CHAPITRE III
une tige b b , fixée elle-même, par sa partie supérieure, à une cloche en verre abe , et portant à l’extrémité opposée une masse de métal P. La bouteille ayant été électrisée intérieurement, on la place dans un autre vase rempli de glace , de manière que la tige RS soit en dehors : puis, après avoir retiré le bouchon, on fait chauffer fortement la masse P, que l’on replace dans la bouteille. La cloche abc , qui s’applique aussi bien que possible sur la bouteille, empêche que celle-ci ne se décharge. La masse P échauffe peu à peu l’intérieur de la bouteille sans changer sensiblement la température des parois extérieures, qui sont environnées de glace. Si on présente en même temps à un éiectroscope le bouton S, on n’y aperçoit aucun signe d’électricité libre , plus grand que celui qu’il manifestait avant; par conséquent , la chaleur n’a pas exalté Faction du fluide électrique de l’intérieur de la bouteille; car si elle l’eût fait, l’électricité de la surface extérieure aurait été décomposée, et la tige RS aurait communiqué à Félectroscope l’électricité repoussée.
Mais si Faction de la chaleur est nulle sur le fluide libre, pour exalter ses propriétés attractives ou répulsives, il n’en est pas de même de celle qu’elle exerce sur le fluide neutre , comme nous allons le voir.
Si l’on introduit un fd de platine dans un tube de verre, fermé à la lampe par une de ses extrémités, que l’on fasse communiquer le bout libre du fd avec le plateau inférieur du condensateur de Félectroscope de Bonhenberg, en les séparant avec une bande de papier humide, et touchant avec le doigt le plateau inférieur, et qu’au moyen d’une lampe a ajcool on porte au rouge la partie du tube qui est fermée, on n’obtient aucune charge électrique quand on enlève le plateau supérieur. Mais si l’on enroule (fig. 2‘f), à l’extrémité du bout du tube qui a été fermé , un fil de platine dont l’extrémité libre communique avec le sol, et que l’on chauffe fortement ce bout, au point de le faire rougir, le fil intérieur transmet au condensateur une charge très-sensible
36 INFL. DF LA CH AL. SUR LE DÉGAG. DE l’ÉLEC.
d’électricité positive. Analysons maintenant ce phénomène. Nous avons deux fils de platine a b , a b\ dont les bouts a et b , d’une part, a et b' de l’autre, n’ont pas la meme température. Ces fils communiquent ensemble, par l’intermédiaire d’un tube de verre qui, en raison de sa température élevée, est conducteur de l’électricité; or, comme la matière meme du verre n’influe aucunement sur les effets produits, on ne peut les attribuer qu’à une différence de température, qui est à l’avantage du fi! extérieur; le bout dont la température est la plus élevée prend l’électricité positive, et l’autre l’électricité négative. Ce résultat nous conduit au principe suivant, dont nous aurons plusieurs fois l’occasion de vérifier l’exactitude: Lorsqu’un fil de métal non oxidable, ou une suite «, a\ a", a'\ etc., de particules métalliques, liées entre elles par la force d’agrégation, est en contact, par lune de ses extrémités, avec une source de chaleur b , d’une nature quelconque, à l’instant ou la chaleur commence à se propager dans ce fil , cette extrémité prend l’électricité positive, tandis que l’électricité négative est chassée dans tous les sens; mais a recevant de la chaleur de a , à' de a\ etc., il en résulte que la seconde particule qui s’échauffe aux dépens de la première, prend à celle-ci, à chaque instant, de l’électricite positive et lui donne de l’électricité négative, et ainsi de suite pour les autres particules. On a donc une distribution de l’électricité semblable à celle qui est indiquée dans la fig. s3; la décomposition du fluide électrique sera immédiatement suivie d’une recomposition, qui produira ainsi une multitude de courants électriques moléculaires. D’après cela, le fil, ou le système de points matériels, ne peut avoir d’électricité libre qu’aux extrémités. Si donc on touche le bout incandescent avec un corps conducteur assez volumineux pour qu’il ne s’échauffe pas sensiblement, tel qu’un morceau de papier humide, on lui enlève son électricité positive, et il ne reste au fil que l’électricité négative. Revenons maintenant aux deux fils de platine, séparés par un petit tube