‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétismeChapitre 157 sur 362 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

rieur du condensateur; enfin, il a fait usage du plan d’épreuve et de la balance de Coulomb, comme à l’ordinaire.

M. Biot a d’abord cherché les charges que donnent des piles d’un même nombre de couples, montées avec des conducteurs humides de diverses natures, et dont lïin des pôles communique avec le sol; il a trouvé que l’eau et les acides affaiblis, ainsi que la plupart des dissolutions salines, donnent sensiblement les mêmes quantités d’électricité libre par un contact presque instantané, et que l’on peut accroître ou diminuer beaucoup l’étendue de leur surface sans changer sensiblement leur charge. Il a trouvé néanmoins des liquides qui donnaient des charges inégales.

Quand la pile est isolée, les signes électroscopiques aux. deux, pôles sont très-faibles, et les condensateurs même les plus forts ne s’y chargent pas sensiblement.

Nous ne pouvons en dire davantage dans ce moment sur les relations qui existent entre le nombre des éléments d’une pile, la nature du liquide interposé, la tension et la force de la commotion ; nous y reviendrons plus tard, quand nous posséderons les documents nécessaires pour traiter à fond cette question.

§ VI. De 1 électricité de tension de la pile considérée sous le rapport électro-chimique.

T 5o. Si l’hypothèse d’oii Yolta est parti pour expliquer les phénomènes de la pile était exacte, le problème de la distribution de l’électricité serait facile à résoudre (ï); mais cette hypothèse, qui a déjà perdu beaucoup de sa valeur dans l’état actuel de la science , ne saurait être admise, à l’exclusion du principe électro-chimique, c’està-dire de 1 électricité qui se dégage dans l’action chimique en général. L’existence de ce principe est tellement bien

(i) § III de ce Chapitre.

24^ DE l’ÉLEC. DE TENSION DE LA PILE, ETC.

constatée aujourd’hui , que l’on ne peut élever le moindre doute sur son exactitude, il est donc nécessaire de le prendre en considération dans la théorie de la pile.

On savait depuis long -temps qu’une pile, chargée avec une dissolution saline, ne fonctionne pas dans un milieu privé d’oxigène (i). Cette observation indiquait déjà que l’action chimique était une des causes déterminantes du dégagement de l’électricité dans la pile.

Peu de temps après, Aldini consignait, dans son Essai sur le galvanisme (2), le passage suivant, en comparant les phénomènes électriques à ceux du galvanisme: « II semble que les uns dépendent , en général , de l’action de causes purement physiques, tandis que, pour exciter les autres, il a fallu jusqu’à présent employer le pouvoir des agents chimiques. En effet, comme par de petites variations faites à la surface du corps, ou par la différente manière dont ils sont excités au moyen de forces purement mécaniques, l’on change le genre d’électricité qui leur est propre; ainsi, par une altération chimique, on change aisément les pôles du galvanisme.» Ii rapporte ensuite avoir vu chez Davy ce changement opéré au moyen d’une dissolution de sulfure de potasse versée dans un appareil composé de cuivre et de fer. Le cuivre étant plus attaqué que le fer, devenait l’élément positif.

Il est donc prouvé par là que, peu de temps après la découverte de la pile, on avait observé que l’action chimique du liquide sur chaque métal modifie tellement les effets de tension, que l’on pouvait renverser les pôles à volonté, en changeant convenablement le liquide. O11 attribuait alors cette inversion des pôles à l’action électro-motrice exercée par le zinc ou le cuivre sur le produit formé qui adhérait à l’une des deux' surfaces ; mais comme on obtenait le meme résultat quand la combinaison se dissolvait aussitôt qu’elle était formée, on

(1) Vol. Ier.

(2) Vol. Ier, p. 77,

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