CHAPITRE III
gouttes d’acicle. Il en est encore de même du zinc, du fer et probablement du manganèse , avec les dissolutions de leurs nitrates respectifs: le métal s’empare donc de l’électricité négative conformément au principe général; mais avec les dissolutions de leurs sulfates, les effets sont inverses, c’est-à-dire que le bout du métal qui plonge dans ta capsule où Ton verse quelques gouttes d’acide sulfurique, devient positif, et cela quelque petite que soit la quantité d’acide. Ce fait, qui est particulier aux métaux décomposant beau , mérite d’être signalé.
§ VIII. Effets électriques produits dans la réaction de deux métaux différents sur un ou plusieurs liquides.
87. Le cas le plus simple est celui oii chaque métal plonge dans une capsule remplie du même liquide, la communication étant établie entre les deux capsules au moyen d’une mèche de coton ou d’amiante. On prend deux lames, l’une- de cuivre et l’autre de zinc, qui communiquent chacune avec l’un des bouts du fil d’un multiplicateur, et pour liquide commun une dissolution saturée de sulfate de zinc. A l’instant de l’immersion , le cuivre prend au liquide l’électricité positive, et le zinc l’électricité négative. L’effet, abstraction faite des phénomènes que quelques physiciens admettent au contact de deux métaux, doit être attribué en grande partie à ce que le zinc est plus attaqué que le cuivre. Supposons que la déviation de l’aiguille aimantée soit de 62°, si l’on ajoute quelques gouttes d’acide nitrique, ou de nitrate de cuivre, dans la capsule oii se trouve la lame de cuivre, là ou était l’action chimique la moins forte, l’aiguille aimantée, au lieu de rétrograder, se porte à 86° et reste stationnaire pendant quelque temps. Ce résultat est encore conforme à ce que nous avons vu précédemment, puisque le nitrate de cuivre étant positif par rapport au sulfate de zinc, l’effet doit augmenter, si le courant qui a lieu dans l’action de l’acide nitrique sur le cuivre est le plus faible; la même quantité d’acide mise dans l’autre capsule diminue sensiblement l’intensité du
8/j DÉGAG. DE LÉLEC. DANS LES ACT. CHIM.
courant. Les acides sulfurique et hydro-chlorique agissent de même. Continuons toujours à prendre des dissolutions saturées de sels métalliques, qui n’éprouvent aucune action sensible de la part du métal qu’on y plonge; versons en conséquence dans la capsule ou se trouve la lame de cuivre , une dissolution saturée de nitrate de cuivre, et dans l’autre une dissolution saturée de sulfate de zinc, et opérons dans les mêmes circonstances que précédemment , pour que les résultats soient comparables. La déviation est alors de 88° et n’éprouve de diminution que lentement. L’accroissement d’effet est dû, dans ce cas, à la réaction des deux dissolutions l’une sur l’autre : au surplus, l’action chimique de chaque métal sur la dissolution dans laquelle il se trouve, est assez faible pour que l’on ne doive pas la regarder comme la cause unique du phénomène. Une addition d’acide nitrique à la dissolution du nitrate ne modifie pas sensiblement l’intensité du courant. Il en est de même quand on verse une goutte d’acide sulfurique dans l’autre capsule, si la lame de zinc a été décapée préalablement. Voilà donc un maximum d’effets qui indique que la réaction des deux dissolutions l’une sur l’autre a eu la plus grande part à la production du courant. C’est tellement là la cause principale du phénomène , que si l’on opère avec deux lames de cuivre ou de platine, les effets ont lieu dans le même sens, à l’in-, tensité près , qui varie en raison de la difficulté plus ou moins grande qu’éprouve le fluide électrique à passer du liquide dans le métal.
38. Considérons le cas ou les deux capsules ne contiennent que de l’eau avec un cinquantième d’acide sulfurique. L’aiguille aimantée éprouve, dans le même sens, une déviation de 80 degrés, qui est due en partie à l’action de l’eau acidulée sur le zinc. Une addition de sulfate de zinc du coté zinc ne modifie pas le courant , tandis que quelques gouttes de nitrate de cuivre ou d’acide nitrique de l’autre côtéN l’augmentent d’une manière assez forte. Ce dernier effet est dû à la réaction des li-