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de verre; chacun d’eux donnera naissance à des effets électriques, qui seront très-probablement plus marqués dans le fil extérieur, dont la température est la plus élevée, que dans le fil intérieur, puisqu’il est plus immédiatement en contact avec le foyer de chaleur. Il suit de là que l’électricité négative du premier s écoulera dans le sol, tandis que l’électricité positive s’accumulera sur le condensateur, en passant à travers le verre chaud. Cet effet est le même, quelle que soit la source de chaleur employée; car si, après avoir fait rougir fortement le tube, on relire la lampe, le phénomène est semblable. Cette expérience tend à montrer que , pendant le mouvement de la chaleur dans une barre de métal , il s’opère une suite de décompositions et de recompositions de fluide électrique qui ont de l’analogie avec le mode de propagation de la chaleur dans les corps. Car on admet généralement que lorsqu’une barre de métal plonge, par un de ses bouts, dans un milieu plus chaud que l’air environnant, chaque point infiniment petit de cette barre reçoit de la chaleur par le contact du point qui précède et en communique à celui qui le suit; qu’un même point est influencé non-seulement par ceux qui le touchent, mais encore par ceux qui l’avoisinent à une petite distance en avant et en arrière, de manière qu’il se produit dans l’intérieur de la barre un véritable rayonnement de molécule à molécule.
L’expérience suivante vient à l’appui de la théorie que je viens d’exposer. Soit un circuit fermé abc ( fig. ‘if\ ), formé d’un fil de platine, dont les deux bouts sont soudés avec soin aux extrémités du fil d’un galvanomètre à fil court, dont la sensibilité électrique est telle que l’aiguille aimantée se porte immédiatement à 8o°, quand on met dans la bouche les points de jonction d’un fil composé de deux autres cuivre et fer soudés par un de leurs bouts, et dont les bouts libres sont en communication avec le multiplicateur, si l’on élève la température d’une partie quelconque du fil de platine loin dessoudures, l’équilibre des forces électriques ne saurait être troublé, puisr
38 I1NTFL. DE LA. CHAL. SUR LE DEGAG. DE l’ÉLEC.
qu’en raison de l’homogénéité de toutes les parties, la propagation de la chaleur se fait également à droite et à gauche des points chauffés. Mais il n’en est plus de même quand on fait un nœud en o, ou mieux encore une spirale, fig. a5, de manière cependant qu’il n’y ait pas discontinuité dans le fil, et que l’on porte le foyer de chaleur à peu de distance de cette spirale en f; on a aussitôt un courant électrique, dont la direction indique que l’électricité positive va à gauche du point f \ ce qui ne peut provenir que d’une différence dans la propagation ou le mouvement de la chaleur à droite et à gauche du point o. La petite masse o doit effectivement s’échauffer aux dépens de la chaleur transmise par la partie fi du fil. Maintenant, si l’on prend une distance il est bien évident qu’en i et i , le mouvement de la chaleur ne doit pas être le même, en raison de la présence de la masse o. Le courant ne peut être attribué qu’à la différence de ces deux mouvements. Or la spirale o s’échauffant continuellement aux dépens de la chaleur, fi doit prendre l’électricité positive et repousser
i’eiectricité négative. Le palladium se comporte comme le platine. Un fil d’or, substitué au fil de platine, ne produit aucun effet; le fil d’argent, qu’un effet trèsfaible, ainsi que le fil de cuivre.
Ce courant est produit dans un fil de platine qui n’a pas de solution de continuité; mais on obtient des effets semblables lorsqu’il y a solution de continuité. Fixons aux deux extrémités du fil du multiplicateur deux fils de platine parfaitement homogènes, et enroulons les bouts libres en spirale pour augmenter les surfaces ; plongeons l’une de ces spirales dans la flamme d’une lampe à alcool; retirons-la quand elle est rouge, et posons-la sur l’autre, qui est à la température ordinaire : la déviation de l’aiguille aimantée indiquera de suite l’existence d’un courant qui ira du coté chaud au coté froid, c’est-à-dire que le bout qui s’échauffe prend à l’autre l’électricité positive et lui donne l’électricité négative, conformément au principe précédent.