‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétismeChapitre 54 sur 362 · DÉ GAG. DE L’ÉLEC. DANS LES ACT. CRIM · texte numérisé non relu

DÉ GAG. DE L’ÉLEC. DANS LES ACT. CRIM

objections des physiciens, qui admettent des effets électriques de contact, indépendamment des réactions chimiques. On a aussitôt un courant qui annonce que l’acide, en réagissant sur l’alcali, a pris l’électricité positive.

Toutes les fois que l’on veut observer les effets électriques qui ont lieu dans les actions chimiques, il faut avoir l’attention de s’assurer préalablement si le contact des lames de platine et des dissolutions ne donne pas lieu à des effets électriques passagers résultant de la réaction, sur ces dissolutions, des corps étrangers qui adhèrent presque toujours à leurs surfaces. Ces effets ont induit souvent en erreur les observateurs, qui sont partis de là pour annoncer des résultats faux. Pour s’en préserver, il faut laver les vases et lames de platine dans de l’acide nitrique, puis dans l’eau distillée, les faire rougir ensuite, et enfin les mettre en contact pendant quelque temps avec les dissolutions, avant de commencer l’expérience.

Il y a encore une autre cause d’erreur qui trouble les résultats, et dont je dois faire mention ici avant d’en donner l’explication. Dans l’appareil (fig. 40? fillancl on fait naître, par suite des réactions qui ont lieu sur la mèche d’amiante, un courant, dont le sens est indiqué par la flèche, si l’on remplace la mèche par une lame de platine, il se produit immédiatement après un autre courant dirigé en sens inverse du premier, par suite des modifications qu’acquiert la surface des lames de platine. Ce courant secondaire est d’autant plus sensible que l’appareil est plus délicat.

3i . Nous avons encore à examiner l’action des acides et des alcalis sur l’eau, et des dissolutions neutres les unes sur les autres. Si l’acide est solide , on en fixe un morceau entre les branches de la pince de platine, et on le plonge dans l’eau que renferme la cuiller, s’il est liquide, on plonge dedans une éponge de platine en communication avec le multiplicateur; on la retire pour la replonger dans la cuiller de platine, remplie d’eau distillée. On a d’abord un courant faible, qui va de l’eau à l’acide, et qui augmente d’intensité à mesure que

CHAPITilE III.

l’eau se charge davantage d’acide; a un certain point, il diminue, et devient nul quand la combinaison est entièrement effectuée. Nous voyons donc que l’eau, dans sa combinaison avec les acides, se comporte, sous le rapport des effets électriques , comme les alcalis dans leur combinaison avec les acides.

On observe de la même manière les effets électriques produits dans la dissolution des alcalis dans l’eau : le courant va de l’alcali à l’eau; résultat qui pouvait être prévu, puisque l’on sait que l’eau joue le rôle d’acide par l'apport à ce corps.

Les sels neutres, en se dissolvant, donnent en général des effets peu marqués , qui indiquent cependant que la solution la plus saturée joue le rôle d’acide par rapport à celle qui ne l est pas; mais pour peu qu’ils soient acides ou alcalins, les effets rentrent dans ceux qui ont lieu dans la dissolution des acides et des alcalis dans l’eau.

Les doubles décompositions de sels neutres s’opèrent sans dégagement d’électricité. Lien n’est plus facile que de le démontrer. On prend deux capsules de porcelaine renfermant, l’une, une dissolution de nitrate de baryte, et l’autre, une dissolution de sulfate de potasse, et on les met en rapport avec le multiplicateur au moyen de lames de platine plongeant dedans ; puis on établit la communication entre les deux dissolutions avec une mèche de coton; la double décomposition s’opère alors sans dégagement sensible d’électricité, puisque l’aiguille aimantée n’est pas déviée de sa position. Ce résultat est facile à expliquer, je ne m’y arrêterai donc pas.

§ VII. Des effets électriques produits dans la réaction des métaux sur les acides ou les dissolutions salines.

35. Les réactions des dissolutions entre elles et sur les acides sont des causes qui influent beaucoup sur les effets électriques qui se manifestent dans l’action d’un acide sur un métal. Soient deux capsules A et A' remplies d’acide nitrique et communiquant ensemble avec une mèche d’amiante, si l’on plonge dans chacune d’elles l’un des XI. 6

DEGAG. DE L ELEC. DAMS LES ACT. CUIM.

bouts d’une lame d’or, dont l’autre est fixé à l’une des extrémités du fil d’un galvanomètre, et que l’on verse dans la capsule À quelques gouttes d’hydro-chlorate d’or, près de la lame, l’aiguille aimantée éprouve une déviation, qui va jusqu’à 8o°, dans un sens tel que le bout A devient négatif par rapport au liquide; mais si, au lieu de la dissolution, on verse quelques gouttes d’acide liydrocblorique, l’or est attaqué aussitôt, il y a formation d’hydro-chlorate d’or et production d’effets électriques absolument semblables aux précédents, tant pour la direction que pour l’intensité; et, comme dans ces deux cas , il y a réaction de riiydro-chlorate d’or sur l’acide nitrique, laquelle rend l’acide positif, comme dans l’action chimique du métal sur l’acide, on ne peut douter que la première n’exerce une certaine influence sur les effets électriques. Cette expérience montre combien il est difficile de déterminer immédiatement le dégagement de l’électricité dans l’acte même de la combinaison d’un métal avec un acide, abstraction faite de la réaction de la dissolution qui se forme sur le liquide qui l’environne. On peut cependant y parvenir en opérant de la manière suivante :

On remplit deux capsules À et A? d’une dissolution denitrate de cuivre, que l’on met en communication comme ci-dessus avec une mèche de coton , et l’on plonge dans chacune d’elles le bout d’une lame de cuivre parfaitement décapée, dont l’autre communique avec le multiplicateur; il ne se produit aucun effet électrique; mais si l’on ajoute une goutte d’acide nitrique au liquide de la capsule A, le bout (jui plonge dedans devient négatif. Dans ce cas, on a bien l’effet électrique qui résulte de l’action du métal sur l’acide, car celui qui est produit par la réaction de la dissolution qui se forme, sur la dissolution environnante, est très-faible et même nul.

36. L’étain et son sulfate, le fer et son hydro-chlorate, le plomb, l’antimoine et le bismuth avec leurs dissolutions respectives, agissent de même que le cuivre par rapport à ses dissolutions, quand on ajoute quelques

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