CHAPITRE IH
§ XYIII. Des effets électriques produits dans le contact des corps conducteurs .
• 77 . Voila, voulant combattre la doctrine de Galvani
sur les contractions musculaires qui sont produites quand, on met en communication les muscles et les nerfs d’une grenouille au moyen d’un arc composé de deux métaux différents, conçut l’idée qu’elles étaient dues à l’électricité qui se dégage au contact de ces deux métaux. Il admit aussitôt comme principe fondamental, que deux substances conductrices de l’électricité se constituent toujours dans deux états électriques contraires par leur contact mutuel, indépendamment de toute réaction chimique. Voici l’expérience à l’aide de laquelle il établit ce principe. Il prit deux disques circulaires, l’un de zinc et l’autre de cuivre, au centre desquels était fixée une tige en verre recouverte de vernis à la gomme laque; ayant mis ensuite en contact les disques en tenant dans chaque main une des tiges, il les sépara, et fit toucher l’un de ces disques à un des plateaux du condensateur, tandis qu’il touchait l’autre avec le doigt pour lui enlever son électricité. Il répéta plusieurs fois le contact des disques. Quand l’air au milieu duquel il opérait était très-sec, une dixaine de contacts suffisaient pour que les feuilles d’or divergeassent quand on enlevait le plateau supérieur. Le zinc donnait une charge d’électricité positive, et le cuivre une charge d’électricité négative.
Pour mettre encore plus en évidence ce principe, ^olta fît l’expérience suivante : ayant soudé bout à bout une lame de zinc et une autre de cuivre, il prit la première entre les doigts et toucha le plateau supérieur du condensateur avec l’autre ; un simple contact lui suffit pour donner a son appareil une charge sensible d’electrieité. En répétant l’expérience d’une manière inverse, c’est-à-dire, tenant entre les doigts la laine de cuivre, et touchant l’un des plateaux du condensateur avec la lame de zinc, il n’eut aucune électricité, mais en inter»
ï$4 EFF. ÉLEC. dans le cont. des corps cond.
posant une bande de papier mouillée entre le zinc et le condensateur, celui-ci prenait un excès d’électricité po sitive. Il tira la conséquence de ce fait, que la cause qui développe de l’électricité dans le contact agit comme une force attractive ou répulsive, qui agit du zinc sur le cuivre ou du cuivre sur le zinc, attendu que s’il n’en était pas ainsi , il serait impossible d’expliquer comment il y a équilibre entre les forces électriques quand une lame de zinc se trouve placée entre deux lames de cuivre; une des deux forces devait détruire l’effet de l’autre. Il a donné le nom de force électro motrice à cette cause qui transporte ou repousse les deux électricités d’un métal dans l’autre. Tous les métaux dans leur contact mutuel jouissent des memes propriétés que le zinc et le cuivre, mais à des degrés plus ou moins marqués, suivant leur nature propre.
Yolta trouva également qu’un métal et deux liquides hétérogènes , conducteurs de l’électricité, produisent le même effet que deux métaux différents et un liquide; que les sulfures alcalins et l’argent produisent autant d’effets que le zinc et l’argent; et qu’enfin, tous les corps de la nature donnent des effets électriques de contact à des degrés plus ou moins marqués, suivant leur faculté conductrice. Cet illustre physicien a encore découvert, et le fait est important, qu’en mettant eu contact des disques de métal différent, les uns au bout des autres, on n’a jamais que les effets électriques dus au contact des deux métaux extrêmes.
Il a partagé en conséquence les corps en deux classes principales : dans la première, il a placé les corps conducteurs parfaits et secs, tels que les métaux et le charbon; dans la deuxième, les corps conducteurs imparfaits, comme les liquides, et les substances solides, qui ne sont conductrices qu’en raison des liquides qu’elles contiennent.
Une combinaison voltaïque est toujours formée de trois corps pris dans ces deux classes. Il a nommé combinaison du premier ordre, celle qui est formée de deux conducteurs parfaits avec un conducteur imparfait , comme le cuivre, le zinc et l’eau. La combinaison est