CHAPITRE V
échapper de l’électricité négative dont s’empare le frottoir. Nul doute que ces effets n’aient lieu dans la machine électrique : sont-ils les seuls qui concourent à la production de l’électricité? Nous n’osons l’affirmer.
Je ferai remarquer que lorsqu’on aura des moyens plus précis que ceux que nous possédons pour constater les plus faibles changements chimiques, on rapportera probablement à des réactions chimiques un grand nombre d’effets électriques de frottement.
Quelles que soient les causes déterminantes du dégagement de l’électricité par friction, l’intensité de l’électricité dégagée dans une machine quelconque a toujours une limite qui ne saurait être dépassée. Supposons que le plateau, après avoir été frotté entre les coussins, ait communiqué aux corps environnants l’électricité qu’il a acquise, le plateau ira se charger de nouveau et continuera à transmettre aux conducteurs de l’électricité positive, jusqu’à ce que la tension de celle-ci soit la même et sur le verre et sur les conducteurs; quand on aura atteint ce terme, il sera impossible de leur donner plus d’électricité, ils reprendront seulement au plateau la quantité qu’ils auront perdue à chaque instant dans l’air.
§ 111. Des machines éiectro- magnétiques .
1 27. Nous avons vu que M. Faraday avait découvert que les aimants naturels ou artificiels jouissaient de la propriété de produire des courants par influence, ou, pour nous servir de ses expressions, par induction, dans un fd de métal, situé à une distance convenable. Il a fait voir aussi que l’on pouvait obtenir, dans les mêmes circonstances, une étincelle électrique.
Après cette découverte importante, plusieurs physiciens ont cherché à disposer un appareil pour obtenir une suite continue d’étincelles avec un aimant. Parmi les machines électriques construites sur ce principe, je citerai particulièrement celle de M. Pixii fils,
2C>6 des machines électro-magnétiques.
qui a eu l’idée de faire changer continuellement de place à l’aimant par rapport à l’étrier fixe, au moyen d’un mouvement très- doux à produire. Voici la description de cette machine :
Les deux pièces principales (fig. 5o ) sont un aimant en acier trempé et un étrier en fer à cheval (fer doux), sur chacune des branches duquel est enroulé un til de cuivre recouvert de soie. La partie inférieure de l’aimant, qui est coudée, est fixée à un axe vertical, auquel on imprime un mouvement de rotation. L’étrier est fixe ; la partie supérieure est coudée , et ses branches verticales viennent affleurer celles de l’aimant, sans néanmoins les toucher. On fait tourner l’aimant, au moyen d’une manivelle et d’une roue d'angle verticale qui engrène un pignon horizontal de même axe que l’aimant, lequel axe est au-dessous du coude de cet aimant. Le tout est monté sur un châssis en bois.
L’un des bouts du fil de cuivre enroulé sur l’étrier plonge dans une capsule contenant du mercure, posée sur la traverse supérieure du châssis; et l’autre bout est placé très-près de la surface du mercure. Lorsqu’on fait tourner la roue d’angle, le choc des dents de cette roue contre celles du pignon fait varier le châssis, et ce petit mouvement se communiquant à la surface du mercure, le bout du fil de cuivre voisin de cette surface est alternativement dans l’air et dans le mercure ; et lorsqu il sort du flot de mercure, on aperçoit, à son extrémité, l’étincelle électrique. L’aimant tournant rapidement sur son axe, les étincelles se succèdent sans interruption.
A chaque demi-révolution de l’aiinant, les deux bouts polaires nord et sud de cet aimant sont en conjonction avec ceux de l’étrier aimanté par influence ; c’est pourquoi deux étincelles successives sont dues à des électricités contraires. Je donnerai ici les dimensions des principales pièces de la machine électro-magnétique qui a été construite par M. Pixii. L’aimant, en acier trempé, du poids de deux kilogrammes, en porte 12 ; sa section
transversale est un rectangle dont les cotés ont jo et