CHAPITRE SUPPLÉMENTAIRE. 5o
d’intensité à 45° de déviation. L’ayant brisé aussitôt à un quart de sa longueur, les deux portions furent chauffées et soumises de nouveau à l’expérience : la moyenne de la plus grande portion a donné une déviation égale à 47 % et celle de la plus petite une déviation égale a 43u : la moyenne de ces deux nombres est précisément la force de la tourmaline entière. Les déviations n’ayant pas été rapportées à une mesure commune, on ne peut en tirer rigoureusement cette conséquence. M. Forbes en a conclu néanmoins que la diminution ne paraît pas être favorable au développement de l’électricité , conséquence qui est encore en contradiction avec celle que j’ai tirée de mes expériences. Pour bien s’assurer de l’influence des longueurs, il a réuni plusieurs tourmalines d’un diamètre de 7^ de pouce, et dont les sections étaient aussi égales que possible ; il a obtenu les résultats suivants :
Numéros.
Longueur. Intensité.
3,20 pouces. 7g0, 5
Ces nombres nous montrent bien que le cristal le plus long tient un rang élevé parmkceux d’égale section, et qu’il 11e paraît pas exister de rapport entre la longueur et l’intensité. On voitque pour étudier les changements qui s’opèrent dans les propriétés électriques de la tourmaline, en faisant varier la longueur, il a formé une pile en plaçant les unes sur les autres des plaques de tourmaline.
Mais j’avoue, que je ne conçois pas comment cet arrangement pourrait donner des indications satisfaisantes, car les propriétés électriques de la tourmaline sont tellement variables, en raison de la forme, de la couleur
5o 6 PROPRIÉTÉS ÉLEC. DE LA. TOURMALINE.
et d’autres causes que nous signalerons plus loin, qu’elles doivent présenter encore de bien plus grandes anomalies quand on applique, les unes sur les autres, des plaques de tourmaline qui laissent entre elles des interstices qui s’opposent naturellement au développement et à la répartition de l’électricité.
294. M. Forbes avance que l’arrangement artificiel qui représente le mieux les phénomènes de tourmaline, est celui d’une série de plaques de verre isolées, placées parallèlement les unes au-dessus des autres , et dont les deux surfaces sont revêtues d’une feuille d’étain; la surface inférieure communiquant avec la surface supérieure de la plaque contiguë au moyen d’une tige métallique, etc. Si une des extrémités de cette batterie est mise en communication avec une source électrique, et que l’autre communique avec la terre, les plaques, à une de leurs extrémités, manifestent l’excès d’électricité qu’on leur a communiqué, tandis que celles de l’autre coté possèdent une espèce d’électricité de nature contraire, et le milieu ne manifeste aucune trace d’électricité libre. Si l’on diminue la longueur de la pile, il n’y a aucun changement dans l’intensité de l’électricité, mais cette intensité a un rapport direct avec la surface des plaques. M. Forbes part de là pour dire que l’analogie porte à croire que l’intensité augmente avec le diamètre de la tourmaline, mais que l’on ignore si la longueur du cristal, quand sa structure est parfaitement uniforme, a ou non de l’influence sur les propriétés.
L’i négalité de tenipérature , dans quelques parties de la pierre, s’oppose à ce que toutes les portions donnent en même temps un maximum d’intensité. M. Forbes a trouvé un cristal de tourmaline dont la structure paraissait régulière à la vue, et. qui jouit de la singulière propriété de présenter, en se refroidissant, un. pôle d’électricité positive à chaque extrémité. Au moyen du plan d épreuve de Coulomb, il a trouvé que la portion centrale du cristal possédait un excès d’électricité résineuse.