CHAPITRE IL
DES APPAREILS A L’AIDE DESQUELS ON RECONNAIT LA PRÉSENCE DE L’ÉLECTRICITÉ QUAND ELLE EST EN REPOS OU EN MOUVEMENT.
§ I. Des Êléctroscûpes et des Élèctrornetres .
6. On a imaginé différents appareils pour reconnaître quand un corps possède une quantité plus ou moins forte d’électricité libre. Si cette quantité est considérable, l’expérience est facile, comme nous l’avons vu, mais il n’en est pas de même si elle est faible. Dans le premier cas, il suffit de lui présenter des corps légers, tels que de la poussière, des barbes de plume ou mieux encore une petite balle de moelle de sureau, suspendue à l’extrémité d’un fil simple de cocon; s’il y a attraction, puis répulsion, on peut être assuré que le corps est électrisé. Dans le second, il faut avoir recours à des appareils particuliers, auxquels on a donné le nom d’électroscopes. Ceux dont on fait usage le plus ordinairement sont formés i° de deux brins de paille suspendus parallèlement fun à l’autre, le plus près possible, à deux petits anneaux mobiles de fil de métal, fixés à une tige métallique terminée par un bouton arrondi ffig. 2); 20 de deux fds de métal très-fins, terminés par deux petites balles de sureau, et suspendus comme les deux brins de paille; 3° de deux lames d’or battu très-minces, suspendues parallèlement l une à l’autre, coïncidant dans toutes leurs parties, et dont une de leurs extrémités est fixée dans une pince qui communique également à la tige métallique (fi g. 3).
Dès l’instant que cette tige reçoit une petite quantité
8 des èlectrosciopes et des électromètres.
d’électricité, celle-ci est transmise aux pailles, aux fils de métal ou aux feuilles d’or, qui s’écartent aussitôt, en vertu de la répulsion qui a toujours lieu entre deux corps chargés d’électricité contraire. Cette répulsion est d’autant plus forte, pour la même quantité d’électricité perçue, que les pailles sont plus légères; aussi doit-on s’appliquer, dans la construction des électroscopes, à diminuer leur poids sans changer les surfaces. Si l’on veut leur donner le plus grand degré possible de sensibilité, il est nécessaire encore que la tige et le bouton occupent le plus petit volume possible par rapport à celui des brins de paille ou des feuilles d’or battu. Pour éviter les mouvements de l’air et le choc des corps environnants, on place l’appareil sous une cloche, dont on recouvre le haut intérieurement et extérieurement de plusieurs couches de vernis à la gomme laque, appliquées à chaud , afin de préserver le verre de l’action hygrométrique de l’air. La cloche doit avoir un diamètre suffisant pour que les brins de paille, les balles de sureau , ou les feuilles d’or ne viennent pas décharger l’électricité qu’on leur a communiquée sur les parois du verre, qui resteraient alors électrisées. »On évite cet inconvénient en plaçant, comme l’indique la figure 3, deux petites boules métalliques b b communiquant au sol au moyen de tiges métalliques, et contre lesquelles les petits pendules viennent frapper dans leur plus grand écartement. On peut, si l’on veut, appliquer sur les parois de la cloche deux laines d’étain.
La tige qui porte le bouton de métal est suffisamment mobile, pour qu’en la tournant convenablement, on puisse mesurer l’amplitude de l’écartement sur une échelle circulaire appliquée à la paroi intérieure de la cloche. Les amplitudes observées ne servent qu’à comparer les quantités d’électricité successivement mises en expérience, attendu que l’action de la pesanteur tendant à ramener les pendules dans la direction verticale , et augmentant à mesure que ceux-ci s’écartent de cette direction , la