CHAPITRE III. x
que cliacuiie d’elles éprouve. Eu effet, au lieu de plaques, si l’on opère avec des cylindres de fer et de cuivre, par exemple, d’un décimètre de longueur, et que l’on passe rapidement le bout de l’un sur la surface de l’autre, dans toute sa longueur, afin que les mêmes points du premier soient soumis continuellement à l’action du frottement, et s’échauffent par conséquent davantage que les points de la surface de l’autre, le résultat sera le même, quel que soit le bout frottant. Cette expérience montre que le plus ou moins de frottement qu’éprouve chacune des particules des surfaces, n’a aucune influence sur i’espèce d’électricité acquise par chacune d’elles; il faut donc aussi que le plus ou moins de chaleur qui est dégagée sur chacune des surfaces n’influe pas sur le sens du courant.
64- Plusieurs questions se présentent ici. Le dégagement de chaleur qui a lieu dans le frottement n’est-il pas la cause première du phénomène? Le frottement, en augmentant la force attractive des corps, n’exalte-t-il pas les effets électriques qui résultent de l’action de cette force, ou bien ne détermine-t-il pas un ébranlement particulier dans les molécules de chaque corps, dont la différence produit les effets observés ? Les expériences suivantes pourront servira jeter quelque jour sur res diverses questions. Soient deux lames de bismuth et d’antimoine, soudées chacune a l’un des bouts du fl du multiplicateur. Si, par l’effet du frottement, il y a dégagement d’électricité , les deux fluides se recombineront aussitôt que le frottement qui les aura produits aura cessé, une portion sur la surface même de contact, et l’autre en suivant le circuit. Ou conçoit très-bien que le dérangement continuel des parties frottées mettant à chaque instant un certain intervalle entre celles qui ont subi les premières l’effet du frottement et les dernières, il en résulte qu’une portion des deux électricités éprouve d’autant moins de difficulté à suivre le circuit du multiplicateur, pour se recombiner, que la distance qui sépare les premières parties frottées des dernières est
T 1 G DÉGAG. d’ÉLEC. PAR FROTTEMENT.
plus grande, c’est-à-dire que le frottement 3 été plus rapide. C’est le cas d’un courant qui se partage en plusieurs autres, suivant le degré de conductibilité de chaque circuit. L’expérience suivante vient à l’appui de cette explication. Au lieu de passer les deux lames Time sur l’autre avec frottement, si on les presse ou qu’on les frappe fortement, à coups redoublés, de manière à éviter un frottement latéral, il n’y a pas de courants, et par conséquent point de dégagement d’électricité apparent, quoique les surfaces soient plus fortement ébranlées et qu’il y ait plus de chaleur dégagée que lorsque l’on frotte légèrement les deux lames l’une sur l’autre. Il faut donc, puisque les memes points des surfaces restent constamment en contact, i° que l’électricité dégagée sur chacune d’elles n’ait pas eu besoin pour se recombiner de suivre le fd du multiplicateur, la recomposition s’étant opérée instantanément; 20 que la chaleur produite dans le frottement ne soit pas la cause unique des effets électriques, car celle qui se dégage pendant un choc violent est probablement plus considérable que celle qui est produite par un faible frottement. Il est donc probable que le déplacement des parties des surfaces frottées donne lieu à un dégagement de chaleur et à un dégagement d’électricité qui sont indépendants l’un de l’autre. Mais par cela même qu'ils sont simultanés et indépendants , doit-on les considérer comme du même ordre, c’est-à-dire que si l’un provient d’un mouvement vibratoire imprimé à une substance éthérée, qui existe dans l’espace et pénètre tous les corps, l’autre ne résulterait-il pas d’un mouvement analogue plus ou moins rapide dans cette mêine substance ? c’est ce que l’on ne peut décider encore. D’un autre coté, la réaction chimique des deux métaux l’un sur l’autre, pendant le frottement, 11’est-elle pas la cause du dégagement de l’électricité? C’est une question à laquelle nous serons ramenés plusieurs fois dans le cours de cet ouvrage.
65. D’après ce qui se passe dans le choc et la pression des lames de métal, où le contact des molécules ne