CHAPITRE II
les points d’application se trouvent de chaque coté du point de suspension de l’aiguille, à égale distance des extrémités, pourvu néanmoins que la distribution du magnétisme libre soit la même dans chacune des deux moitiés. Ces points d’application ne pourront être déterminés que lorsque nous connaîtrons cette distribution, puisque l’action qu’exerce le magnétisme terrestre sur l’aiguille est dépendante de la quantité de magnétisme libre qu’elle possède. Quoique ces points ne puissent être encore déterminés, on a cependant quelques données sur leur position relative. Les aiguilles ayant toujours la forme d’un cylindre, d’un losange très-alongé ou d’un solide, qui est symétrique par rapport à un axe longitudinal, il s’ensuit que l’aimantation étant régulière, la distribution du magnétisme est la même dans chaque moitié ; les points d’application des deux résultantes, qui ne sont autres que les pôles de l’aiguille, doivent donc se trouver sur la ligne qui les joint , à égale distance des extrémités. Cette ligne est appelée axe de V aimant. Nous avons supposé que la construction de d’aiguille était parfaitement symétrique par rapport à l’axe de figure, et que 1 aimantation était la même dans toute l’étendue de l’aiguille; mais cette condition est rarement remplie, ce qui fait que l’axe magnétique ne coïncide pas avec l’axe de figure, et, dans ce cas, il est impossible de prendre l’un pour l’autre. Pour éviter cette cause d’erreur, quand 011 opère avec la boussole de déclinaison ou celle d’inclinaison, il faut faire usage de la méthode du retournement et de celle du renversement des pôles.
La première consiste à observer d’abord la déclinaison avec l’aiguille, telle qu’elle se trouve placée dans la boussole ; puis à faire la même opération en retournant l’aiguille sans changer la position des pôles, de manière que la face supérieure devienne la face inférieure : la moyenne des deux résultats donne la valeur cherchée. En effet, le point de suspension restant le même, la trace du méridien terrestre du lieu où l’on observe continue à passer par ce point; déplus, en retournant l’ai-
l'jG J)E LA DETERM. DE LA RÉSÜLT. DES FORCES, ETC.
guille, la ligne des pôles reste parallèle à elle-même, puisque c’est une condition de l’équilibre de l’aiguille. La ligne moyenne entre ces deux lignes, qui passe par le centre de suspension , est précisément celle que l’on a intérêt de connaître, car l’angle cherché est celui que forme le méridien terrestre avec cette ligne dont on ne connaît point encore la direction, parce qu’on ignore ou sont les pôles. Or, si l’on trace sur le papier ces diverses lignes et les deux qui représentent les axes de figure dans les deux positions de l’aiguille, lesquels axes passent par le centre de suspension et font le même angle avec le méridien magnétique, on voit sur-le-champ que la déclinaison est égale à la demi-somme des angles que les deux axes font avec le méridien terrestre. La position de l’axe de figure étant connue, ainsi que celle du méridien terrestre, 011 voit que la méthode de retournement donne immédiatement la déclinaison, sans qu’il soit nécessaire de déterminer préalablement la position de l’axe magnétique.
On emploie aussi la méthode du retournement dans les observations relatives à l’aiguille d’inclinaison , afin de corriger les erreurs qui proviennent d’une aimantation irrégulière et d’un déplacement dans le centre de gravité. Quant à la méthode du renversement des pôles, elle est nécessaire pour éviter les erreurs qui dépendraient du défaut d’homogénéité dans toutes les parties de l’aiguille.
169. Passons maintenant à la détermination de l’intensité de la résultante des forces magnétiques terrestres. On peut supposer que chacune des résultantes partielles que l’on a indiquées soit décomposée en deux autres, l’une dans le sens de l’aiguille de déclinaison, et l’autre perpendiculaire à sa direction. Les deux forces perpendiculaires n’impriment aucun mouvement à cette aiguille, puisqu’elle ne peut se mouvoir que dans un plan horizontal; les deux autres, agissant dans la direction de l’aiguille, en sens contraire, la ramènent continuellement dans le plan du méridien magnétique lorsqu’on l’en écarte