‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétismeChapitre 308 sur 362 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

[J ne batterie de 4°°° pouces a donné des écartements trop près du maximum pour qu’on pût les mesurer; mais- en n’approchant que très-lentement la pointe, la déviation a été sensiblement la même pendant quelques instants. Dans une des expériences, la déviation a été de 3o° pendant 65 secondes.

Avec une bouteille de Leyde de 2 pieds carrés, chargée aussi fortement que possible, la déviation de l’aiguille a été de 32°.

Voilà une différence d’action bien marquée entre l’électricité voltaïque et celle qui est dégagée par les machines ordinaires : ces deux électricités sont cependant identiques dans leur nature, mais elles ne le sont pas à la vérité dans leur état.

2 5 1 . M. Faraday ( 1 ), qui s’est beaucoup occupé de cette question , a reconnu qu’il était nécessaire, pour qu’un courant d’électricité ordinaire qui traverse un multiplicateur fit dévier l’aiguille aimantée, que l’action eût le temps de se développer; condition qui était remplie en transmettant le courant à travers l’eau, un fil, l’air raréfié ou au moyen de pointes dans l’air ordinaire; alors on obtient les mêmes effets qu’avec un courant voltaïque. Il a reconnu , en outre, que l’eau salée et les acides étaient plus convenables pour produire des effets que tout autre mode, comme les pointes et les balles, attendu que les premiers convertissent la charge d’une puissante batterie en un courant continu, qui agit comme tel sur l’aiguille aimantée, et qui ne dérange pas sensiblement le magnétisme des aiguilles. Voici le dispositif des expériences que fit M. Faraday pour arriver à ces conséquences : il prit une batterie électrique composée de quinze jarres, présentant chacune une surface armée, sur les deux faces , de 84 pouces carrés. Cette batterie était chargée avec une forte machine électrique.

Les deux surfaces de la batterie furent mises en communication avec des tuyaux qui servaient a transporter

fi) Phil. Transact. , ire partie, p. 3o.

440 ACT. SUR l’àIG. ATM. DU MULTIPL. , ETC.

îô gaz dans les divers quartiers de Londres , afin de faire parcourir à l’électricité de grandes distances.

M. Faraday s’attacha d’abord à déterminer le pouvoir retardateur des mauvais conducteurs, en employant un multiplicateur à deux aiguilles, composé de deux parties indépendantes et formé chacun de dix-huit pieds de fil de cuivre recouvert de soie; les deux moitiés étaient semblables en figure et en nombre de tours ; elles étaient placées l’une à côté de l’autre, et séparées par un petit intervalle ou se trouvait l’aiguille. Lorsque les courants introduits dans les deux moitiés avaient la même direction, ils agissaient sur l’aiguille avec la somme de leurs puissances ; dans le cas contraire, ils agissaient avec leur différence. La jarre de verre qui recouvrait l’appareil et qui portait l’aiguille, était revêtue en dedans et en dehors jusqu’à une certaine hauteur, pour que l’on pût observer les mouvements de l’aiguille. La partie supérieure, non revêtue, fut entourée d’un fil de métal garni de nombreuses pointes aiguës. Quand le fil et les deux surfaces armées communiquaient ensemble au moyen des longs conducteurs des tuyaux à gaz , on pouvait alors approcher une pointe isolée ou une balle à une distance d’un pouce du multiplicateur, sans que l’aiguille fût affectée par l’attraction ou la répulsion ordinaire. Il n’y avait donc pas d’électricité libre pendant la décharge de la batterie. L’extrémité B du fil ou du multiplicateur fut mise ensuite en communication avec la surface extérieure de la batterie et le long conducteur. L’extrémité A fut jointe à la surface intérieure au moyen d'une baguette de décharge, par l’intermédiaire d’un cordon mouillé de quatre pieds de long. La batterie ayant été chargée positivement, on la déchargea avec la baguette, de manière que le courant traversa le multiplicateur; l’aiguille fut aussitôt déviée.

Pendant que l’aiguille oscillait on chargeait rapidement la batterie, et lorsque l’oscillation recommençait, on faisait passer de nouveau la décharge au travers; en répétant , cette action plusieurs fois, les oscillations dé-

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