CHAPITRE V
en conclure que les moments de la force directrice de différentes aiguilles d’acier n’ayant pas la même longueur, mais de même nature et de même grosseur, doivent différer entre eux d’une quantité proportionnelle aux décroissements des longueurs. M. Biot, en cherchant la relation qui existe entre les abscisses et les ordonnées de la courbe des intensités, a reconnu qu’elle constituait une logarithmique. Coulomb a déterminé par le calcul la position du centre d’action de l’aiguille, ou, ce qui revient au même, le centre de gravité de la courbe des densités magnétiques (r) d’une aiguille de 12 pouces de long, et pesant 38 grains le pied ; il a trouvé que la distance de ce point à l’extrémité la plus voisine était égale à o,36 pouces.
Dans une aiguille de 18 pouces de long, ayant à peu près 2 lignes de diamètre et pesant 865 grains le pied, cette distance a été trouvée égale à i,5i pouce. Les diamètres des deux fils étant entre eux :: les racines car-
rées des poids, ou commei/dÜS : 1/38, :: /j,8 : 1,00, les distances des centres de gravité sont :: i,5io:o,36, :: 4,2 : 1 ; il s’ensuivrait que ces distances seraient comme les diamètres des aiguilles.
Puisque dans les aimants dont la longueur surpasse 6 ou 8 pouces, la courbe des intensités est la même et ne fait que se transporter vers les extrémités, en laissant vers le milieu un espace plus ou moins grand où l’intensité est à peu près nulle, il en résulte que tous les aimants de même forme ont leurs pôles à la même distance des extrémités, puisque les pôles ne sont autres que les centres de gravité des courbes des intensités magnétiques. Coulomb a trouvé par le calcul que, dans des aimants très-courts, les pôles sont à peu près au tiers de la demi-longueur , et que cette valeur est une limite dont les pôles s’approchent à mesure que la longueur diminue.
(1) Mémoires de l’Acad. des scienc. , 1789, p. 47-
3l2 distrib. du magnét. libre dans les bils, etc.
Coulomb, qui avait remarqué que l’état, magnétique de la petite aiguille avait varié d’un essai à l’autre, lui en substitua une autre comme nous l’avons dit plus haut, dont la résistance magnétique était plus grande, et qui avait 6 lignes de longueur et 3 de diamètre.
La distance du centre de gravité de la courbe des densités à l’extrémité la plus voisine s’est trouvée être de 1,3 pouce au lieu de i,5 précédemment. Cet accroissement sensible indique que la densité des points placés proche le milieu de l’aiguille est un peu plus forte que celle qui est indiquée par la figure , ce qui provient de l’influence magnétique des points fortement aimantés du fil d’acier db' sur l’état magnétique de l’aiguille ab.
§ II. De la distribution du magnétisme libre dans les fils d'acier d'un très -petit diamètre .
190. Les fils d’acier d’un très-petit diamètre ne prenant qu’un faible degré de magnétisme, on est obligé de modifier l’une des méthodes précédentes pour découvrir la distribution du magnétisme libre sur leur longueur. Cette question présentant de l’intérêt en raison du grand nombre de corps qui sont peu magnétiques , je crois devoir la traiter ici avec des développements convenables.
Pour former des fils d’acier d’un très-petit diamètre, il faut employer un procédé à peu près semblable à celui dont Wollaston a fait usage pour se procurer des fils de platine très-fins. On prend un moule en terre de fondeur, divisé dans son épaisseur en deux parties qui se superposent parfaitement ; dans chacune de ces parties, on moule la moitié d’un cylindre, suivant l’axe duquel on place un fil d’acier d’un demi-mil ümètre ou d’un millimètre de diamètre. Le diamètre du cylindre creux dépend du rapport que l’on veut lui donner avec celui du fil. Si l’on place ensuite ce fil au . milieu d’une des parties moulées et qu’on la recouvre par l’autre, il se trouve dans la direction de l’axe. Alors, coulant de l’argent en fusion , par une ouverture conique pratiquée