CHAPITRE III
principe que l’état électro-tonique est relatif aux particules et non à la masse du fil et de la substance assujétie à l’induction.
Une question importante a attiré à ce sujet son attention : le courant d’électricité excitant un état électrotonique dans un fil métallique voisin, doit probablement en produire un semblable dans son propre fil; car, ajoute cet babile physicien, « lorsque, par le passage d’un courant dans un fil , on rend électro-tonique un fil voisin, ce dernier état ne devient nullement incompatible avec un courant d’électricité qui traverse le fil; c’est pourquoi si, au lieu de faire passer le courant dans le premier fil, on le fait passer dans le second, il n’y a pas de raison de croire que son action inductive sur ce second fil en éprouve une diminution; elle devrait au contraire être plus forte, parce que la distance entre l’agent et la matière qui le subit serait très-considérablement diminuée. »
^76. M. Faraday pense que, lorsque les courants électriques passent à travers les corps, ceux-ci subissent l’état électro-tonique, et que c’est à cet état que sont dues les décompositions électro-chimiques ; que dans l’état électro-tonique , les molécules homogènes de la matière prennent une disposition électrique régulière , mais forcée, dans la direction du courant, disposition qui produit, lorsqu’elle cesse, un courant en retour si la matière est indécomposable ; tandis que, si elle est décomposable, un pareil état forcé peut suffire pour qu’une molécule élémentaire quitte sa compagne avec laquelle elle se trouve dans un état de contrainte, pour se joindre à une molécule voisine, analogue, par rapport à laquelle elle est dans une condition plus naturelle, la disposition électrique forcée se trouvant elle -même à l’instant détruite aussi efficacement que si le corps était soustrait à l’induction; ainsi de suite tout le long du circuit.
jNuI doute que, pendant l’action par influence d’un courant électrique sur un fil de métal placé à peu de distance, le principe électrique de ce fil ne soit dans
476 EXPL. DES PHÉN. MAGNÉT. DE M. ARAGO, ETC.
un état de tension que les particules matérielles doivent partager probablement ; mais nous pensons que l’on peut envisager le phénomène de la manière suivante: toutes les particules sont entourées du principe électrique, qui remplit par conséquent les interstices qu’elles laissent entre elles, et qui exerce sur elles une action quelconque, d’où peuvent résulter un grand nombre de phénomènes que nous étudierons dans le troisième volume.
A l’instant où le courant électrique commence , on peut concevoir qu’il réagit sur une portion de l’électricité du corps voisin, de manière à en chasser une portion et à en attirer l’autre , comme il arrive dans le dégagement de l’électricité par influence; mais avec celte différence néanmoins que dans le cas que nous considérons, le principe électrique donne naissance à deux courants, l’un dirigé dans un sens différent du courant inducteur qui est chassé , et l’autre dans un sens différent qui est attiré à lui et cesse d’agir, puis devient libre aussitôt que le courant inducteur cesse.
§ V. Explication clés phénomènes magnétiques de
M . Arago au moyen de h induction magnétique .
277. Aussitôt après la découverte de l’induction électromagnétique, M. Faraday essaya de construire une machine électrique au moyen de l’induction terrestre magnéto-électrique , en s’appuyant sur les expériences de M. Arago. Il se servit à cet effet de l’aimant de la Société royale de Londres. Afin de rapprocher l’un de l’autre les deux pôles, il plaça transversalement, comme l’indique la fig. ni, deux barres de fer ou d’acier de 6 à 7 pouces en longueur chacune , de 1 pouce en largeur et de \ pouce en épaisseur.
Un disque de cuivre de 12 pouces de diamètre et de x de pouce d’épaisseur fut fixé sur un axe d’airain et monté de manière à pouvoir tourner verticalement ou horizontalement, et qu’en même temps 011 puisse in-