‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétismeChapitre 41 sur 362 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

maîine, quoiqu’elle fût électrique avant, a commencé à se fixer entre les deux tiges verticales qui communiquaient avec les pôles de la pile sèche; à ioo°, les oscillations étaient mesurables. Depuis i i 5 jusqu’à ioo°, moment où le refroidissement était le plus rapide , l’intensité électrique croissait très-lentement; de ioo° à qo°, l’accroissement a été rapide , puis l’a été moins jusqu’à 70° ; de 70° à 4o°, il est resté sensiblement stationnaire; de 4o° à 20°, il a diminué à peu près dans la meme proportion qu’il avait augmenté depuis ioo° jusqu’à 70°. La polarité électrique a disparu entièrement à i5°, quoiqu’elle eût commencé à paraître à 5o°, quand ou a élevé la température. Plusieurs tourmalines ont donné des résultats semblables. O11 voit donc que l’intensité électrique de chaque pôle 11’est pas en raison directe de la vitesse du refroidissement. La loi qu’elle suit est très-compliquée et ue peut être déterminée avec exactitude; il paraît seulement que la tourmaline est douée d’une certaine force coercitive qui s’oppose à la recomposition immédiate des deux électricités. C’est le seul moyen d’expliquer pourquoi elle est encore électrique par un refroidissement lent à 1/j0, tandis qu elle ne le devient qu’à 3o° par échauffement. S’il est facile de mesurer l’intensité électrique de la tourmaline pendant son refroidissement, il n’en est pas de même lorsqu’on élève sa température; cela tient à ce que, dans réchauffement , la force coercitive est sans effet pour augmenter l’intensité de la polarité.

Après avoir exposé ce qui se passe dans une tourmaline dont toutes les parties ont été également échauffées ou refroidies en même temps, examinons ce qui arrive quand l’une des extrémités reçoit plus de chaleur que l’autre. On enferme chaque bout de la tourmaline dans un petit tube de verre, qui a sensiblement le même diamètre, pour qu’il s’y applique exactement; puis on l’assujettit par son milieu à un tube de verre avec un fd de platine. Si l’on chauffe l’un des deux bouts, par exemple celui qui est positif par échauffement, l’extré-

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mité de la tourmaline qui y correspond s’échauffera d’abord aux dépens du tube, prendra la meme température que lui, puis se refroidira en même temps. Dans le premier cas, tant que la température ne commencera pas à s’élever à l’autre bout, la tourmaline ne possédera qu’une seule électricité. On s’assure de ce fait, en présentant successivement tous les points de la tourmaline aux disques de clinquant de deux électroscopes de Coulomb, chargés l’un d’électricité positive, l’autre d’électricité négative. Cet effet ne se produit qu’autant que la température va en décroissant, et que le coté opposé à celui qui a été chauffé n’a pas encore atteint la température suffisante pour qu’il y ait manifestation d’électricité. Il n’y a donc qu’une seule électricité de mise enjeu. Comment ce phénomène peut-il être produit, quand on sait que dans tout dégagement d’électricité il y a toujours émission des deux fluides? Il faut qu’il y ait eu une électricité de dissimulée ou d’absorbée par l’air : c’est ce que les recherches les plus minutieuses n’ont pu nous indiquer. Ce qu’il y a de certain , c’est qu’on peut faire acquérir une seule électricité à un des cotés d’une tourmaline, sans que l’autre en prenne, et sans qu’on considère par conséquent l’état de celui-ci comme transitoire, c’est-à-dire passant d’un état électrique à un autre, comme il a été dit précédemment.

Revenons maintenant au bout positif ou l’on a supposé la température croissante. Aussitôt qu’elle est stationnaire , son état électrique cesse pour reparaître en sens inverse quand elle baisse. Dans Ile même temps, le côté négatif, suivant que la température est constante ou descendante, est à l’état zéro, ou possède lélectricité négative ou positive. Ces faits prouvent que lorsqu’on échauffe inégalement les deux côtés d’une tourmaline, chacun d’eux prend un état électrique, indépendant de l’autre , de sorte que chacun d’eux prend la même espèce d’électricité que si toute la pierre possédait la température correspondante à ce côté.

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