CHAPITRE Y. 3c
verticale II R de bois , de 3 ou 4 millimètres d’épaisseur , de manière que lune des extrémités de l’aiguille, l’extrémité A par exemple, vienne s’y appliquer lorsque le fil est sans torsion ; de l’autre côté de la règle on fait descendre verticalement, dans une rainure faite sur la surface, un second fil d’acier semblable au premier et aimanté de meme , de sorte que le pôle A' corresponde au pôle A.
L’aiguille mobile est d’abord chassée, mais on la ramène au contact avec la surface de la règle en tordant convenablement le fil de suspension. Voici ce qui se passe : les deux fils se croisant à angle droit , tous les points qui se trouvent à une certaine distance du point de croisement ne contribuent que très-peu à la répulsion , en raison de l’obliquité de leur direction : il en résulte que les quantités de magnétisme qui concourent à cette répulsion sont celles qui se trouvent de part et d’autre du point de croisement sur les deux aiguilles, jusqu’à une distance de L\ ou 5 millimètres; mais le point qui est au croisement est celui qui agit avec le plus d’efficacité. Si donc l’on présente successivement tous les points du fil vertical aux memes points du fil ab , dont l’action reste constante, les forces de torsion, qu’il -est nécessaire d’employer pour maintenir l’aiguille dans le méridien magnétique , serviront à mesurer d’une manière rapprochée l’intensité du magnétisme libre du point du fil vertical qui se trouve au croisement. C’est par ce moyen que Coulomb est parvenu à reconnaître que le magnétisme libre est réuni presque en entier sur les huit premiers centimètres du fil , à partir des extrémités. Si l’on eut mis en présence les pôles de même nom, la mesure du magnétisme au point de croisement aurait été représentée par la force de torsion nécessaire pour faire sortir le fil mobile du méridien magnétique.
On est dans l’usage de» représenter géométriquement les quantités de magnétisme libre d’une aiguille par les ordonnées d’une courbe, dont les distances de chaque
3o8 DISTRIB, DU MAGNET. LIBRE DANS LES FILS, ETC.
point à l’une des extrémités sont les abscisses. On emploie aussi la méthode des oscillations pour trouver la distribution du magnétisme libre sur une aiguille; il faut remplacer alors le fi 1 de torsion par un fil de soie tel qu’il sort du cocon , et le fil d’acier aimanté mobile par une petite aiguille de boussole (fig. qo); dès l’instant que l’on dérange celle-ci de sa position naturelle d’équilibre , elle y revient par les actions combinées de la terre et du fil vertical. La première, comme on sait, est proportionnelle au carré du nombre d’oscillations qu’elle exécute dans un temps donné, dans une minute par exemple, lorsqu’elle est soumise à l’action seule de la terre ; si l’on cherche ensuite le nombre d’oscillations qu’elle fait dans le même temps lorsqu’elle est en présence de l’aiguille, on aura la mesure de l’action exercée par ce fil, en retranchant le résultat précédent du carré du nombre d’oscillations trouvé en dernier lieu ; la différence servira de mesure a la quantité de magnétisme libre du point du fil qui se trouve à la hauteur de l’aiguille mobile, parce que ce point agit plus directement dans le plan horizontal que les autres points qui sont situés au-dessus et au-dessous. Il est facile de voir, au surplus, que, dans chaque expérience, la partie du fil qui agit avec plus d’énergie exerce une force totale presque proportionnelle à celle du point le plus voisin, laquelle peut servir de mesure à la quantité de magnétisme libre qui s’y trouve. Cette méthode ne peut s’appliquer aux points extrêmes ou qui en sont à peu de distance, attendu qu’il n’existe pas au-delà de l’extrémité des points dont l’action devrait concourir à l’effet général : cela fait (pie l’action éprouvée par l’aiguille n’est pas la même que si le fil était prolongé. Pour parer à cet inconvénient, lorsque l’on fait osciller l’aiguille à l’extrémité du fil , il faut doubler le nombre qui représente le carré des oscillations, pour que le résultat soit comparable à ceux que l’aiguille donne quand elle oscille devant les autres points.
On emploie ordinairement des fils assez longs pour