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CHAPITRE III

autre forme, que le point où la matière a été versée dans le moule est resté inactif quand on élevait sa température. Ce point est le premier qui a dû se solidifier. Cette circonstance doit être prise en considération dans l’explication que l’on donnera des phénomènes thermoélectriques.

M. Sturgeon a varié la forme des morceaux de bismuth, dans l’espoir de découvrir la cause qui met le fluide électrique en mouvement.

Un barreau rectangulaire ac , chauffé en b , est devenu fortement magnétique. Le courant se dirigeait vers le coté c, comme l’indique la figure (fig. 2q); deux faces étaient à l’état neutre. U reconnut que lorsque toute l’extrémité c était chauffée uniformément, le courant atteignait le maximum d’intensité g et passait par les mêmes faces du prisme en se dirigeant en sens inverse. Quand il chauffait uniformément le bout <2, il ne se manifestait aucun courant jusqu’à ce que la chaleur eût atteint un certain point b : l’effet était alors le même que si l’on eût chauffé ce point. En supprimant l’extrémité neutre, le reste du barreau devenait magnétique, quelle que fût l’extrémité à laquelle la chaleur fût appliquée.

Dans un barreau cylindrique (aa\ bb\ fig. 3o) d’antimoine, de 8 pouces de longueur et de 0,7 5 de pouce de diamètre, en chauffant uniformément l’iine de ses extrémités, il obtint une distribution de courant indiquée par la figure.

Le cylindre se trouvait ainsi partagé en deux moitiés par un plan passant suivant son axe ; les lignes ponctuées étaient neutres, et les lignes a b , cd et a b actives.

Un autre barreau cylindrique ( fig. 3i ), de 6 à 8 pouces de long, dont les deux extrémités avaient été coupées pour qu’on eût des sections nettes : quand on chauffait seulement une moitié d’une des sections, il se produisait une série de courants dont on se rendra aisément compte sur la figure. Ce mode de distribution

paraît dépendre de l’arrangement cristallin des molécules.

Avec un cône d’antimoine, uniformément dense autour de son axe, on a eu des courants dirigés de haut en bas onde bas en haut, suivant que l’on refroidissait ou que l’on échauffait la base ( fig. 32 et 33 ). Les cônes employés avaient 4 f pouces de hauteur, et leur base 2,20 pouces de diamètre.

En chauffant le sommet du cône, le courant était trèsfaible et sa direction incertaine. Les cylindres et les cônes de bismuth lui ont donné les mêmes résultats.

Il paraît que le développement de tous ces courants, dans des masses de bismuth ou d’antimoine de diverses formes, dont toutes les parties n’ont pas la même température, est dû à l’état cristallin que prennent les molécules; car si l’on ajoute au bismuth ou à l’antimoine une petite quantité d’étain, pour leur enlever leur texture cristalline, ils perdent en même temps leur faculté tbermo -électrique.

Je dois ajouter que M. Sturgeon a reconnu que tous les métaux possèdent des propriétés thermo-électriques analogues, pourvu que l’on opère sur des masses plus ou moins considérables.

Il serait à désirer que l’on pût déterminer avec exactitude la direction des courants qui sont produits dans un cristal de bismuth ou d’antimoine, dont toutes les parties ne possèdent pas la même température, afin de connaître leurs relations par rapport aux différents sens de clivage. Au surplus, on conçoit l’existence de ces courants, puisque nous savons déjà que, la chaleur ne se propageant pas également dans toutes les parties d’un corps , il peut y avoir séparation des deux principes électriques là ou elle rencontre un obstacle.

§ IL Des effets tliermo- électriques produits dans les circuits formés de deux métaux différents.

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