CHAPITRE Y
assez considérable pour qu’il fût accompagné d’une traînée lumineuse.
Au globe de soufre on a substitué un manchon de verre, et à ce dernier une glace circulaire, traversée par un axe horizontal, que l’on fait tourner au moyen d’une manivelle. La main a été remplacée par deux coussins de peau, entre lesquels tourne la glace, et l’électricité dégagée sur le verre a été recueillie par des conducteurs métalliques convenablement isolés.
Les coussins doivent s’appliquer le plus exactement possible sur le plateau et le presser légèrement ; on remplit ces deux conditions en les rembourrant avec du crin et les appliquant sur des ressorts, qui font effort pour les maintenir avec pression sur la glace. Cette disposition ne suffit pas pour avoir un dégagement d’électricité considérable, il est nécessaire encore d’enduire la surface des frottoirs d’une composition métallique qui provoque la puissance électrique.
Pendant le frottement, le verre prend l’électricité positive et les coussins l’électricité négative : celle-ci, si elle n’était pas enlevée à chaque instant, se répandrait sur le verre , ou elle neutraliserait en partie l’électricité qu’il possède : on évite cet inconvénient en mettant les coussins en communication avec la terre.
Une condition essentielle à remplir dans la construction des machines électriques, est que les portions du verre, qui ont éprouvé l’effet du frottement, arrivent devant les conducteurs sans avoir perdu , par leur contact avec l’air, une quantité sensible de leur électricité. On y parvient en attachant aux coussins des morceaux de taffetas gommé qui, enveloppant une partie du plateau, empêchent qu’il ne perde son électricité jusqu’à son arrivée au premier conducteur. On est dans l’usage d’adapter à la machine autant de conducteurs qu’il y a de frottoirs, pour éviter que le verre n’entre sous un frottoir avant d’être déchargé.
On doit apporter le plus grand soin à l’isolement des conducteurs. On leur donne ordinairement pour siip-