PROPRIÉTÉS GÉNÉRALES DES AIMANTS
Des attractions et répulsions magnétiques , et clés pôles
magnétiques .
i 56. Jusqu’ici nous nous sommes occupés des propriétés attractives et répulsives qu’acquièrent passagèrement les molécules des corps, quand elles sont dérangées de leur position' naturelle d’équilibre par la chaleur, le frottement , la pression , l’action chimique et d’autres causes; nous allons exposer actuellement d’autres propriétés également attractives et répulsives, mais qui sont particulières à certains corps et différentes des précédentes, quoique ayant des rapports communs et pouvant dépendre du même principe.
Toutes ces propriétés sont de la plus haute importance pour la philosophie naturelle, en ce qu’elles peuvent servir à jeter quelque jour sur la nature des ato • mes et celle de la matière éthérée qui les entoure ; aussi doivent- elles faire l’objet des recherches spéciales de quiconque veut lier ensemble la physique et la chimie.
Un morceau de fer qui reste exposé, pendant un certain temps , aux influences atmosphériques , ou qui séjourne long-temps dans la terre, acquiert peu à peu la II. 17
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propriété d’attirer la limaille de fer, et même de soulever des morceaux assez pesants de ce métal : certains minerais de fer la possèdent également. On appelle ces corps aimants , et l’ensemble de leurs propriétés magnétique, dérivé de {/.ayvviç, nom sous lequel les anciens connaissaient les minerais de fer doués du pouvoir attractif.
Voici le moyen le plus simple d’étudier les effets de cette attraction :
Lorsque l’on roule dans de la limaille de fer un barreau de fer aimanté, qui a la forme d’un rectangle allongé, et qu’on le retire ensuite, on voit que les parcelles de limaille s’attachent à sa surface, mais non également sur toutes les parties ; c’est surtout à peu de distance des extrémités que l’effet est le plus sensible (fig. 62 ). La figure 61 bis indique la distribution des limailles sur un aimant naturel.
On remarque aux extrémités du barreau des filaments très-longs, qui sont dressés perpendiculairement à sa surface; en s’éloignant de ces points, ils deviennent plus courts et s’inclinent comme s’ils fuyaient les extrémités; enfin, dans la partie moyenne, il ne se dépose aucun filament. On peut encore étudier l’action que tous les points du barreau aimanté exercent sur le fer, en plaçant au-dessus une feuille de papier sur laquelle on projette de la limaille; si l’on frappe légèrement la feuille de papier, les parcelles de limaille se distribuent comme ci-dessus. Dans les deux cas, on reconnaît qu elles se portent plus rapidement dans certaines régions, près des extrémités, que dans d’autres. On a appelé pôles , les régions de l’aimant ou l’attraction est la plus forte ; mais on réserve particulièrement ce nom aux deux points par lesquels passent les résultantes des forces qui sont mises en action. Nous donnerons plus loin les moyens de déterminer leur position avec toute la précision désirable.
Un barreau aimanté, attirant à lui, par chacune de ses extrémités, les parcelles de fer qu’on lui présente, agira de la même manière sur une aiguille de fer doux, librement suspendue à un fil de soie qui a assez de