‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétismeChapitre 7 sur 362 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

force répulsive n’est pas proportionnelle à l’écartement c|u’elle produit, mais suit une autre loi plus composée dont nous n’avons pas à nous occuper. Ces appareils ne doivent donc être employés que lorsque l’on cherche seulement des rapports entre les quantités d’électricité qu’on leur communique.

On se sert quelquefois d’un autre appareil , qui est formé d’un petit fd de laiton terminé par deux' petites boules creuses, et au milieu duquel est placée une chape en acier ou en agate, que l’on pose sur un pivot terminé en pointes (fig. 4)- Cet éleetroscope est d’autant plus sensible, que le frottement de la chape sur le pivot est moindre.

nj. Coulomb en a imaginé un autre (fig. 5) dont Insensibilité est excessive et quia l’avantage sur les précédents de donner, au besoin , des indications comparables. Cet éleetroscope est très-simple; il se compose d’un fil de cocon dédoublé dont l’un des bouts est fixé dans les branches d une pince, et dont l’autre porte un petit fil horizontal de gomme laque, à l’une des extrémités duquel est attaché un disque de clinquant. Pour maintenir l’horizontalité, on établit à l’autre extrémité un petit contrepoids ou bien on place le point de suspension de manière à établir immédiatement l'équilibre. La pince est fixée dans une pièce mobile a a que l’on tourne quand on veut placer l’aiguille de gomme laque dans une position déterminée. La tige mobile est fixée au centre d’un couvercle de verre qui recouvre une cloche également de verre, et dans lequel on a pratiqué une écha ncrure pour introduire les corps soumis à l’expérience. L’intérieur de la cage est desséchée avec de la chaux vive ou du chlorure de calcium, que bon place au fond dans une capside. Si l’on veut comparer ensemble les quantités d’électricité communiquées au disque de clinquant, il faut ajouter à cet appareil plusieurs accessoires qui le transforment en une balance électrique (fig. 6).

On commence par remplacer le fil de cocon par un fil d’argent d’un très-petit diamètre, et non recuit, afin

lO DES ÉLECTROSCOPES ET DES ÉLECTROMÈTRES.

de lui laisser toute son élasticité. Ce fil devant avoir une certaine longueur, on renferme dans un cylindre de verre creux, au haut duquel est placé un tambour divisé qui tourne avec frottement autour du cylindre, et au centre duquel s’ajuste d’une manière mobile la tige ou pince qui sert à retenir le fil. Un index est soudé à la partie fixe de la douille autour de laquelle se meut le tambour, comme l’indique la fig. 7. Veut-on tordre le fil d’un certain nombre de degrés, on tourne convenablement le tambour , après avoir mis préalablement le zéro de l’échelle vis-à-vis de l’index. La pince pouvant tourner aussi indépendamment du tambour, on place oîi i’on veut le disque de clinquant. Pour mesurer les écarts de l’aiguille de gomme laque, quand on lui présente un corps électrisé disposé comme l’indique la figure, on place à la même hauteur, sur la cage, une échelle divisée en degrés; mais comme les cloches cylindriques ne sont jamais bien calibrées, on leur substitue des cages carrées. Telle est la construction de 'la balance électrique ou de torsion , dite de Coulomb. Plus les forces que l’on veut comparer sont petites, plus il faut donner de sensibilité à l’appareil et plus aussi il faut employer des fils longs et fins, attendu que, suivant les expériences de Coulomb, la force de torsion est en raison inverse des longueurs des fils et proportionnelle aux quatrièmes puissances de leurs épaissseurs. Les fils longs ont aussi l’avantage de pouvoir se tordre d’un grand nombre de degrés sans perdre sensiblement leur élasticité. Pour s’assurer si les fils n’ont pas perdu de leur élasticité après plusieurs expériences, il faut (pie l’aiguille de gomme laque revienne exactement dans sa position primitive quand l’aiguille du micromètre est ramenée à zéro. Nous verrons plus loin l’usage de cette balance, qui repose sur ce principe, que la réaction de torsion est exactement proportionnelle à l’angle de torsion. Coulomb dans l’emploi qu’il en a fait compare les forces électriques aux forces de torsion, qui sont toujours proportionnelles aux angles de torsion.

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