. Aussi remarque-t-on quelquefois que lorsque les poissons d’un étang ont été tués, il y a eu une décharge électrique a distance..
Les effets mécaniques de l’électricité se montrent aussi bien dans ces météores que les effets statiques; si les corps fixés au sol sont armés de pointes ou de tout autre conducteur, ils rayonnent vers le nuage une électricité contraire. Cette dernière est plus ou moins abondante, selon la conductibilité du corps et son contact avec un corps humide; selon les circonstances, il peut en résulter un courant suffisant pour élever la température des portions les plus résistantes. S’il s’agit de plantes humides, l’élévation de température peut vaporiser toute la sève. Cet effet se retrouve dans les relations détaillées des trombes, oii il est dit que les feuilles des plantes ont été desséchées, crispées et grillées sur les bords.
Mais lorsque les nuages sont assez abaissés pour fournir une grande quantité d’électricité, ils se mettent en communication avec les arbi es quiservent à l’écoulement de l’électricité. Leur température s’élève suffisamment pour vaporiser à la fois toute la sève. Quand la force répulsive de l’électricité est plus grande que la résistance des tissus, l’arbre est clivé dans les endroits qui offrent