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CHAPITRE SUPPLÉMENTAIRE

Haüy a observé un cas semblable dans un cristal de topaze. Le docteur Brewster a expliqué ce fait ^ en disant que le cristal de topaze était composé de deux autres cristaux dont les pôles positifs se trouvaient en contact.

Pour vérifier cette conjecture , il aurait fallu couper avec soin la pierre suivant la face de jonction , et voir si réellement, après la séparation, les deux faces en regard possédaient la même électricité.

2C)5. M. Forbes a soumis au même mode d’expérimentation que la tourmaline d’autres minéraux qui jouissent de la pyro-électricité ; il a passé successivement en revue la topaze, la boracite et la mésotype. 11 a trouvé, conformément à la loi que j’avais observée, que l’intensité de l’électricité atteint son maximum quand la vitesse du refroidissement est devenue comparativement plus basse.

La topaze possède la propriété de conserver son électricité long-temps après que la température a cessé d’éprouver des changements; mais cela dépend uniquement de la conductibilité de la pierre, car l’on conçoit que celle-ci, devenant moins conductrice de l’électricité à mesure que la chaleur diminue, la recomposition des deux électricités doit mettre plus de temps à s’effectuer.

M. Forbes a conclu de ces expériences que dans tous les minéraux la difficulté de décomposition et de recomposition augmente avec la masse ; de là vient que les plus petits cristaux sont plus facilement excités, et que les effets sont plus permanents.

U a trouvé, par exemple, qu’un large cristal de boracite, qui avait un tiers de pouce de côté, présentait des résultats analogues quand on présentait à félectroscope un de ses quatre pôles résineux; le disque s’éloignait lentement et d’une manière régulière à mesure que le refroidissement s’opérait, et au bout de dix minutes, il atteignait son maximum de durée. La diminution d’électricité était ensuite très-lente ; en 3 quarts d’heure le disque ne s était que très-peu approché de sa première

5o8 PROPRIÉTÉS ÉLEC. DE LA TOURMALINE.

position. Un petit cristal de boracite, traité de la même manière, atteignait rapidement le maximum, et l’aiguille, dans une des expériences, retourna à zéro au bout de 30 minutes ; dans une autre, au bout d’une demi-heure. Les cristaux aciculaires de mésotype atteignaient avec facilité un haut degré d’excitation électrique, de sorte qu’il fallait une grande attention pour découvrir si le maximum d’intensité n’avait pas lieu immédiatement.

296. M. Forbes, dans ses recherches, n’a pas tenu compte de la conductibilité électrique des cristaux. C’est là ou l’on peut trouver la solution de la plupart des difficultés que présentent les phénomènes de la tourmaline. En effet, tout porte à croire que, lorsque les molécules des corps éprouvent un déplacement quelconque par la chaleur, le choc ou toute autre action mécanique, le principe électrique est mis en mouvement, c’est-à-dire que les deux fluides appartenant à deux molécules en regard sont séparés immédiatement, et se recombinent ensemble plus ou moins rapidement, suivant la conductibilité du corps, pour former du fluide neutre. Si ce corps est trèsbon conducteur, la combinaison est instantanée, et il est impossible de recueillir aucune trace d’électricité libre. Aussi n’existe-t-il aucun corps bon conducteur de l’électricité qui soit électrique par la chaleur, à la manière des tourmalines. Mais il n’en est plus de même quand il est mauvais conducteur et que sa structure cristalline l’assimile aux piles électriques. Or, on sait par les analyses qui ont été faites d’un grand nombre de tourmalines , qu’elles ne renferment pas toutes la même quantité d’oxide de fer; dès lors leur propriété électrique doit varier en raison de cette quantité, puisque la conductibilité électrique doit varier aussi. Nous voyons, par exemple, que dans les tourmalines noires de Rabenstein ( 1 ) l’analyse a donné près de 20 parties pour 100 d’oxide de fer et de manganèse, tandis que des tourmalines noi-

(1) Traité de Minéralogie de Beudant, vol. 11, p. làp.

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