CHAPITRE PREMIER
remplie en employant un fil recouvert de soie, on forme des spirales dont l’action sur l’aiguille aimantée augmente en raison du nombre des spires. C’est ce principe qui a servi de base à la construction des multiplicateurs, dont nous nous sommes occupés au commencement de ce volume.
On obtient le même résultat avec des hélices que l’on fo rme en enroulant convenablement un fil de métal sur un tube de verre ; l’hélice est dextrorsum, fig. 1 o5, ou sinistrorsum, fig. 106, selon que le fil va vers la droite ou vers la gauche. Dans la première, le pôle boréal de l’aiguille est toujours du coté par où entre le courant; dans la seconde, c’est le pôle austral qui se trouve à l’extrémité positive. Les hélices , telles que les a imaginées M. Ampère, ont le même diamètre, et les spires qui les composent ont des inclinaisons égales. Nous nous occuperons plus loin de l’action de ces hélices les unes sur les autres et sur les aimants.
§ IV. Action produite sur V aiguille aimantée du multiplicateur par les décharges dune bouteille deLeyde.
a5o. M. Colladon est le premier qui ait obtenu une action sur l’aiguille aimantée du multiplicateur, avec un courant électrique produit par la machine électrique ou la décharge d’une bouteille de Leyde. Sans entrer en explication, pour l’instant, sur toutes les causes qui s’opposaient à la réussite de l’expérience , je rapporterai d’abord les observations de M. Colladon. Ce physicien avait eu l’occasion de remarquer que l’isolement des différents tours du multiplicateur était une des conditions indispensables pour le succès de l’expérience; aussi, pour l’emplir aussi complètement que possible cette condition, construisit-il son appareil, comme il a été dit (12). A chacune des extrémités du fil était soudée une pointe très-fine destinée à soutirer l’électricité. L’une des pointes ayant été mise en communication avec les coussins d’une machine électrique, l’autre fut placée de-
438 A CT. SUR LAIG. A1M. DU MULTIPL. , ETC.
vaut un des conducteurs, à differentes distances, pour soutirer l’électricité positive ; M. Colladon obtint les résultats suivants :
A i déc. de distance, une déviation de qo° à 720,
ou de. 180
2 déc t o
1 mètre
La déviation était donc encore sensible quand la pointe se trouvait à 1 mètre du conducteur.
Il paraît que l’action soutirante d une pointe est sensiblement proportionnelle à sa distance du conducteur, mais qu’à une certaine proximité cette action n’augmente plus. Avec la machine à cylindre qui n’a qu’un seul coussin, la loi de proportionnalité s’est maintenue pour de plus petites distances. M. Colladon a expliqué cette différence, en disant que, dans les machines à plateau qui ont quatre coussins, les surfaces de ces derniers, ne communiquant entre elles que par des conducteurs trèsimparfaits, il arrive un instant ou l’extrémité du galvanomètre, qui est en communication avec l’une de ces surfaces, ne soutire que la quantité d’électricité qui est égale à celle que peut fournir au plateau un seul coussin ; alors faction ne doit plus augmenter.
Avec la machine à cylindre, non-seulement la déviation marche régulièrement, comme nous venons de le dire, mais encore elle est proportionnelle à la vitesse avec laquelle on tourne la manivelle , comme on peut s’en assurer en réglant le mouvement avec un compteur.
M. Colladon , dans une expérience ou la manivelle faisait trois tours par seconde, a obtenu
Repos. Déviation constante. Déviation absolue.
en alternant les extrémités du multiplicateur,
qo° 54° 36°.