‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétismeChapitre 156 sur 362 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

motion de la pile, en traitant de ses effets physiologiques.

Arrêtons-nous un instant sur les relations qui existent entre l’énergie de la commotion et la tension de la pile , parce qu’elles peuvent jeter quelque lumière sur la véritable théorie de la pile. Vol ta a montré le premier que la commotion augmente lorsque l’on monte la pile avec de l’eau salée, sans que les indications de lelectroscope éprouvent un nouvel accroissement. Ayant mis en action un appareil à couronne de tasses , il ajouta successivement, dans chaque vase, une petite quantité de sel; chaque fois l’énergie de la commotion fut augmentée sans que l’effet électroscopique fût changé ; la tension électrique resta donc toujours constante. Singer a fait plusieurs expériences à ce sujet, en employant des appareils depuis 100 jusqu’à 1000 couples. Ayant monté une pile de 100 couples avec de l’eau, il observa la tension avec l’électroscope, et eut un choc à peine sensible; en substituant à l’eau de l’acide hydro-chlorique très-étendu , la commotion devint plus forte et la tension diminua sensiblement; enfin, il a constamment trouvé que les effets électriques, c’est-à-dire la tension, étaient d’autant plus forts que l’action chimique était moindre, et qu’en employant de l’eau commune, ces effets étaient les plus forts possible. Il a obtenu encore une augmentation d’effets en combinant une batterie électrique avec une pile ainsi chargée. Ayant mis en communication les deux pôles d’une pile chargée avec de l’eau pure, au moyen de fils métalliques, l’un avec la surface interne, et l’autre avec la surface externe d’une batterie électrique d’environ douze pieds carrés de surface armée, celle-ci se chargea si promptement que l’on pouvait en tirer des étincelles qui se succédaient rapidement (1), tandis qu’en établissant directe-

(1) Éléments d’électricité et de magnétisme, trad. française, p. 36/h

^4o DE LA FORCE DE LA PILE.

ment la communication entre les deux extrémités de la pile, on n’apercevait qu’une très-faible étincelle. Lorsqu’il employait une pile de trois ou quatre cents couples, les étincelles, à l’aide de la batterie, étaient assez fortes pour faire rougir le bout des fils de fer qui servaient de conducteurs. Avec une pile de mille couples , les étincelles étaient accompagnées d’une petite détonation , et avaient assez d’intensité pour produire des phénomènes de combustion. Yolta a trouvé, comme nous l’avons dit, que l’action de la pile sur l’électroscope augmentait proportionnellement au nombre des couples. Rittcr a cherché si la commotion croissait dans le même rapport; il a trouvé que lorsque l’appareil est chargé avec de l’eau, l’énergie de la commotion augmente avec le nombre des couples, tant qu’ils ne sont pas au-delà de cinq à six cents, mais qu’elle décroît ensuite si l’on en augmente le nombre. Avec de l’eau salée, l’effet croît toujours, à mesure que le nombre des couples devient plus grand.

j 49. M. Biot a mesuré avec exactitude la tension de l’électricité aux pôles, quand on varie la nature du liquide. 11 a commencé par disposer un appareil qui permettait de rendre les communications aussi parfaites que possible entre les plateaux du condensateur et les pôles , attendu que le moindre obstacle suffit pour ralentir considérablement la propagation de l’électricité. Le mode de communication qu’il a adopté remplit toutes les conditions voulues (1). La figure 61 indique le dispositif de l’appareil. On pose sur le sommet de la pile un petit vase de fer, rempli de mercure, et dont toutes les parties sont bien nettoyées. La communication entre le condensateur et le sommet de la pile est établie au moyen d’une tige en fer, dont l’un des bouts plonge dans le mercure, et l’autre est fixé sur le plateau supé-

(1) Précis élémentaire physique et expérimental, t. 1e1, 2e étl., p. 633.

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