‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétismeChapitre 143 sur 362 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

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recouverte sur chaque face d’une lame d’étain, et ab9 db deux petits pendules en communication avec les lames ; l’une des faces est mise en communication avec le sol, l’autre avec mie machine électrique qui fonctionne, et l’appareil est abandonné ensuite à lui-même. Aussitôt après, sur la première, le pendule qui était au repos s’élève graduellement, tandis que sur l’autre il s’ahaisse peu à peu. Ils arrivent bientôt à un écart qui est sensiblement le même, et tous deux descendent ensuite très-lentement, delà même quantité. Ces effets sont faciles à expliquer.

i Sq. Quand l’un des disques est seul électrisé, et que l’autre est à l’état naturel et communique avec le sol, il se produit des effets que nous pouvons expliquer en nous reportant au principe exposé dans le chapitre îv.

Supposons que Ton ait donné à la face A un excès d’électricité positive; cette électricité décomposera l’électricité naturelle de B, attirera son électricité négative et repoussera la positive dans le sol, laquelle agira aussi de la même manière sur l’électricité qui l’avoisine, et ainsi de suite; il en résultera- donc de l’électricité négative dissimulée en c c, qui sera toujours moindre en quantité que l’électricité positive du disque À. Il suit de là que, lorsqu’on enlèvera la chaîne a ci\ la face A, dans les premiers instants, donnera, comme nous l’avons vu précédemment, de l’électricité au plan d’épreuve ; mais l’air ne tardant pas à lui enlever cet excès d’électricité, ce sera ensuite au tour de la face B à avoir un excès d’électricité libre, et successivement, jusqu’à ce que l’état électrique des deux faces soit sensiblement le même. En faisant communiquer l’une d’elles avec une source d’électricité, on peut accumuler sur l’autre une certaine quantité d’électricité dont la tension est un peu moindre que celle de l’autre : c’est en raison de cette propriété qu’on a donné à cet appareil le nom de condensateur. Le condensateur est ordinairement composé de deux disques de métal , séparés par un disque isolant.

Quand le disque isolant est en verre, il faut, à cause de son épaisseur, donner à l’un des plateaux un exces

DU CONDENSATEUR

assez fort d’électricité, pour que l’autre puisse se charger. On se sert peu de ce condensateur, à cause de l’humidité dont se recouvre le verre, qui devient alors conducteur.

Le condensateur à taffetas gommé est employé quand il s’agit de recueillir de l’électricité dont la tension n’est pas très - énergique ; il est formé de deux pièces, d’un plateau en bois recouvert de taffetas gommé , et d’un plateau' métallique qui est muni d’un manche isolant, sur lequel on le pose. Ce dernier communique, au moyen d’une chaîne métalliaue, avec la source d’où émane l’électr icité, laquelle agit par influence sur l’électricité naturelle du bois qui communique avec la terre. En enlevant le disque, on le trouve chargé d’une électricité assez intense, de même nature que celle de la source. Le taffetas gommé étant beaucoup plus mince, rend plus facile le jeu des forces électriques par influence.

En général , l’effet est d’autant plus marqué que le corps isolant intermédiaire est plus mince; c’est d’après ce principe que Yolta a conçu l’idée d’un condensateur propre à recueillir de très-faibles quantités d’électricité. L’appareil qu’il a construit a cet effet se compose d’un électroscope à lames d’or, et de deux plateaux métalliques bien dressés autour, et recouverts sur leur surface de contact de plusieurs couches de vernis à la gomme laque. Le plateau inférieur est vissé sur l’électroscope, et le plateau supérieur est muni d’un manche isolant de verre. Les couches de vernis remplacent le plateau de verre et le taffetas gommé; mais comme ces couches sont excessivement minces, et que les plateaux métalliques joignent aussi bien que possible, il en résulte que leur force condensante est considérable. Le plateau inférieur est appelé collecteur, parce qu’il sert à rassembler l’électricité. Il faut avoir l’attention d’enlever le plateau supérieur perpendiculairement et sans produire de frottement. Souvent aussi , une petite quantité d’électricité pénètre dans les couches de vernis, et ne s’en dégagent que difficilement : on place alors entre les deux disques une feuille très-mince d’étain , soit pour l’enlever , soit pour

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