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CHAPITRE V

L’électricité négative, en s’écoulant par des pointes, ne donne jamais des aigrettes aussi brillantes, aussi divergentes et aussi alongées que l’électricité positive. Elle se montre sous la forme d’un trait de feu, qui se divise à une certaine distance en rayons étincelants.

Le fluide électrique n’est retenu à la surface des corps que par la pression de l’air, mais si on lui fait traverser un tube, dans lequel on a fait le vide, il se dissipe, et toute la capacité intérieure se trouve alors remplie d’une lumière plus ou moins vive.

i3o. Les couleurs de la lumière électrique varient suivant la nature des corps, la force de l’étincelle et la pression des gaz quelle traverse. En général, les étincelles sont d’autant plus brillantes que les substances entre lesquelles elles éclatent conduisent mieux l’électricité. Le bois et d’autres corps mauvais conducteurs ne produisent qu’un courant faible et d’une couleur rouge. L’expérience suivante, qui est rapportée par Singer (i), mérite d’être signalée.

Soit un morceau de bois de sapin, peu résistant, d’environ trois pouces de long et d’un pouee et demi dans ses autres dimensions; on enfonce obliquement à sa surface dans le sens des fibres du bois et à une profondeur d’à peu près un huitième de pouce deux pointes en fer un peu longues, placées à une distance d’environ un pouce et demi l’une de l’autre. Si l’on fait passer une forte étincelle à travers le bois, pour* se porter d’une pointe à l’autre, la lumière qui en résulte prend des couleurs différentes , suivant qu’elle traverse une portion de bois plus ou moins profonde. En enfonçant une pointe plus que l’autre, afin que l’étincelle passe obliquement, on peut apercevoir toutes les couleurs du prisme à la fois. Cette expérience fait spectacle.

Cette modification dans les teintes de la lumière électrique se retrouve quand certains corps brûlent, selon

1) Éléments de l’Électricité, traduction française, p. 104.

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